Parmentine s’offre une nouvelle usine de conditionnement de pommes de terre

Publié par Frédéric Marais, le 13 avril 2016

AGROALIMENTAIRE/MARNE. L’unité de production, de stockage et de conditionnement de patates fraîches a subi un sérieux lifting en 2015, avec la mise en service d’une usine entièrement automatisée à Fère-Champenoise, près de Châlons-en-Champagne.

Un investissement de 10 millions d’€ qui permet au site marnais de conditionner 400 tonnes par jour. Bienvenue au royaume de la pomme de terre !

 

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Toutes les étapes de la production ont été automatisées. ©Frédéric Marais / Agence Info

 

Elles glissent sur des tapis bleus en caoutchouc, sautent d’un convoyeur à l’autre, plongent dans l’eau, se pavanent devant des caméras haute résolution, avant de finir toutes pimpantes dans des sachets colorés.

 

La star, ici, c’est bien elle : la pomme de terre. On la bichonne, on la nettoie avec soin, on la cajole pour ne pas l’abîmer, on prend garde à ne pas la mélanger avec de plus grosses ou de plus petites qu’elle…

 

La nouvelle usine Parmentine (le nom rend hommage à Parmentier, le promoteur du tubercule en France) est entrée en service en avril 2015. Cinquante collaborateurs en CDI la font tourner.

 

« Toute la chaîne a été automatisée. Avant, on triait les pommes de terre à l’œil et à la main », explique Thierry Lamblin, le directeur marketing et développement de l’entreprise. L’ultime contrôle reste néanmoins visuel.

 

La capacité de conditionnement du site marnais atteint 400 tonnes par jour, soit 50 000 t brut par an. Une bonne dizaine de variétés de pommes de terre différentes y sont lavées, triées, calibrées électroniquement en fonction de leur diamètre et emballées avec leur peau. Dix lignes de conditionnement ont été installées, chacune traitant une seule variété, un seul calibre et un seul packaging à la fois.

 

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L’œil humain, irremplaçable pour l’ultime contrôle du produit. ©Frédéric Marais / Agence Info.

 

Les pommes de terre proviennent de quatre départements essentiellement : la Marne, l’Aube, la Seine-et-Marne et les Ardennes, par ordre décroissant. Mais l’usine se fournit aussi dans la Beauce et en Picardie.

 

Parmentine s’approvisionne auprès de 57 agriculteurs à qui elle vend les plants de pommes de terre et avec qui elle est liée par contrat. Ils totalisent 900 hectares en production. Certains d’entre eux sont aussi actionnaires de l’entreprise.

 

C’est un peu l’originalité de cette société anonyme, qui n’a pourtant pas le statut de coopérative. Son PDG, Jacques Soucat, est lui-même exploitant agricole à Coole dans la Marne. Parmentine possède quatre autres sites de production en Eure-et-Loir, dans le Vaucluse, le Lot-et-Garonne et les Côtes-d’Armor.

 

L’entreprise est née à Fère-Champenoise en 1985. L’usine d’origine, devenue obsolète, a été transformée en frigo. « Les pommes de terre lavées y sont conservées dans le noir à une température de 5°C », indique Thierry Lamblin.

 

Un marché européen fluctant

 

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Emballage. ©Frédéric Marais / Agence Info

 

Le site marnais peut ainsi stocker 16.000 tonnes de pommes de terre, auxquelles s’ajoutent 34.000 tonnes en attente chez les agriculteurs. Cette énorme réserve permet de lisser l’activité sur toute l’année, alors que la récolte a lieu d’août à octobre.

 

Sachant aussi que le client final — la grande distribution et les marchés de gros — veut éviter les ruptures d’approvisionnement. « Avant même la qualité et le prix, le commerçant veut avoir des produits en rayons. »

 

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Cette capacité de stockage importante permet également à Parmentine de réguler à son niveau un marché européen particulièrement fluctuant. « Les cours dépendent des surfaces emblavées et des rendements à l’hectare, explique le directeur marketing et développement. Le prix à la tonne peut varier de 50 € à 350 € selon les années. C’est très violent. »

 

C’est pourquoi l’entreprise dissuade ses fournisseurs de planter plus de 15 % de leurs surfaces en pommes de terre afin de diluer les risques. La France est un producteur de pommes de terre réputé pour la qualité de ses terroirs et de ses variétés. Parmentine exporte d’ailleurs 35 % de ses volumes, très majoritairement sur le continent et un peu au Moyen-Orient.

 

Dernier-né : la Cup

 

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La Cup, sur le modèle de la pasta box. ©Frédéric Marais / Agence Info

 

A l’usine, rien ne se perd. L’eau servant à laver les pommes de terre est recyclée grâce au bassin de décantation. Les pommes de terre présentant des défauts sont redirigés vers l’industrie pour être transformées en purée par exemple, ou bien données à manger aux animaux.

 

Pour coller aux nouveaux modes de consommation, en particulier à ceux de la jeune génération qui ne prend plus le temps de cuisiner, Parmentine a lancé un nouveau produit en 2015 : la Cup. Calqué sur le modèle de la pasta box, il s’agit d’un pot en plastique contenant 250 g de petites pommes de terre à réchauffer au micro-ondes et à déguster avec la sauce fournie.

 

Et si la patate devenait un produit tendance, sans avoir jamais quitté nos assiettes ?



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : agroalimentaire, agriculture, Marne, Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine, pomme de terre, Parmentine, Thierry Lamblin

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