Schroll fait un tube avec des biodéchets

Publié par Christian Robischon, le 06 octobre 2011

RECYCLAGE. Récupérateur de déchets, l’Alsacien Schroll ne se contente pas de ramasser les poubelles sans réfléchir.

Voilà des années que l’entreprise familiale de taille conséquente (380 salariés et près de 500 000 tonnes traitées en Alsace-Lorraine) cherche à anticiper les voies du futur dans son secteur d’activité.

Dernier exemple en date : la collecte des biodéchets et sa réponse qui se nomme Tube®, une marque déposée.

Arrivé au stade de ses dernières mises au point qui s’opèrent dans les locaux de Colmar (Haut-Rhin), le fût métallique résulte d’efforts de recherche-développement qui n’ont guère à envier celles d’activités réputées plus nobles.

«Nous nous sommes longuement penchés sur la question des biodéchets, constatant que leur collecte restait très marginale alors qu’elle est appelée à se développer du fait des obligations du Grenelle. Nous avons cherché une offre de matériel, nous ne l’avons pas trouvé sur le marché. Nous l’avons alors développée nous-mêmes. Il fallait une solution peu encombrante, de mise en œuvre rapide, évitant les mauvaises odeurs et les écoulements. Et ce fut le Tube®», décrit Vincent Schroll, le dirigeant de l’entreprise familiale plus que centenaire (68 millions d'€ de chiffre d'affaires).

Étanche, le fût n’occupe que 1,10 m2 au sol. Semi-enterré, il ne laisse apparaître au grand jour que 1,45 m, avec une prise à 1,15 m pour déposer les sacs.  La forme cylindrique évite l’étalement.

«Les déchets se tassent au fur et  mesure. Ils ne fermentent pas. Ce sont les plus frais qui restent au-dessus, il n’en résulte donc pas de nuisance olfactive», ajoute Vincent Schroll. Avec sa capacité de 1,2 m3, chaque fût doit être en mesure de collecter la production d’une semaine de 500 habitants, calcule l’entreprise.

La manutention ne prend que quelques minutes. Un camion-grue, lui aussi spécialement conçu, vient agripper le Tube® plein, et le charger avant de saisir dans sa benne-rack un fût vide qu’il pose au sol en échange du précédent.

Finalement, les biodéchets ne sortent jamais à l’air libre, une bonne garantie de qualité pour permettre leur valorisation en compost.

Aucune collectivité n’a pour l’instant franchi le pas

Techniquement, tout paraît parfait. L’enjeu, c’est à présent de convaincre les ménages et les collectivités. Le système suppose en effet l’apport volontaire : les ménages viendraient spontanément déposer leurs sacs – biodégradables de préférence - de restes de repas à un endroit donné, comme ils en ont pris l’habitude pour le papier-carton, le verre ou les bouteilles plastiques.

Aucune collectivité n’a pour l’instant franchi ce pas. Les quelques cas en France de collecte de biodéchets (dont le secteur de Thann-Cernay-Guebwiller dans le Haut-Rhin) privilégient aujourd’hui le porte-à-porte comme pour la poubelle classique des ordures ménagères, mais ils sont objectivement trop rares pour conclure que cette solution-là s’imposera à l’avenir face à l’apport volontaire.

Le pari de Schroll consiste donc à susciter des passages à l’acte. Depuis quelques semaines, l’entreprise a pris son bâton de pèlerin dans les collectivités un peu partout en France pour placer son nouveau matériel.

Elle ne communique pas de prix de vente : les négociations avec les premiers acquéreurs potentiels sont en cours et les petites quantités ne justifient pas d’afficher un tarif catalogue.

Par ailleurs, l’entreprise déploie ses "Recyparc", une autre innovation qui consiste à recevoir les déchets des artisans pour les trier de façon fine. Après son lancement à Strasbourg, le Recyparc est attendu à Colmar à la fin de cette année.

Crédit photos: Schroll



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Environnement

Mots-clés : Alsace, Haut-Rhin, déchets ménagers, recyclage, Colmar, collectivités locales

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1 réponse(s) à "Schroll fait un tube avec des biodéchets"

  1. Mailliotte Ericdit :

    Le tube ( 2 points de collecte ) est en service dans notre village de Hirtzfelden depuis le début de l'année, nous sommes site témoin pour notre communauté de communes Essor du Rhin. Couplé à un bac de compost végétal dans notre jardin, il contribue a diminuer de manière significative le poids de notre poubelle. Environ 2 à 3 Seaux par semaines, déposés à pied ou en Vélo . Écologique lorsque l'on a pas de poules à la maison !

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