Peugeot Japy (re)tient bon la barre

Publié par Didier Hugue, le 04 février 2011

Automobile. Adossé depuis le mois de janvier au groupe savoyard Maike Automotive (*), la société Peugeot Japy (78 millions d’euros de chiffre d’affaires, 485 personnes, intérimaires compris), implantée à Audincourt dans le Doubs, remonte la pente.

Ce spécialiste de l’usinage de barres, de tubes et de pièces forgées, en grandes et moyennes séries, pour l’industrie automobile et le poids lourd revient pourtant de loin.

Aucune banque ne voulait plus le suivre au plus fort de la crise, en raison d’une créance client importante qu’il avait auprès de General Motors (GM) lorsque que le groupe américain s’est placé mi-2009 en clause de sauvegarde, version outre-Atlantique.

Patrick Mermilliod, qui a racheté courant 2004 l’entreprise à la famille Peugeot - une autre branche que celle de PSA -, avait beau clamer qu’il serait payé rubis sur l’ongle, l’industriel prêchait dans le désert auprès de ses partenaires financiers.

General Motors s’est bien évidemment acquittée de son dû et le dirigeant de l’un des fleurons de l’industrie automobile comtoise a souhaité revoir sa stratégie capitalistique.

D’autant que les banques, malgré la garantie d’Oséo et de la communauté du Pays de Montbéliard Agglomération (PMA), freinaient toujours des quatre fers pour financer son développement.

«Dans le but de pérenniser son entreprise, Monsieur Mermilliod, qui a aujourd’hui 72 ans, a alors cédé ses parts à Maike et placé l’intégralité de la transaction en actions chez ce dernier», rappelle Michaël Leblanc, le directeur financier de Peugeot Japy.

La nouvelle entité pèse désormais plus de 230 millions d'euros de chiffre d'affaires consolidé pour un effectif d’environ 1 500 personnes en France et dans le monde.

Un parc machines impressionnant

L’équipementier, qui travaille à 25% pour PSA, repart donc d’un bon pied avec un savoir-faire très prisé des constructeurs automobiles, puisqu’il réalise des axes et arbres de boîtes de vitesses manuelles et automatiques, des arbres de transmissions, des crémaillères de directions, des rails d’injection, des tiges d’amortisseurs et des axes de culbuteurs.

«Nous faisons aussi un peu d’assemblage de modules de commandes de boîtes de vitesses manuelles», précise Michaël Leblanc.

Toute la fabrication sort des 31 000 m2 d’ateliers (**), situés en bordure du Doubs et équipés d’un parc de 600 machines, dont le tiers à moins de dix ans.

«Nous n’avons pas hésité à investir ces dernières années une enveloppe de 40 millions d’euros dans notre outil industriel (***) et continuons aujourd’hui d’injecter un million d’euros environ par an pour le maintenir performant», explique le directeur financier.

(*) Le groupe Maike Automotive, implanté en Haute-Savoie, fournit au secteur automobile des ensembles et sous-ensembles, comme des systèmes de direction assistée et de freinage, des turbocompresseurs et des systèmes d’injection.

(**) Pour épauler Peugeot Japy, la communauté du Pays de Montbéliard Agglomération (PMA) a acquis 8000 m2 de bâtiments sur 13 000 m2 de terrain pour 1,2 million d’euros et les loue à l’entreprise.

(***) L’entreprise n’a bénéficié que d’une subvention de 500 000 euros et d’1,2 million sous forme d’avance remboursable par les fonds publics.

Crédit photo: Peugeot Japy



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Franche-Comté, automobile, Doubs, Pays de Montbéliard, Peugeot Japy, Maike Automotive, équipementier

Découvrez également les articles associés :

Le fabricant de lingerie Triumph investit 11 millions d'euros dans la logistique à ObernaiLe fabricant de lingerie Triumph investit 11 millions d'euros dans la logistique à Obernai
Leader des diagnostics rapides en France, Biosynex met le cap sur l’exportLeader des diagnostics rapides en France, Biosynex met le cap sur l’export
A l’approche de son 30ème anniversaire, Imasonic s’engage dans une transmission familiale en douceurA l’approche de son 30ème anniversaire, Imasonic s’engage dans une transmission familiale en douceur
A Nuits-Saint-Georges, la maison de vins Faiveley fait de sa nouvelle cuverie de 8 millions d'euros, une oeuvre architecturaleA Nuits-Saint-Georges, la maison de vins Faiveley fait de sa nouvelle cuverie de 8 millions d'euros, une oeuvre architecturale

Commentez !


Combien font "9 plus 6" ?

Envoyer votre commentaire