Prolipsia ne joue pas avec les mots

Publié par Christiane Perruchot, le 08 mars 2012

INNOVATION. Jeune entreprise d'à peine un an,  encore à l'abri de l'incubateur d'entreprises innovantes de Besançon (Doubs), Prolipsia n'a pas son pareil pour rendre simple ce qui paraît compliqué.

Julie Renahy a conçu un logiciel de langage contrôlé qui rend synthétiques et limpides les instructions techniques.

La santé est son domaine de prédilection. Mais cet outil d'aide à la rédaction trouve de nombreux autres débouchés, notamment industriels.

«Le langage contrôlé permet de lever toute ambiguïté dans les textes techniques et éviter leur mauvaise interprétation», expose la jeune docteur en sciences du langage, 29 ans, auteur d'une thèse sur le traitement automatique des langues à l'université de Franche-Comté.

Linguiste avant d'être informaticienne, Julie Renahy en fait d'abord une affaire de syntaxe et de vocabulaire. «Nous étudions la base de données de vocabulaire avec le client, chaque métier ayant le sien», explique t-elle.

Puis vient le moment d'établir des règles de rédaction, notamment le temps des verbes, et la sélection des mots utiles, en fonction du message et du public auquel il s'adresse. La nature du support : papier, SMS, image et voix, est également prise en compte. Enfin, cette méthodologie est passée à la moulinette du logiciel.

Le résultat peut être saisissant. A preuve, l'exemple des consignes en cas d'incendie détaillé en images. Cliquez sur les images pour lire la consigne à réécrire et son résultat en langage contrôlé.

Son association avec Dominique Vuitton, professeur d'umminobiologie à Besançon, au sein d'une SAS au capital de 15 000 euros, prédispose la jeune chef d'entreprise à s'intéresser au domaine de la santé.

Plusieurs applications emportent l'adhésion des professionnels qui lui attribuent le Grand prix de la prévention médicale en 2010 : consignes de premiers secours, protocoles médicaux…

Textes procéduraux, instructions, modes d'emploi ou opératoires

Dernièrement, un récent contrat avec une société de télésurveillance lui donne la preuve de la pertinence du langage contrôlé dans le domaine de la sécurité.

«En fait, tous les textes procéduraux, les instructions, les modes d'emploi ou opératoires, les messages d'alertes ont besoin d'une compréhension immédiate», ajoute Julie Renahy.

Prochain secteur à explorer : l'industrie et ses notices techniques. «Le langage contrôlé peut même aller plus loin, il peut aider à mieux comprendre, donc à améliorer l'organisation d'une ligne de production».

Boustée par l'embauche de deux salariés : un développeur Web et un linguiste, Prolipsia se lance actuellement dans un nouveau projet soutenu par l'agence nationale de la recherche. Il consiste à adapter le logiciel pour l'établissement du sang de Franche-Comté et le CHU de Besançon.

Preuve qu'elle n'est pas seule à y croire, Julie Renahy a reçu un prêt d'honneur de 25 000 € et l'appui du réseau Entreprendre Franche-Comté, avec Christophe Mignot, patron de l'entreprise bisontine Digital Surf (solutions logicielles pour la métrologie des surfaces), comme parrain.

Photo : Traces Ecrites.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Besançon, Franche-Comté, Doubs, innovation, Santé, informatique, incubateur, langage contrôlé

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