Si j’étais président… Vincent Stenger de Meirs

Publié par Traces Ecrites News, le 06 mars 2012

SOUS-TRAITANCE. Traces Écrites News décide de couvrir la campagne de l’élection présidentielle à sa façon.

Notre parti politique s’appelle : L’ENTREPRISE.

Aussi, avons-nous demandé à certains dirigeants de s’imaginer dans la peau du futur président de la République et de décliner leur programme sur une thématique qui fait partie de leur quotidien.

Le premier à ouvrir le bal s’appelle Vincent Stenger de la société Meirs, implantée à Crépand, près de Montbard (Côte-d’Or).

Pour en savoir plus sur sa société, relire notre article : Meirs valorise la sous-traitance-13231

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«Si j’étais Président de la République… je ne serais plus sous-traitant, mais je garderais néanmoins un souvenir nostalgique de mes premières armes entrepreneuriales à la tête d’une PME intervenant en sous-traitance de compétences pour le compte de filières majeures.

Et c’est de cette expérience réelle, qu’au milieu des conseillers, des commissions et de leurs multiples rapports, des élites théoriciennes, j’essaierais de baser mon action sur des constats simples et des mesures claires.

De sous-traitance à maltraitance, je me souviendrais qu’il y a principalement le sacrifice sur l’autel du court terme et au prétexte du seul prix le plus bas, d’une relation construite dans la durée que mon équipe vivait comme une mission, un engagement au quotidien.

Je me souviendrais que la religion de la croissance à 2 chiffres des grands acteurs économiques et de leurs actionnaires déshumanise toute relation et incite à la confiscation de la valeur ajoutée par les têtes de filières.

J’aurais également le souvenir diffus de nos multiples propositions et améliorations aux impacts concrets et dont mes clients ont tiré une part de leur progrès continu sans que cette contribution ait été, la plupart du temps, reconnue sinon valorisée.

Je garderais enfin en mémoire ces décisions solitaires d’investissement où l’envie chevillée au corps de se développer et de se réaliser, l’emportaient assurément sur l’appât du gain et s’inscrivaient dans la volonté de continuer à donner du travail à un personnel compétent, impliqué, toujours prêt à se mobiliser, mais devenu au combien difficile à renouveler.

Alors donc, de cette vie antérieure, j’enjoindrais à mes équipes de réfléchir et proposer des mesures concrètes pour préserver l’équilibre des relations inter-entreprises au fil des sous-traitances en cascade, comme une chaîne où chaque maillon se doit de contribuer à la performance collective.

Je demanderais que l’apprentissage soit complètement repensé en confiant une part beaucoup plus importante de responsabilité aux branches professionnelles et aux entreprises en matière d’élaboration des programmes, tout en maintenant une cohérence par métier.

J’engagerais une réflexion sur la publicité des comptes, spécificité française en Europe, qui fausse à bien des égards une relation de libre de marché, se trouve souvent être la source de pressions incidieuses et livre, en particulier dans un contexte international, une information gratuite à sens unique.

J’impulserais une réflexion pour que les entreprises qui investissent soient favorisées par un dispositif fiscal du type : «crédit d’impôt investissement», au-delà de l’amortissement et de la prise en compte des charges financières.

Je suggérerais que soient vérifiées, par les autorités compétentes, la conformité voire la légalité des conditions générales d’achat des donneurs d’ordre qui, naturellement, ont tendance à s’imposer.

J’appellerais les spécialistes de la propriété industrielle et intellectuelle à se pencher sur la possibilité de définir des modalités moins complexes que le brevet, visant à la reconnaissance même temporaire, d’une contribution significative à l’augmentation des performances de son client.

Pourquoi ne pas aller d’ailleurs jusqu’à une démarche commune client-fournisseur, avec un avantage conjoint qui viendrait renforcer une relation gagnant-gagnant et soutenir une dynamique de progrès pour toute une filière ?

Mais au-delà de l’amélioration de la relation interentreprises, la clé reste aujourd’hui de réveiller une nouvelle ambition industrielle.

Le produire en France est encore possible si les valeurs de l’effort, du travail, de l’intelligence et de la responsabilité de tous sont au centre de cette réalité redécouverte, certes, bien tardivement.

Car, les activités de production restent massivement génératrices des emplois sans lesquels notre modèle social n’est pas viable».

Vincent Stenger - Meirs SAS



Roger Martin BTP
Article classé dans : Avis d'expert

Mots-clés : sous-traitance, Meirs, Vincent Stenger

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4 réponse(s) à " Si j’étais président… Vincent Stenger de Meirs"

  1. barbauddit :

    Bonjour, Tout à fait attristée quant au fond et à la forme des textes et contextes de nos présidentiables. Je vous remercie tout simplement pour le fond et la forme de cet article. Et me désole que ces voix de chefs d'entreprise n'en ait finalement jamais suffisamment. Pourquoi ?

  2. Philippe PENILLARDdit :

    Une belle première pour cette excellent série "Si j'étais Président" qui s'annonce donc très prometteuse. Tout à fait d'accord pour le contenu, et la forme de surcroît. Que nos futurs gouvernants en prennent de la graine ! Et bien sûr, très bonne continuation à votre entreprise.

  3. JMPdit :

    Vincent Président ! Bravo pour cet article et pour ta vision. Jean-Michel Pluvinage

  4. Guyarddit :

    Bonjour, Merci pour ce texte. Décidément la simplicité et l'énoncé clair de quelques principes de fonctionnement semblent étrangers à nos grands décideurs, y compris ceux de l'industrie. Les gros bouffent les petits ou les étouffents. L'ambition industrielle a laissé la place à l'ambition financière sauf dans des PMI comme celle-ci. Pas étonnant que ce soient les petites qui innovent.

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