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Seticap lance la coiffe de surbouchage intelligente pour les vins effervescents

Publié par Frédéric Marais, le 29 juin 2017

INNOVATION/AUBE. Profession : coiffeur, ou plutôt : capsulier, pour ne pas prêter à confusion.

Seticap est la plus petite dans son secteur d’activité en Champagne-Ardenne.

La PME auboise sera pourtant la première à commercialiser la nouvelle coiffe “intelligente” censée assurer une traçabilité maximale aux bouteilles de champagne.

 

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La PME auboise produit une gamme très large de coiffes dans d’innombrables coloris. © Frédéric Marais / Agence Info

 

Un minuscule panneau noyé dans une façade en bardage gris juste pour confirmer que l’on est bien à la bonne adresse : Seticap fait dans la discrétion, comme en témoigne sa rareté médiatique.

 

Mais peut-être les choses vont-elles changer, puisque la PME installée sur le Parc du Grand Troyes, à Sainte-Savine, devrait être la première à fabriquer en série et à commercialiser d’ici au mois de septembre la nouvelle coiffe “intelligente” qui habillera le col des flacons champenois.


Répondant au doux nom de Cloé, cette nouvelle génération de coiffe est bardée de systèmes de sécurité à l’intérieur comme à l’extérieur de l’enveloppe, un peu comme l’est un billet de banque côté pile et côté face : QR Codes, hologramme, guilloches, numéro d’identification unitaire…

 

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Ce blindage numérique est destiné à favoriser la traçabilité de la bouteille, à authentifier sa provenance et, ce faisant, à lutter contre le vol et la contrefaçon. Accessoirement, elle permet au producteur de glisser des éléments de communication et de marketing consultables par les consommateurs via un smartphone.

 

Seticap a été le premier à répondre aux sollicitations du Syndicat général des vignerons, à l’origine de Cloé. « Je crois en ce produit, même si on ne sait pas encore quel sera le degré d’acceptation des clients, explique Joseph Calzado, le directeur de Seticap. A ce stade, c’est davantage un coût qu’un investissement. »

 

Sa société a déboursé plusieurs dizaines de milliers d’€ pour modifier le process et la méthodologie de travail. La production s’en trouvera quelque peu ralentie sur la ligne dédiée, même si Cloé porte la promesse d’une valeur ajoutée supérieure à celle d’une coiffe ordinaire.

 

Sous une apparente simplicité, un concentré de technologie

 

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Le parc machines de Seticap comprend quatre formeuses... © Frédéric Marais / Agence Info.

 

Encore qu’il n’existe sans doute pas, ou plus, de coiffe “ordinaire”. Sous son apparente simplicité, ce menu objet est en fait un concentré de technologie et de précision. Sa fabrication s’apparente au travail d’un imprimeur : on part d’une bobine d’aluminium (ou d’un composite aluminium-polyéthylène pour donner plus d’épaisseur) que l’on déroule, colorie, imprime et façonne.

 

En amont de la chaîne, on trouve un colorieur, qui à l’aide de sept encres de couleurs différentes pour faire ses mélanges, d’acétate et de vernis incolore décline la coiffe dans toutes les teintes possibles et imaginables.

 

Les Champenois affichent généralement des goûts assez classiques : or, argent et noir, mat ou brillant. Mais l’on voit apparaître des tons plus exotiques, comme le rose, le bleu ou le vert.

 

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La mode est aussi de plus en plus à la personnalisation et notamment au remplacement du nom de l’appellation par celui du producteur, ce qui est maintenant le cas dans plus de 50 % des cas.

 

« On peut faire de l’embossage ou du marquage à chaud avec ou sans relief, détaille Joseph Calzado. Il y a une évolution du rendu de matière depuis six ou sept ans. » Conséquence : les petites séries sont plus nombreuses qu’avant.

 

En aval de la chaîne, le formeur donne son apparence de volant de badminton à la coiffe champenoise, qui peut aussi habiller d’autres vins effervescents : crémants d’Alsace, crémants de Bourgogne, clairette de Die, etc. « Nos clients sont toutefois à 94 % des Champenois, précise Joseph Calzado : Syndicat général des vignerons, vignerons eux-mêmes, coopératives et négociants. »

 

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... et deux colorieuses. © Frédéric Marais / Agence Info.

 

L’activité de Seticap est contrôlée étroitement par les douanes, puisque c’est le fabricant en général qui appose le précieux sceau de Marianne certifiant que les droits ont bien été acquittés et que la bouteille peut circuler librement sur le territoire français.


La PME possède en tout quatre lignes de production. Forte de dix-sept salariés, pour un chiffre d’affaires qui tourne autour de 3 millions d’€, elle produit entre 34 et 38 millions de coiffes par an.

 

« Nous avons une coiffe de conicité standard, deux de conicité réduite, et une de conicité magnum, précise le directeur. La coupe peut être droite, en pointe ou en médaillon. La tête papier ou rapportée. »

 

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Un artisan avec des outils industriels, ainsi le dirigeant de Seticap définit-il son activité. © Frédéric Marais/Agence Info.

 

Seticap a été créé en 1995 par un imprimeur aubois, Roland Eppe, patron d’un important groupe familial qui réalisait alors divers travaux d’impression pour les viticulteurs.

 

« L’entreprise est arrivée au moment où le champagne était en pleine expansion et elle a connu une croissance rapide, dépassant très vite les 2 millions d’€ de chiffre d’affaires », rappelle Joseph Calzado.

 

Il n’y avait alors pas de fabricant de capsules de surbouchage dans le département de l’Aube. Il n’y en a toujours qu’un seul, contre trois dans le département de la Marne. Le plus petit d’entre eux est deux fois et demie plus gros que Seticap. Ce qui n’empêche donc pas ce dernier de tirer son épingle du jeu.

 

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© Frédéric Marais / Agence Info

Qui est Joseph Calzado ?

 

Agé de 56 ans, le directeur est arrivé dans l’entreprise en 2006.

 

Son parcours est assez original, puisque Joseph Calzado a débuté dans la fourrure en Espagne, fournissant les grands noms du luxe français en loup, vison, renard…

 

« Puis j’ai travaillé dans la promotion immobilière, avant de gérer une grosse entreprise de PLV », résume le quinquagénaire, qui passe sur les détails de sa riche carrière.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Innovation

Mots-clés : Imprimerie, Grand Est, emballage, Aube, vin de Champagne, Seticap, vins effervescents, capsules de surbouchage, Joseph Calzado

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