Peugeot Scooters sous pression ministérielle

Publié par Christian Robischon, le 17 janvier 2012

CYCLES. Mécontent de la fermeture annoncée pour fin 2012 de l’usine de Dannemarie (Haut-Rhin) de Peugeot Scooters, Philippe Richert, ministre chargé des collectivités territoriales et président de la région Alsace, s’est offert une visite sur place hier, lundi 16 janvier 2012.

Le dialogue avec la direction a été «franc» et «direct» et l’on sait ce que cela signifie dans le langage diplomatique qui est aussi celui des politiques…

Sur le fond, l’entreprise maintient son projet et prépare déjà la reconversion.

À moins d’un coup de théâtre dont cette prise de contact pourrait être le déclencheur…

Cliquez sur les images pour les agrandir.

Philippe Richert, ministre chargé des collectivités territoriales et président de la région Alsace, n’y est pas allé par quatre chemins hier, 16 janvier 2012, en s’invitant sur le site de Peugeot Scooters à Dannemarie (Haut-Rhin).

Du moins lors de sa rencontre avec les syndicats ouverte à la presse, car avec la direction, ce fut un huis clos.

«Il est difficile d’accepter, en raison que tous les efforts faits ici, que l’entreprise se déplace ailleurs. Ce qui est proposé actuellement conduit à un appauvrissement du territoire du Sud-Alsace. Or, si on veut se développer à l’échelle mondiale, il faut d’abord être reconnu chez soi. Je n’ai pas le sentiment que Peugeot Scooters ait vraiment conscience de l’impact de sa décision sur les personnes qui vont devoir faire 30 ou 45 minutes de route pour travailler. Cela change leur vie», assure l’élu.

Aux syndicats qui réclament le maintien du site, le ministre-président n’a évidemment rien pu promettre.

Quelle sera alors l’«intelligence créatrice» de l’entreprise qu’il appelle de ses vœux et qui permettrait de contenter tout le monde ?

À entendre Pierre-Louis Colin, le directeur général de Peugeot Scooters, le débat a déjà changé de terrain. Si le dirigeant réfute le terme de fermeture pour lui substituer celui de «redistribution d’activité» - vers le siège de Mandeure (Doubs) pour les moteurs deux-roues et, vers les usines PSA Sochaux et Mulhouse pour les pièces automobiles -, s’il dit que tout n’est pas verrouillé, il apparaît que l’entreprise a tourné la longue page Peugeot Motocycles Dannemarie.

«Nous travaillons activement à la revitalisation du site pour y amener de l’activité alternative. Nous en avons la volonté et nous nous sommes organisés pour cela, afin de ne pas laisser une friche», souligne-t-il.

Des réunions confidentielles se succèdent à rythme mensuel avec les pouvoirs publics et de possibles repreneurs se sont déjà manifestés. «Je ne raconte pas du vent», appuie Pierre-Louis Colin. Quant au reclassement des salariés, «il se fera», assure-t-il.

Clarification du plan de restructuration

Le dirigeant a saisi l’opportunité, non prévue, de cette visite de dernière minute avec force journalistes pour exposer, pour la première fois à la presse, le fondement du plan de restructuration décidé fin 2011.

Celui-ci se traduira par 200 suppressions de postes (sur 800) et l’arrêt de Dannemarie. «Pour revenir à l’équilibre après 11 ans de pertes, nous construisons un système à trois briques qui doivent contribuer chacune à part égale au redressement financier», explique le directeur général.

Cela passe par une révision complète du plan produits en le réorientant vers de la valeur ajoutée (le haut de gamme), une accélération des sorties (deux nouveautés par an à partir de cette année contre une tous les deux ans par le passé) et une optimisation de la logistique et des achats, avec refonte du panel de fournisseurs.

Et donc cette fameuse «redistribution des activités» dans un contexte «durable de marché difficile» qui doit signer en fin d’année l’arrêt du site de Dannemarie.

Cette dernière mesure ne va pas vraiment réduire les quantités produites par rapport aux cadences actuelles. Le handicap de ce site est visiblement celui de ses coûts fixes.

Et si les collectivités locales rachetaient alors le bâtiment, comme elles l’ont fait ailleurs dans le Haut-Rhin récemment ?

Pierre-Louis Colin est resté très évasif. «Les dossiers ont besoin de discrétion pour avancer», glisse t-il en substance.

Crédit photos: Peugeot Scooters.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Franche-Comté, Alsace, Doubs, Haut-Rhin, Peugeot Scooters, Dannemarie, Mandeure, cycles, scooter, restructuration, Philippe Richert

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1 réponse(s) à "Peugeot Scooters sous pression ministérielle"

  1. bouchardondit :

    L'EUROPE ET NOS GOUVERNEMENTS DEVRAIENT AVOIR HONTE TRISTESSE ET COLERE D'UN ANCIEN

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