Smoby Toys investit près de 6 millions d’euros pour continuer de faire le bonheur des petits enfants et du Jura

Publié par Didier Hugue, le 20 juin 2017

JOUET/JURA. Le fabricant emblématique de jouets jurassiens, bien qu’en plastique et donc non issus des savoir-faire ancestraux de la tournerie et de la tabletterie, poursuit une croissance régulière depuis son rachat en 2008 par l’ETI Allemande Simba Dickie.

L’entreprise doit beaucoup à Thomas Le Paul, son directeur général, qui au fil des années en a fait une entreprise rentable, productive, écologique et recruteuse.

De nouveaux équipements vont faire leur entrée dans les ateliers d’Arinthod, dédié à la plasturgie, et Smoby cherche à recruter une vingtaine de personnes.

 

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Thomas le Paul, directeur général de Smoby Toys, pose devant l'un des fleurons du fabricant de jouets jurassiens : la maison de plein air. © Traces Ecrites.

 

Même s’il a pris quelques cheveux blancs, Thomas le Paul, la quarantaine, conserve toujours cette allure d’éternel jeune homme et ce regard attendri d’enfant. Tout spécialement lorsqu’il fait visiter le vaste show room de Smoby Toys, à Lavans-lès-Saint-Claude, où sont exposées les collections de jouets en plastique qui font le succès de l’entreprise jurassienne. Une véritable caverne d’Ali Baba à émerveiller toutes les générations.

 

Car si le fabricant destine ses jouets aux enfants, de la naissance à l’âge de huit ans, ce sont les parents et grands-parents qui choisissent bien souvent pour les plus petits.

 

Dans ce monde merveilleux, on peut jouer à la jeune maman (maison des bébés), à la ménagère (chariot de ménage), au docteur (chariot médical), au commerçant (caisse de magasin) et bien sûr à la cuisinière avec des cuisines d’un design étonnant et d’un réalisme époustouflant, avec même le bruit l’eau en ébullition ou la cuisson d’une crêpe à retourner.

 

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Les mini-cuisines sont aussi un débouché très important. © Traces Ecrites.

 

Smoby imagine aussi des produits sous de nombreuses licences, comme par exemple des établis estampillés Black & Decker ou encore des tracteurs Claas. Mais là où l’industriel dépasse tous ses concurrents, c’est avec ses maisons de plein air.

 

Quand l’un d'entre eux en vend une, la société jurassienne en a déjà commercialisée dix, assure son dirigeant. Ajoutons pour conclure sur cette description, loin d’être exhaustive, un soupçon de connectivité avec une application à télécharger pour piloter une voiture de course.

 

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Réouverture du centre de tests

 

Le succès depuis dix ans est non seulement lié à son dirigeant, mais aussi à la maison mère d’outre-Rhin qui n’hésite pas à accepter de lourds investissements lorsque le besoin s’en fait sentir. Ce fut le cas en 2013 avec le regroupement de toute la logistique dans un entrepôt de 30.000 m2 à Moirans-en-Montagne pouvant accueillir 1.200 références.

 

Montant de la facture 10 millions d’€. « Il nous a fallu aussi moderniser notre parc d’équipements et c’est aussi un billet de 5 millions chaque année », assure Thomas le Paul.

 

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L'entrepôt logistique de Moirans-en-Montagne gère 1.200 références. © Traces Ecrites.

 

Sur son exercice actuel, clos au 30 avril 2017, le fabricant injecte près de 6 millions dans de nouvelles injecteuses-souffleuses sur son site d’Arinthod, qui emploie 200 personnes dans la plasturgie et le montage. Il exploite aussi une unité de 70 salariés à Moirans-en-Montagne pour les pièces et composants en métal.

 

« Nous produisons en propre aujourd’hui 70% dans le Jura, 10% en Espagne et 20% auprès de sous-traitants, surtout pour les habillage en textile », se félicite le dirigeant.

 

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Mais quel casse-tête ! le premier est lié à la formation. Smoby cherche à pourvoir une vingtaine de postes en marketing et industriels : spécialiste du changement de moule, monteur-régleur…, et peine à les trouver.

 

En 2015, le fabricantde jouets a ouvert une école interne : « Smoby School » et multiplie les contrats en alternance (bac pro et BTS). « Malgré tous nos efforts, ce n’est pas simple, tant l’industrie a été abandonnée par tous les gouvernements successifs depuis plus de 30 ans, alors qu’elle est aujourd’hui l’avenir économique et social de notre pays », argumente Thomas le Paul.

 

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Des jouets sous licence comme ses établis Black & Deker. © Traces Ecrites.

 

Les investissements productifs ne sont pas les uniques sources de dépenses. « Notre budget R&D frise 5% de notre chiffre d’affaires et intègre notamment le centre de tests rouvert depuis 19 mois où nous recueillons l’avis de jeunes enfants sur nos nouveaux produits », précise le directeur général.

 

Le souci environnemental dans ce département très touristique est aussi l’une des préoccupations de l’entreprise. A preuve : elle a été certifiée Iso 50001 en juin 2015 (management de l’énergie) et recycle l’intégralité de ses chutes de cartons et de matière plastique qui ont par ailleurs diminué de 15% en trois ans.

 

Smoby Toys affiche un chiffre d’affaires de 130 millions d’€, dont 45 millions réalisés à l’international : Allemagne, Benelux, Italie, Espagne... Elle emploie plus de 400 personnes et ne cesse, gage de bonne gestion, de renforcer ses fonds propres ces sept dernières années. Depuis deux ans, elle distribue un intéressement à son personnel.

 

Le parcours professionnel de Thomas le Paul ?

 

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© Traces Ecrites.

 

Nantais d’origine, le directeur général de Smoby Toys est titulaire d’un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) de commerce international de l'Institut d'Administration des Entreprises (IAE) de Lyon.

Il commence sa carrière de 2001 à 2005, comme responsable commercial de la filiale italienne de Berchet à Milan. Il intègre ensuite de 2005 à 2008, la filiale transalpine du groupe allemand Simba Dickie.

L’ETI allemande est le second acteur européen du jouet qui réalise plus de 600 millions d’€ de chiffre d’affaires consolidé avec un effectif de 3.500 personnes dans le monde.

Un très bon choix professionnel pour Thomas le Paul, devenu directeur commercial de Smoby Toys, puis en 2011 son directeur général. L’homme n’a de cesse de redorer le blason d’un des joyaux industriels de la Franche-Comté en ayant relocalisé de nombreux produits fabriqués en Chine.

Rappelons que Smoby a bien failli disparaître en 2008, suite aux choix hasardeux et, parfois douteux, de Jean-Christophe Breuil, le petit-fils du fondateur, devenu P-DG en 1993.

Il endette à hauteur de 277 millions d’€ la société en rachetant en 2003, Majorette Solido, puis deux années plus tard le concurrent local de toujours : Berchet. S'en suit une mise sous sauvegarde, puis un redressement judiciaire avant le rachat par l'entreprise allemande.

 

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Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Jura, industrie du jouet, Smoby Toys, croissance, investissements, jouet, Thomas le Paul, Bourgogne Franche-Comté

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