Près de Reims, Afica, la seule affinerie française de métaux non ferreux, a fêté ses 50 ans

Publié par Frédéric Marais, le 12 septembre 2017

MÉTALLURGIE/MARNE. Cette PME familiale est spécialisée dans la fabrication de lingots en laiton que les fonderies transformeront en robinets sanitaires ou en pièces mécaniques pour l’automobile.

Leader européen dans la conception et l’affinage de métaux non ferreux, Afica devrait battre son record de production en 2017, a annoncé le petit-fils du fondateur à l’occasion du cinquantenaire de l’entreprise.

 

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L'affinage d'un métal consiste à en éliminer les impuretés. © Fred Laures/Horizon Bleu.

 

Des montagnes de lingots dorés ont été dressées à l’entrée de l’usine d’Isles-sur-Suippe, près de Reims (Marne), pour la journée du cinquantenaire de l'entreprise, vendredi 9 septembre. On croirait réellement pénétrer dans les coffres de la Banque de France. Mais il ne s’agit évidemment pas du précieux métal qui a été empilé ici, encore que le laiton, dont on rappellera au passage qu’il est un alliage de cuivre et de zinc, ait beaucoup de valeur aux yeux de nombreux industriels.

 

C’est en tout cas le fonds de commerce d’Afica (Affinage Champagne Ardennes), entreprise créée en 1967 par un capitaine d’industrie rémois, Max Rousseaux, fondateur de la PUM, qui fut pendant longtemps le plus gros employeur privé de Reims avant de passer dans le giron d’ArcelorMittal.

 

« Mon grand-père a fondé l’entreprise précisément parce que la dernière affinerie française venait de fermer et que la PUM ne pouvait plus revendre ses déchets cuivreux », rappelle le directeur général, Eric Rousseaux.

 

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Afica est spécialisée dans la conception et l’affinage (*) de métaux non ferreux, plus particulièrement cuivreux, et plus précisément encore du laiton. La matière première provient quasiment à 100 % du recyclage, la société ayant fait du respect de l’environnement un cheval de bataille.

 

L’un de ses collaborateurs se consacre d’ailleurs exclusivement à cette thématique, tout comme un autre est focalisé sur les questions de santé et de sécurité, elles aussi primordiales aux yeux de la direction.

 

La PME dispose de trois fours de fusion et de deux lignes de production presque entièrement automatisées, l’une dédiée à la production de lingots, l’autre à la production de barres. « Nous investirons prochainement plusieurs millions d’€ dans une troisième ligne qui fabriquera des lingots. Elle sera entièrement automatisée », indique le directeur industriel et commercial, responsable du site, Pascal Deliège.

 

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Les chaînes de production ont été en grande partie robotisées. © Fred Laures/Horizon Bleu

L’entreprise s’est attachée ces dernières années à robotiser la production, et a même été précurseur en ce domaine, autant pour améliorer les conditions de travail de ses ouvriers que pour augmenter sa compétitivité. Elle possède aujourd’hui cinq robots.

 

La robotisation a provoqué un certain tassement des effectifs, lesquels atteignent aujourd’hui 40 personnes, même si Afica va embaucher prochainement deux salariés supplémentaires et que par ailleurs des tâches d’entretien et de maintenance ont été sous-traitées.

 

La PME fait aussi de la formation un axe de progrès important, elle qui a recruté il y a peu un doctorant en métallurgie.

 

Afica a réussi à surmonter la crise économique en trouvant de nouveaux débouchés à l’étranger. L’export représente désormais deux tiers de son chiffre d’affaires, réalisés dans une quinzaine de pays dont la Chine.

 

Un alliage antimicrobien pour poignées de porte antiseptiques

 

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La PME marnaise emploie une quarantaine de personnes. © Fred Laures/Horizon Bleu

 

L’entreprise n’est pas peu fière de compter parmi ses clients des fabricants allemands, suisses ou espagnols de robinetterie sanitaire aussi réputés que Hansgrohe, KWC ou Roca. « Nous nous sommes positionnés dès l’origine sur le haut, voire le très haut de gamme », souligne Pascal Deliège.

 

Afica développe aussi un alliage antimicrobien utilisé pour fabriquer des poignées de porte antiseptiques commercialisées sous le nom d’Abevia par sa filiale Favi, dans la Somme.

 

L’autre grand secteur d’activité pour lequel œuvre l’entreprise marnaise, c’est l’automobile. Les plus grands constructeurs, en particulier tricolores, fabriquent des pièces mécaniques à partir de ses produits. Ce qui fait dire au directeur d’usine « qu’entre la robinetterie et l’automobile, il y a sans doute un peu d’Afica chez chaque Français ».

 

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l'affinerie ne travaille pas sur catalogue, mais en fonction des besoins de ses clients, si nécessaire en les anticipant. Pascal Deliège avance même que l’entreprise « a choisi ses clients, de préférence parmi les plus compliqués ». Elle fournit par exemple les meilleures fonderies d’art.

 

Au total, Affinage Champagne Ardennes produit 1.200 tonnes d’alliages par mois, et s’attend à battre des records de tonnage cette année. Son chiffre d’affaires oscille entre 50 et 70 millions d’€ (**) selon le cours du cuivre.

 

Elle est bardée de certifications : ISO 9001 (qualité), OHSAS 18001 (sécurité), ISO 14001 (environnement), et a fait son bilan carbone. L’entreprise dit avoir été la première à s’équiper d’un système de filtration pour les fumées qu’elle rejette.

 

« On respire mieux à la sortie de la cheminée qu’à l’entrée du parking », ose Eric Rousseaux. Afica souhaite aussi faire fonctionner ses chariots élévateurs électriques à l’énergie solaire. Comme l’explique son directeur général, Afica met un point d’honneur « à s’intégrer à son village et à son voisinage ».

 

Qui sont Eric Rousseaux et Pascal Deliège ?

 

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Eric Rousseaux, directeur général (à gauche), et Pascal Deliège, directeur industriel et commercial. © Frédéric Marais / Agence Info.

 

Eric Rousseaux, 51 ans, est le petit-fils du fondateur, Max Rousseaux. Il a rejoint l’entreprise en 2006 en tant que directeur, mais était déjà administrateur de la société auparavant. Il poursuit en parallèle une carrière d’avocat au Luxembourg.
Pascal Deliège, 57 ans, a fait sa formation dans la métallurgie et a passé pratiquement toute sa carrière dans l’entreprise, où il est entré en 1984, devenant responsable de l’usine d’Isles-sur-Suippe en 2006.

 

(*) Affinage en métallurgie : Opération consistant à éliminer les impuretés contenues dans un métal ou un alliage à l'état liquide.

 

(**) Le chiffre d'affaires s'est élevé à 48,49 millions d'€ en 2016 et les bénéfices à plus de 4 millions - Source : societe.com



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Grand Est, Métallurgie, Marne, robotisation, Reims, bilan carbone, affinage de métaux, Afica, Affinage Champagne Ardennes, Eric Rousseaux, Pascal Deliège

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