Salzgitter Mannesmann Stainless Tubes investit 11 millions d’€ sur son site de Montbard

Publié par Didier Hugue, le 19 novembre 2014

refroidisseur 

 

MÉTALLURGIE. L’usine française d’un des quatre principaux fabricants mondiaux de tubes sans soudure en acier inoxydable vient de fêter ses 20 ans à Montbard (Côte-d’Or).

Salzgitter Mannesmann Stainless Tubes muscle ses équipements stratégiques pour doper sa capacité et réduire ses coûts.

Avec une bonne année 2014, l’entreprise recrute une trentaine d’intérimaires et gonfle ses effectifs permanents de 20 personnes.

 

Cela va plutôt bien pour l’unité qu’exploite l’Allemand Salzgitter Mannesmann Stainless Tubes à Montbard (Côte-d’Or). L’industriel bourguignon, plus connu sous son acronyme SMST, réalise une bonne année 2014 avec pas moins de 23 500 tonnes produites de tubes sans soudure en acier inoxydable (inox et alliage à base de nickel). De quoi réjouir Jean-Christophe Chassaigne, président depuis le 2 juin dernier de l’entreprise (191 millions d’€ de chiffre d’affaires, dont 90% à l’export). De quoi aussi satisfaire les 320 salariés en CDI qui ont obtenu une revalorisation des rémunérations et de la prime de fin d’année, à l’issue d’un léger regain de tension durant les négociations.

 

presseafiler

 

Cette bonne santé découle toute à la fois d’un réel savoir-faire, d’un judicieux positionnement marché et d’un outil industriel performant. Pour ce dernier, un programme de 11 millions d'€ d’investissement sur 2014 et 2015 permettra d’augmenter la capacité de la presse à filer de 3400 tonnes à 4000 tonnes. « L’amélioration de la productivité qui en découlera est une information confidentielle, mais je peux vous dire que nous allons pouvoir étoffer notre gamme avec des tubes de diamètre supérieur », indique Jean-Christophe Chassaigne. Le tubiste rénovera dans le même temps sa chaîne de finition à froid qui sert à polir, dresser et décaper les tubes et, fera monter en puissance son tout nouveau four de traitement thermique qui peut charger jusqu’à 2,5 tonnes.

 

20 années célébrées toutes portes ouvertes

 

Le second atout de SMST résulte des marchés porteurs de ses 350 clients. « Nous commercialisons notre production auprès des opérateurs de l’oil & gas à hauteur de 40%, du nucléaire à près de 15%, mais également chez les fabricants de turbines et des chimistes et pétrochimistes, où l’activité reste bien orientée, en privilégiant la prise de parts de marché sur des applications de niche à haute technicité », explique le dirigeant. Quant au savoir-faire des personnels, dont une centaine d’intérimaires, il obéit à une longue expérience, rappelée tout récemment lors de la célébration des 20 ans (*).

 

Bannière anthalys

 

SMST est née en 1994 d’une co-entreprise à trois, baptisée DMV. Elle réunit l’Italien Dalmine, Montbard Inox, filiale du groupe Vallourec, et l’Allemand Mannesmann. Les trois sociétés perdent à cette époque beaucoup d’argent au point de se retrouver au bord du dépôt de bilan. La vaste réorganisation qui s’en suit et la spécialisation de chacune évitent le pire. L’usine de Montbard se concentre alors sur la production des tubes finis à chaud et abandonne le laminage à froid. En 2003, Vallourec reprend ses billes et Dalmine cède ses parts. L’entreprise change encore une fois de nom avant de devenir en 2008 Salzgitter Mannesmann Stainless Tubes (SMST).

 

tubes

 

« Pour mesurer le chemin parcouru, il faut savoir que la production n’était, il y a 20 ans, que de seulement 6000 tonnes », assure Jean-Christophe Chassaigne. De très gros investissements ont été régulièrement décidés et sur la partie process, des progrès considérables accomplis, avec entre autres, l’enverrage (**) automatique en 2004 pour la presse à filer et en 2011 pour la presse à percer. Ils se poursuivent toujours avec de bons effets sur l’emploi.

 

Une trentaine de nouveaux intérimaires rejoindront bientôt ce site de la Métal’Valley pour remplacer les rotations d’emplois ou départs en retraite et, une vingtaine déjà en poste se verront titularisés dans les effectifs permanents. Le groupe SMST emploie 23 000 personnes dans le monde et atteint les 12 milliards d’€ de chiffre d’affaires avec un volume annuel de 35000 tonnes de tubes.

 

(*) Samedi 15 novembre avec l’accueil de 900 personnes et l’organisation de 870 visites.

(**) Dépôt d’une poudre de verre pour réduire toute friction durant l’extrusion du métal (procédé Ugine-Séjournet datant de 1947).

 

jcchassaigneQui est Jean-Christophe Chassaigne ?

Ce dirigeant de 46 ans a une tête bien faite. Ingénieur de l’École Supérieure de Physique de Grenoble, il est aussi titulaire d’un DEA de sciences et génie des matériaux de l’Ecole Nationale d’électrochimie et électrométallurgie,  toujours à Grenoble et d'un doctorat de l'école des mInes de Paris.

Il commence sa carrière dans la recherche fondamentale à la Snecma, puis rejoint le groupe Bombardier Aérospace au Canada.

En 2000, Aubert et Duval l’accueille comme chef de produit pour développer une ligne de pièces forgées. Six ans plus tard, Jean-Christophe Chassaigne prend la direction des usines Forecreu à Commentry (Allier), alors numéro un mondial des barres creuses en acier pour outils coupants et implants médicaux.

L’année 2009 le voit prendre le poste de directeur général délégué de la société Cefival, spécialiste des profils acier et titane pour l’aéronautique. Il y démarre notamment une nouvelle presse à filer de 1950 tonnes. Depuis le 2 juin dernier, cet industriel dans l’âme, très pédagogue et disert, préside le site français du groupe SMST.

 

Retrouvez cet article de Traces Ecrites News et bien d'autres, sur le site : Invest in Côte d'Or.

 

Photos fournies par SMST.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Bourgogne, Côte-d'Or, Métal'Valley, Métallurgie, tubes, SMST, Salzgitter Mannesmann Stainless Tubes, Jean-Christophe Chassaigne

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