Sodiv Alsace élargira-t-elle son champ à la Lorraine et à la Champagne-Ardenne ?

Publié par Mathieu Noyer, le 27 avril 2017

FINANCEMENT/ALSACE. Sodiv, la société publique-privée de prêts aux entreprises en Alsace a réalisé l’an dernier le meilleur score de son histoire. Une performance alors que les conditions de ses interventions se font à des taux moins attractifs que par le passé et… que les banques.
Signe plutôt encourageant, la société a fort peu joué les « pompiers », sous forme de soutien aux reprises d’entreprises en difficulté.
Le conseil régional étant historiquement le premier actionnaire, se pose la question de l’élargissement de ses interventions à la Lorraine et à la Champagne-Ardenne.

 

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T2I à Colmar, société d’installation et de maintenance industrielle fait partie des entreprises qui ont utilisé le dispositif de financement de la Sodiv. © Traces Ecrites.

 

Sans crever les plafonds, Sodiv a réalisé l’an dernier le meilleur score de son histoire. La société publique-privée de prêts aux entreprises en Alsace a financé 45 dossiers qui impliquent la création dans les trois ans de 328 emplois.

 

« Lors des exercices précédents, le rythme se situait plutôt autour de 40 financements pour 300 emplois », rappelle son P.-DG Dominique Schilling.

 

Agro-alimentaire (Brasserie d’Uberach, Cafés Reck à Strasbourg, Produits de la Cigogne à Sainte-Marie-aux-Mines…), mécanique (T2I à Colmar, Saettler à Mommenheim, Meca Service à Burnhaupt-le-Haut…), électricité et électronique (Meng à Rixheim, Sigmaphi à Haguenau), chaudronnerie et chauffage-ventilation (Module 3 à Haguenau, Juki à Still…), agences Web, édition de logiciels (Synovo et Ubicentrex à Strasbourg) : le portefeuille de nouveaux clients reflète bien la diversité du tissu économique alsacien.

 

Signe plutôt encourageant, la société a fort peu joué les “pompiers”, sous forme de soutien aux reprises d’entreprises en difficulté. Cette activité s’est limitée à la sauvegarde de 30 emplois l’an dernier.

 

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La solidité des dossiers se retrouvera aussi dans les comptes. Ils sont en attente d’approbation par la prochaine assemblée générale, mais le dirigeant de Sodiv confie déjà que le résultat d’exploitation sera légèrement positif, ce qui n’a pas toujours été le cas lors des exercices précédents.

 

La bonne performance de 2016 confirme d’autant plus la pertinence de Sodiv que les conditions de son intervention ne sont plus a priori aussi favorables que par le passé. Son produit marque d’identité, à savoir le prêt participatif, s’affiche à un taux de 5 % qui ne fait pas – ou plus – rêver le dirigeant d’entreprise, quand des banques proposent des conditions bien plus basses.

 

Le prêt, attribué sans caution ni garantie, s’assimile presque à une intervention en fonds propres, « et c’est ce qui fait toujours son attrait », selon le P.-DG de Sodiv.

 

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Dominique Schilling, P-DG de Sodiv : « Nous sommes là pour prendre des risques ».

De nouveaux outils d’initiative publique en capital-risque

 

Le positionnement de la Sodiv, du fait de son statut public-privé, lui permet de tirer son épingle du jeu : quand les offres les plus alléchantes des financeurs classiques restent concentrées sur de très beaux dossiers qui attirent à eux la lumière, il reste plein d’autres PME valeureuses, solides, mais qui ne présentent pas un bilan clinquant. « Nous sommes là pour prendre des risques et nous gardons un peu d’avance sur les banques. »


Le taux du prêt Sodiv peut descendre de façon significative, parfois jusqu’à 1 %, lorsqu’il est octroyé dans le cadre d’une convention de revitalisation.

 

Par ce dispositif, l’Etat oblige un groupe qui a engagé un plan social à compenser la perte d’emplois dans le bassin concerné et dans la plupart des cas, l’entreprise s’y conforme par une aide financière. En Alsace, Sodiv intervient dans ce cadre.

 

« L’effet levier est en général de 1 pour 4 », précise Dominique Schilling. Actuellement, les conventions qui la concernent couvrent une bonne partie du territoire du Haut-Rhin et du Bas-Rhin : le Sud-Alsace et le Centre-Alsace (dispositif mutualisé entre plusieurs entreprises dans les deux cas), le bassin de Molsheim/Schirmeck (conventions Steelcase et Bestfoods) et l’agglomération de Strasbourg (Heineken). « Elles nous permettent aussi de participer au financement de belles PME de plus grande taille », précise le P.-DG.

 

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Née dans les années 1980 comme société de reconversion minière, en l’occurrence le bassin potassique, comme il en a existé sur de nombreux territoires français, Sodiv s’est transformée en 2008 en un outil de financement pour toute l’Alsace, dont le conseil régional constitue le premier actionnaire.

 

Or l’environnement changeant amène à réinterroger certains aspects de son intervention. Les outils d’initiative publique en capital-risque et en capital-développement se sont étoffés, avec par exemple la constitution de Cap Innov’Est pour l’amorçage, ce qui entraîne l’extinction, petit à petit, des entrées en capital de Sodiv qui ont lui généré par le passé quelques bouillons… mais quelques belles plus-values aussi.

 

En outre, il n’a échappé à personne qu’une réforme territoriale a créé la région Grand Est. Sodiv « Alsace » élargira-t-elle son champ à la Lorraine et à la Champagne-Ardenne ? Le vote, le 28 avril 2017, du schéma de développement économique, le SRDEII (Schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation), devrait en dire un peu plus.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Grand Est, investissements, financement des entreprises, Sodiv Alsace, convention de revitalisation, prêts aux entreprises, Dominique Schilling

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