Pourquoi Selni veut reprendre le site Electrolux de Revin

Publié par Didier Hugue, le 09 septembre 2013
Le site de Selni à Nevers (Nièvre) où travaillent 140 personnes.
Le site de Selni à Nevers (Nièvre) où travaillent 140 personnes.

ELECTROMÉNAGER. Le spécialiste nivernais de moteurs pour les  lave-linge souhaite augmenter ses parts de marché auprès des fabricants mondiaux d’électroménager.

La reprise effective du site d'Electrolux à Revin (Ardennes), promis à la fermeture, permettrait à Selni de rentrer chez ce fabricant suédois à hauteur de 1,2 million de moteurs par an.

Selni compte investir plusieurs millions d’€ à Revin et préserver 230 emplois sur un effectif de 400 personnes.

À Nevers, il lance la production de nouveaux moteurs à l’issue d’un programme d’investissement de 6 millions d’€.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

En 2009, personne n’aurait parié le moindre euro sur les chances de survie de Selni (relire notre article : Selni trouve un nouveau moteur de croissance).

Racheté l’année suivante à l’Autrichien ATB par Bruno Flocco et quelques cadres sous la forme d'un LBO (acquisition avec effet de levier), le concepteur et fabricant de moteurs pour lave-linge de Nevers (Nièvre), est aujourd’hui le mieux placé (*) pour reprendre le site Electrolux de Revin (Ardennes), dont la production sera délocalisée en Pologne.

Si les négociations finales aboutissent d’ici à fin novembre, elles permettraient à l’entreprise d’entrer chez le constructeur suédois d’électroménager qui pèse avec son concurrent Whirlpool 50% du marché mondial des lave-linge.

« Le projet prévoit de continuer la production de lave-linge jusqu’en 2016, mais surtout de livrer en moteurs sur le long terme les sites européens d’Electrolux, à hauteur d’1,2 million d’unités annuelles », explique Philippe Vidal, directeur général de Selni (45 millions d’€ de chiffre d’affaires, 200 personnes, dont 140 à Nevers).

En cas d’accord, deux lignes de production seraient alors installées à Revin début 2014 pour plusieurs millions d’€, avec la préservation de 230 emplois sur un total d’environ 400 et la volonté commune d’éviter tout licenciement sec.

Philippe Vidal (à gauche), directeur général de Selni et l'un des actionnaires de l'entreprise.
Philippe Vidal (à gauche), directeur général de Selni et l'un des actionnaires de l'entreprise.

Une nouvelle technologie

Ce projet de reprise répond parfaitement à la triple stratégie de Selni qui souhaite conquérir de nouveaux marchés.

L’entreprise a déjà réussi à séduire l’an dernier le turc Vestel avec un contrat unique d’exclusivité sur 10 ans pour la fourniture de 2 millions de moteurs, dont 800 000 fabriqués en Turquie par le biais d'une filiale.

Elle multiplie aujourd’hui les contacts, notamment avec un constructeur anglais, mais fidélise aussi ses clients historiques comme FagorBrandt, avec lequel elle travaille sur une nouvelle gamme de machines à laver.

L’industriel nivernais mise également sur l’innovation. Il a investi 6 millions d’€ dans la mise au point d’un nouveau moteur à technologie brushless (sans balais), « très silencieux » et offrant 40% de gain d’énergie.

La production des préséries démarrera à la fin du mois et pourrait favoriser une diversification vers d’autres secteurs d’activité : domotique (volets roulants), génie climatique (VMC), éolien, bricolage (tondeuses, perceuses)…

Le nouveau moteur mis au point par Selni. Il offre 40% de gain d'énergie et rend le lave-linge plus silencieux.
Le nouveau moteur mis au point par Selni. Il offre 40% d'économies d'énergie et rend le lave-linge plus silencieux.

(*) Electrolux a mandaté le cabinet KPMG pour trouver un repreneur de son unité de Revin.

Sur 80 entreprises pressenties,  seules quelques-unes restent en lice, dont Selni, unique bénéficiaire d'une lettre d'intention du groupe Suédois.

Crédit photos : Selni



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Innovation

Mots-clés : Bourgogne, Nièvre, Nevers, reprise d'entreprise, électroménager, Selni, Electrolux, lave-linge

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