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Pernand-Vergelesses dans l'oeil de la caméra

Publié par Christiane Perruchot, le 02 janvier 2012

CINÉMA. À Pernand-Vergelesses, village viticole de la côte de Beaune, vient de s'achever le tournage du film L'homme-fumée.

Sous la juxtaposition d'entretiens avec les villageois et l'histoire d'un ethnologue aux traits mystérieux s'esquisse une problématique d'aménagement du territoire, dans un lieu où, pourtant, tout porterait à croire que les lendemains chantent.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Les réalisateurs Vincent Gérard et Cédric Laty n'ont pas posé leur caméra à Pernand-Vergelesses (Côte-d'Or) par hasard. En plus de leur bonne connaissance du lieu et des amitiés qu'ils y ont lié, notamment avec les deux comédiens du film - Éric Perruchot dans le rôle de l'ethnologue et Emmanuel Colin dans celui du 1er adjoint au maire -, les données statistiques leur donnent la base de leur scénario.

Le village viticole de 269 âmes se dépeuple (moins 1,5% en 10 ans), le nombre de logements vacants croît. Et pourtant, le revenu fiscal moyen s'élève à 33 157 €, supérieur de 10 000 € à la moyenne du département de la Côte-d'Or (1).

On y compte beaucoup d'emplois - une centaine - essentiellement dans la viticulture, mais le nombre d'exploitations viticoles diminue : de 17 à 14 en 3 ans.

L'histoire locale ajoute du piment à la froideur des chiffres. A la fin des années 1920, Jacques Copeau s'installe à Pernand-Vergelesses avec ses comédiens, laissant depuis une maison à la recherche d'une nouvelle vocation.

Les réalisateurs ont aussi recensé plusieurs histoires de rébellion, comme celle de Maurice Pavelot, maire du village au début de la seconde guerre mondiale qui refusa le dictat de la politique nationale d'alors et démissionna pour rejoindre le maquis Roger.

«Le particularisme propre à ce village perdure encore aujourd'hui, notamment à travers la société d'entraide mutuelle dédiée au soutien des viticulteurs de Pernand-Vergelesses ; et en même temps par une haute exigence partagée entre les différents domaines producteurs du village dans la fabrication de leurs vins», ajoutent les réalisateurs.

Toute cette histoire ancienne et contemporaine, les villageois la racontent dans une centaine d'entretiens, représentant une trentaine d'heures de rushes. Ils se confient, voire se confessent, au début tétanisés par la caméra, puis apprivoisant complètement cet intrus jusqu'à en faire un porte-voix pour dire leurs regrets et leurs désirs.

«La caméra a extraordinairement dévoilé les non-dits et leur a permis de se réinterroger sur leur microcosme», relate Vincent Gérard.

Les premiers extraits le 23 janvier 2012 à Dijon

Avec quelques satisfactions à la clé. Après une période d'observation, le film a suscité des vocations parmi les villageois qui ne se sont pas fait prier pour jouer le rôle de figurants. «Certains ont tenu leur propre rôle», rapportent les réalisateurs.

Même le conseil municipal en son entier a accepté de jouer une saynète en plein milieu d'une vraie réunion. Les viticulteurs, «pour la première fois», se sont retrouvés tous ensemble pour une séquence vineuse.

Le lien avec ce qui, de premier abord, pourrait ressembler à un documentaire, s'appelle Thomas Joad (du nom du héros de Les raisins de la colère de Steinbeck). Venu de nulle part et doté de pouvoirs étranges, le personnage central, éthnologue de métier, ajoute une atmosphère fantastique à ce portrait de village.

Des extraits seront diffusés le 23 janvier 2012 à l'Université de Bourgogne. Ils coïncident avec un colloque de la Chaire Unesco Culture et Traditions du Vin et la restitution d'une étude sur Pernand-Vergelesses des universitaires Vincent Chambarlhac et Olivier Jacquet.

Considérablement allégé par un élan de générosité des villageois pour tout ce qui concerne l'intendance (hébergement, prêt de matériels…), le budget  du film s'élève à 350 000 €. En cours de bouclage, il attend notamment l'engagement de la commission régionale du film, abondée par des crédits du conseil régional de Bourgogne ainsi qu'un complément de mécénat.

D'ores et déjà ont accompagné cette réalisation : Les Climats de Bourgogne, le village de Pernand-Vergelesses, le syndicat viticole de Pernand-Vergelesses, le soutien scientifique de la Chaire Unesco "Cultures et Traditions du vin", la chambre de commerce et d’industrie de Côte-d'Or, la ville de Beaune, l’Université de Bourgogne (Département Histoire), l'école nationale supérieure des Beaux-Arts de Dijon, L'imaginarium à Nuits-Saint-Georges et Red One Industry (USA).

(1) Source : Insee, recensement 2008. http://www.lhomme-fumee.com/lemecenat.html

Roger Martin BTP
Article classé dans : Evasion

Mots-clés : Bourgogne, Côte-d'Or, Beaune, cinéma, Vins de Bourgogne

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1 réponse(s) à "Pernand-Vergelesses dans l'oeil de la caméra"

  1. LE BALANGERdit :

    Très intéressant et agréable à lire. Compliments. A. LE BALANGER

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