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SNTM Tricotage de Marmoutier en Alsace continue de se battre en valorisant le made in France

Publié par Julie Giorgi, le 28 septembre 2016

TEXTILE/BAS-RHIN. Spécialisée dans le prêt-à-porter féminin, le fabricant de bonneterie installée près de Saverne (Bas-Rhin) figure parmi les rares entreprises de ce secteur encore implantées en France.

En redressement judiciaire avec un projet de plan de continuation avant la fin de l’année, la PME cherche séduire de nouveaux clients en valorisant le made in France et en renforçant sa présence sur Internet. Elle a inauguré sa boutique en ligne en juin dernier.

 

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 Une fois tricotés, les tubes passent dans une machine chauffante afin de stabiliser la maille © Julie Giorgi.

 

SNTM Tricotage de Marmoutier fabrique des vêtements en mailles fines de type jersey en fibres naturelles : coton, laine et soie. Fondée en 1923, la PME de 41 salariés figure parmi les rares entreprises de ce secteur encore implantées en France. Et espère le rester.

 

La concurrence de la Chine et plus récemment, des pays de l’Est et du Portugal a fait des dégâts. Après une liquidation judiciaire en 2000 et un rachat par la société EMO à Troyes, l’entreprise alsacienne est placée en redressement judiciaire depuis mai 2015. Elle doit présenter un plan de continuation avant la fin de l’année.

 

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Son dirigeant, Thierry Boutrelle, reste confiant. Depuis 4 ans, la société a redynamisé sa politique commerciale. « Nous n’avons pas été très performants dans ce domaine. Nous avons trop longtemps vécu sur nos acquis », confie-t-il.

 

Les clients de SNTM figurent parmi les grandes marques françaises (Monoprix, Sonia Rykiel, Vanessa Bruno, Cotélac, Bernard Solfin…) et sont restés fidèles mais, attirés par les prix bas, le volume de leurs commandes s’est réduit. Pour enrayer la baisse du chiffre d’affaires, passé de 3 millions d’€ en 2013 à 2 millions en 2015, la recherche de nouveaux débouchés est donc devenue incontournable.

 

Présence sur internet et au salon Made in France

 

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SNTM possède des métiers à tricoter permettant de fabriquer des vêtements en maille tubulaire (sans couture sur les côtés).© Julie Giorgi.

 

Désormais, SNTM promeut son savoir-faire sur les salons. Depuis 2014, l’entreprise expose chaque année au salon Made in France à Paris. Ce rendez-vous lui a permis de trouver de nombreux prospects et de compter parmi ses nouveaux clients la marque Des Petits Hauts.

 

La société alsacienne projette également de participer à des salons textiles au Japon. Elle est déjà présente sur ce marché, où elle travaille avec des marques à consonance française. « Les Japonais apprécient les vieilles entreprises telles que la nôtre. Cela leur permet de raconter une histoire autour du produit », précise Thierry Boutrelle.

 

Depuis l’ouverture du site www.tricotagedemarmoutier.fr en juin dernier, le dirigeant a également été contacté par un groupe japonais, intéressé pour distribuer les vêtements de la marque Tricotage de Marmoutier.

 

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Dans l’optique de communiquer davantage sur sa marque et d’accroître les ventes, SNTM a lancé une boutique en ligne en juin 2016. Jusqu’à cette date, l’entreprise possédait seulement un magasin d’usine qui attirait surtout une clientèle locale.


D’abord dédié aux articles de fins de série des clients de SNTM, ce magasin sert également de vitrine à la marque Tricotage de Marmoutier. L’entreprise l'a créé en 2014 dans l’objectif de se rapprocher du client final. Les trois modélistes de la société ont dessiné toute la collection qui compte environ 4.000 pièces : majoritairement des pulls, cardigans, tee-shirts et débardeurs en coton et fil d’Ecosse.

 

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L'atelier de couture. © Julie Giorgi.

Une marque en propre pour préserver les emplois

 

Pour suivre la saisonnalité de la mode, SNTM propose deux collections par an : hiver/ été. Leur confection permet à l’entreprise d’utiliser les stocks de matières premières qui ont été achetés pour les clients. « Si nous stockons trop longtemps les fils, ils s’abîment et nous sommes contraints de les jeter », explique Mathilde Seyller, web manager de SNTM.


Ces collections maison permettent aussi de lisser l’activité et de maintenir du travail dans l’atelier lorsque le carnet de commande tarde à se remplir. En fonction des ventes réalisées sur Internet, l’entreprise ajustera ses collections. Si le succès est au rendez-vous, elle traduira son site e-commerce en anglais.


Reste à se faire connaître davantage du grand public, via les réseaux sociaux et le Web en général. Les consommateurs sont de plus en plus soucieux de l’origine de fabrication des produits, mais ils restent encore peu nombreux.


« La France compte 66 millions d’habitants. Si chaque Français achetait une seule fois par an un vêtement fabriqué en France, il faudrait produire 66 millions de vêtements et on ne pourrait même pas répondre à la demande ! Mais si déjà 20 millions de foyers consommaient de cette façon, ce serait déjà formidable », analyse Thierry Boutrelle. A Marmoutier, SNTM produit 150.000 vêtements par an.

 

boutrelleQui est Thierry Boutrelle ?


Thierry Boutrelle, 57 ans, a débuté sa carrière comme expert-comptable à Troyes pendant 13 ans.

Puis il a intégré une entreprise spécialisée dans la couverture et le bardage de bâtiments industriels pendant 7 ans. Il devient en 2000, directeur financier du groupe EMO à Troyes, spécialisé comme SNTM dans la fabrication de vêtements à maille et dans le coupé-cousu.
En 2013, Thierry Boutrelle prend également la présidence de SNTM. Il partage son temps entre Marmoutier et Troyes.

Photo de Thierry Boutrelle fournie par l'entreprise.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : textile, Grand Est, redressement judiciaire, Bas-Rhin, made in France, SNTM Tricotage de Marmoutier, EMO, marque Tricotage de Marmoutier, boutique en ligne

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