Cetim-Cermat invente le process de revalorisation des composites et plastiques et répond à l’un des grands défis écologiques

Publié par Didier Hugue, le 12 octobre 2017

INNOVATION/MULHOUSE. Le centre régional d’innovation et de transfert technologique (Critt) en mécanique avancée, baptisé Cetim-Cermat, anticipe depuis 40 ans les évolutions industrielles.

Il vient d’en donner la énième preuve avec une ligne révolutionnaire de revalorisation des thermoplastiques, offrant des matériaux nettement plus résistants que ceux d’origine. Plongée dans le futur, rappel du présent et évocation du passé de ce centre. Le tout en images.

 

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La ligne de recyclage des déchets comme des chutes de production de composites, baptisée ECOTREVE. Polyvalente et modulaire, elle peut aussi produire des composites thermoplastiques à base de matrice polymère recyclée. L’équipement est également doté d’un module d’estampage afin de mettre en forme les semi-produits. Cette alternative à l’enfouissement devrait susciter des vocations et créer une véritable filière. Les dernières études indiquent que le marché mondial des composites thermoplastiques progresse de plus de 5% par an et dépassera sans doute les 10 milliards de $ à l’horizon 2020. © Cetim-Cermat.

 

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En dehors du process de recyclage (Thermosaïc®), inspiré de la fabrication des panneaux de bois lamellés, la ligne produit des composites thermoplastiques, selon la technologie ThermoPRIME®. Il s’agit d’associer des renforts de fibres longues, fibres de verre par exemple, ou de tissus, avec des matières plastiques de recyclage pour produire des composites. Ces derniers offrent une résistance mécanique cinq à dix fois supérieures. Les équipes du Cetim sont ici intervenues en matière d’estampage des composites. © Traces Ecrites.

 

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La conception, puis mise au point d’ECOTREVE, aura pris deux années, avec plusieurs brevets à la clé, et coûté 1,5 million d’€. « Notre travail consiste désormais à amener à maturité ces technologies et à les transférer au monde industriel », souligne Séverine Thélier, responsable R&D et innovation au Cetim-Cermat. Une tâche qui prendra encore au moins deux années. Parmi les applications possibles : des pièces en petites et moyennes séries à l’attention des fabricants de biens d’équipement, des acteurs de l’énergie ou encore de l’aéronautique. © Traces Ecrites.

 

Après le futur chez Cetim-Cermat, rappel du présent avec déjà l'analyse de la défaillance.

 

 

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Un des laboratoires des matériaux métalliques et surfaces. Ici la salle des microscopes, des loupes binoculaires, des vidéo microscopes. Il s’agit du premier stade d’investigation avec l’étude des zones de fissure ou de rupture d'un métal. Dans les photos qui suivent, le musée des horreurs, constitué de pièces corrodées, abîmées, déformées, presque torturées. « Nos analyses déterminent les causes de défaillances et nous allons parfois, selon le désir du client industriel, faire des recommandations », explique Séverine Thélier. © Traces Ecrites.

 

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Une conduite intérieurement corrodée. © Traces Ecrites.

 

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Pièce déformée ou oeuvre d'art contemporaine ? © Traces Ecrites.

 

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En cas d’investigations plus fouillées, les ingénieurs et techniciens du Cetim-Cermat utilisent ce microscope électronique à balayage (MEB). Il est doté de sondes d’analyse de la matière et peut aussi servir dans des projets de R&D pour observer la matière aussi bien métallique, polymère ou composite. © Traces Ecrites.

 

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 Simulation du vieillissement des pièces et de matériaux.

 

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Plongée de pièces et de matériaux dans une cuve pour ensuite simuler de manière accélérée leur vieillissement dans une ambiance corrosive, en l’occurrence saline, type bord de mer, avec pulvérisation de chlorure de sodium. © Traces Ecrites.

 

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Ici, un vibrateur électrodynamique coiffé d’une enceinte climatique pour la réalisation d’essais d’endurance vibratoire, afin de tester des produits ou des pièces devant être transportées ou montées sur des machines ou des équipements implantés dans des environnements vibratoires : électronique grand public, équipement industriel, composant moteur, pièce de carrosserie… © Traces Ecrites.

 

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Enceinte climatique pour simuler le vieillissement naturel de pièces et de composants causé par des expositions à des températures extrêmes et à l'humidité, et vérifier leur bon fonctionnement dans ces conditions. © Traces Ecrites.

 

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Mouton-pendule permettant de réaliser des essais de résilience sur des matières plastiques et des composites. Il s’agit d’apprécier la capacité d'un matériau à absorber de l'énergie quand il se déforme sous l'effet d'un choc, comme sa résistance à la rupture brutale sous l’effet d’un choc. © Traces Ecrites.

 

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Banc d’essais mécaniques dédié à la caractérisation des matériaux composites et recyclés. Il permet de caractériser la résistance mécanique des matériaux et de pièces lorsqu’ils sont soumis à une contrainte aussi mécanique. © Traces Ecrites.

 

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Evocation du passé et précisions sur le Cetim-Cemat.

 

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Cermat, pour Centre d’études et de recherche en mécanique appliquée au textile, est né en 1977 de la volonté des entreprises mécaniciennes de la machine textile d’évaluer leur niveau de compétence. Son développement l’invite, pour la gestion, à s’associer en 1982 au Centre technique des industries mécaniques (Cetim), d’où son nom actuel. Centre de ressources technologique, il est membre de l’Institut Carnot MICA. Chaque année, il réalise 1.300 interventions auprès de 500 entreprises, presque exclusivement d’Alsace et de Franche-Comté. Cetim-Cermat s’appuie sur un budget de 5,2 millions d’€, dont 3,6 millions proviennent de contrats industriels (72% des recettes). Il emploie 50 personnes, dont la moitié d’ingénieurs et cadres, l’autre de techniciens et employés. Le centre est dorénavant présent à Metz avec une antenne, la plateforme Vulcain, qui vient épauler les professionnels de la forge. En photo (Traces Ecrites) Alain Bohrer, président du Cetim-Cermat.

 

 

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Philippe Choderlos de Laclos, président du Cetim, qui a eu 50 ans l'an dernier, n'aurait pas manqué les 40 ans de son partenaire alsacien. © Traces Ecrites. Relire notre article sur le Cetim.

 

 Ce qu'il en pense.

 

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L’avis d’un chef d’entreprise. Fabrice Surma a fondé la société Épitopos en 2011, qui emploie trois personnes et réalise un hiffre d’affaires de 140.000 €. Il est expert dans l’étude des vieux matériaux pour les monuments historiques : pierres, poutres, peintures…, et aussi expert judiciaire. Cetim-Cermat est intervenu avec succès à ses côtés pour une étude sur une défaillance de pièce. « Ce qu’il y a d’agréable avec eux, c’est que nous adressons à des scientifiques qui connaissent le milieu industriel et le comprennent, en termes de problématiques comme de besoins. Bien équipé, multi-compétent, ce centre régional a pour unique limite sa principale force : il est très scientifique. » © Traces Ecrites.

 



Roger Martin BTP
Article classé dans : Environnement
Innovation

Mots-clés : Alsace, Mulhouse, Grand Est, Cetim, recherche et développement, CRITT, Cetim-Cermat, innovation technologique

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