L’enceinte Phantom booste l'activité de Mécadécoupe à Besançon

Publié par Monique Clémens, le 02 mai 2016

DÉCOUPAGE/DOUBS. Plus d’un an après le lancement de l’enceinte Phantom de Devialet, qui rencontre un joli succès dans les Apple Store, l’entreprise de Chemaudin, près de Besançon, envisage de capitaliser sur les deux ans et demi de recherche nécessaires au développement des dômes, cache-noyaux et blindages du produit.
Alors que les cadences augmentent à l’atelier, elle part à la conquête du marché allemand de l’audio avec ses membranes aluminium aux excellentes qualités acoustiques. En attendant de beaux contrats dans l’horlogerie suisse…

 

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Dans cet objet protégé par 88 brevets, Mécadécoupe a industrialisé des pièces maîtresses. ©Devialet.

 

Une enceinte Phantom trône dans le bureau des dirigeants de Mécadécoupe, entreprise spécialisée dans les moutons à 5 ou 6 pattes qui emploie aujourd’hui 20 personnes à Chemaudin, dans le Grand Besançon.

 

Jean-Charles Micallef, son président, et David Jeanneret, directeur général, invitent leurs visiteurs à choisir un morceau de musique pour découvrir ses super qualités acoustiques, « le rendu mat de l’aluminium, le son dynamique et volumique », et admirer le beau débattement de ses membranes.

 

Chacun pilote l’objet depuis son smartphone avec gourmandise. S’il n’y avait cette petite odeur d’huile chaude en provenance de l’atelier voisin, on en oublierait presque qu’on est ici dans une entreprise de découpage…

 

« L’aventure du Phantom, ce fut simple comme un coup de fil », raconte Jean-Charles Micallef. Un soir, la société francilienne PHL Audio, sous-traitant de Devialet, start-up spécialisée dans l’amplification du son, appelle les deux dirigeants de Mécadécoupe pour des pièces complexes à réaliser, avec des caractéristiques mécaniques, des critères de solidité mais aussi de légèreté.

 

Seize outils pour fabriquer cet objet aux 88 brevets

 

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L'atelier d'emboutissage et de découpage. ©Mécadécoupe.

 

« David était dans le coin, il est passé les voir. Il est arrivé à 18 heures et reparti à 21 heures. Le produit n’existait pas, il n’était encore dans la tête de personne, et on aime ça… On a sympathisé et, pendant deux ans et demi, on a cogité sans savoir pour quel produit final on travaillait. On savait seulement que c’était pour de l’audio et que ce serait un produit révolutionnaire. »

 

Début 2015, lorsque Devialet – avec lequel Mécadécoupe a finalement travaillé en direct – est venu présenter l’enceinte Phantom à toute l’équipe, à Chemaudin, quelques semaines après son lancement commercial dans les Apple Store, ce fut une jolie récompense.


Dans cet objet protégé par 88 brevets et au design affirmé, la contribution de l’entreprise est primordiale : c’est ici qu’on été conçus et fabriqués les dômes graves et médium, mais aussi le cache-noyau et les deux blindages inox, à l’intérieur, qui protègent des champs magnétiques.

 

Des pièces maîtresses dont l’industrialisation fut délicate. « Il nous a fallu fabriquer seize outils pour ce chantier. Les membranes sont en aluminium, ce qui ne court pas les rues. Elles sont soumises à des efforts de plusieurs dizaines de kilos », raconte encore Jean-Charles Micallef, le spécialiste de l’industrialisation – David Jeanneret, lui, étant expert en technique et plus particulièrement en découpe.

 

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« Il nous a fallu aussi trouver un aluminium spécial, aux qualités structurelles élevées, pouvant résister à des poussées de 30 kg sur un millimètre carré, comme nous le demandait Devialet. Il a fallu enfin résoudre les caractéristiques de forme. En emboutissage, on ne peut pas faire n’importe quoi… »

 

Entrée de Séparex au capital

 

L’aventure du Phantom a mis Mécadécoupe sur de bons rails. Pour honorer le contrat, l’entreprise s’est recapitalisée en faisant entrer le fonds Siparex à hauteur de 37% de son capital.

 

Elle a quitté ses précédents locaux, trop étroits, pour ceux de Chemaudin, où elle dispose maintenant de 1.500m2, a investi 150.000 € dans le parc machines et embauché 5 personnes dédiées à l’atelier Phantom.

 

Cinq femmes au travail soigné, rapide et efficace, assure le dirigeant, qui veille à ne pas s’emballer alors que d’autres gros contrats, dans l’horlogerie suisse, se profilent.

 

Le chiffre d’affaires 2015 a atteint 2,1 millions d’€, il pourrait être de 3 millions en 2017 et de 4 millions en 2018, estime-t-il. Quant à l’effectif, il pourrait atteindre 50 personnes d’ici 5 ans, selon lui.

 

« Aujourd’hui, les ventes du Phantom sont un peu au-dessus des prévisions et les cadences sont là, c’est encourageant. Nous allons maintenant nous faire connaître à l’export sur les membranes aluminium pour d’autres applications audio. Nous avons un commercial qui prospecte depuis quelques jours en Allemagne sur ce marché. »

 

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David Jeanneret et Jean-Charles Micallef. ©Mécadécoupe.

Qui sont David Jeanneret  et Jean-Charles Micallef ?

 

David Jeanneret avait été embauché en 2000 par le dirigeant de Ciatripa, l’entreprise créée en 1997 à Serre-les-Sapins, près de Besançon, spécialisée dans les pièces détachées pour outils, et qui allait devenir Mécadécoupe quelques années plus tard. Son expertise dans l’outillage intéressait cette petite entreprise qui voulait se diversifier.

 

Jean-Charles Micallef, lui, avait rejoint la société en 2007, après plusieurs années passées chez EMT25, un découpeur emboutisseur de Saint-Vit, à une quinzaine de kilomètres de là. Les deux hommes se connaissaient depuis plusieurs années lorsqu’ils ont décidé de reprendre ensemble Ciatripa, en 2008, qui avait survécu à un dépôt de bilan, en 2003, et reprenait des forces dans un plan de continuation lancé en 2006.

 

« David Jeanneret connaissait bien l’entreprise, le patron était proche de la retraite et j’en étais quasiment le dirigeant », se souvient Jean-Charles Micallef. Mécadécoupe est née de ce rachat, le 1er janvier 2008, un an avant la crise qui a failli de nouveau l’emporter.

 

« A un jour près, on a failli fermer. Puis on a travaillé sur l’industrialisation d’un projet automobile qui nous a valu un Micron d’or en 2010 et qui nous a sauvés. » Depuis, Mécadécoupe se positionne comme une société de services, au plus près des besoins de ses clients de l’automobile, l’aéronautique, la connectique, le bâtiment, l'horlogerie, l'audio…



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Besançon, Doubs, découpage, Siparex, Bourgogne Franche-Comté, Mécadécoupe, Devialet, Phantom, audiovisuel, Jean-Charles Micallef, David Jeanneret

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