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Nuages noirs sur Faurecia à Pulversheim

Publié par Christian Robischon, le 19 février 2013
L'usine Sielest de Faurecia, à Pulversheim (Haut-Rhin), serait-elle à terme menacée ?
L'usine Sielest de Faurecia, à Pulversheim (Haut-Rhin), serait-elle à terme menacée ?

AUTOMOBILE. Quel avenir pour Sielest, l’usine de sièges du groupe Faurecia à Pulversheim (Haut-Rhin) ?

Aucun en l’état, assène le syndicat CFDT qui « tire la sonnette d’alarme », à force de voir fondre les volumes de production et de constater l’absence d’investissement, gage de pérennité.

Il y a 219 emplois en jeu…

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« Si on continue comme ça, on ira à la fermeture du site », déclare d’emblée Fabien Pernot, secrétaire du CE. «Comme ça», désigne selon lui une baisse continue des charges de travail, des transferts de production ailleurs et les baisses d’effectifs qui vont avec.

L’usine de sièges Sielest, filiale de Faurecia implantée Pulversheim (Haut-Rhin), employait 760 permanents au milieu des années 2000 et encore 560 il y a cinq ans.

Depuis, plans de départs volontaires et PSE se sont succédé réduisant l’effectif à 219 personnes. « Nous tournons à 200 véhicules/jour en une équipe, très loin des années fastes à 1 800 véhicules/jour en trois équipes. Une deuxième équipe était espérée pour mars prochain, elle ne sera montera probablement pas », détaille Fabien Pernot.

Le leader syndical, représentant la CFDT, fait état d’un sureffectif de 60 personnes. Il devrait être traité de façon « soft » par un plan de départs volontaires, mais il fera passer les effectifs à un seuil qui fait perdre à l’usine sa masse critique.

Nous avons contacté la direction centrale de Faurecia, elle déclare ne faire aucun commentaire. « Nous n’avons pas l’habitude de commenter la situation de tel ou tel site », indique un porte-parole. Qui rappelle l’évidence de la mauvaise santé du marché automobile en général.

Fabrication de sièges chez Siedoubs qui a récupéré une partie de la production de Sielest, son unité soeur d'Alsace.
Fabrication de sièges chez Siedoubs qui a récupéré une partie de la production de Sielest, son unité soeur d'Alsace.

Une implantation au plus près du constructeur

Le site réalise les sièges de la 208 produite à Mulhouse selon des volumes qui deviennent « anecdotiques », dixit la CFDT.

Il a gagné le marché de la 2008 mulhousienne dont la montée en cadence va intervenir dans les prochaines semaines, mais le syndicat s’inquiète de l’absence d’investissements sur la ligne de production,  contrairement à ce qui s’était passé pour des lancements précédents.

L’an dernier, Sielest a perdu ses dernières 308 transférées dans l’usine-sœur Siedoubs d’Etupes voisine de Sochaux (Doubs).

Auparavant, il en a été de même pour les sièges de la nouvelle C4 qui sont fabriqués chez Johnson Controls à Neuenbourg, à 30 km ,en Allemagne.

La création de cette usine avait fait beaucoup de bruit, les « Faurecia » y ont vu un mauvais coup dans leur dos de la maison-mère PSA.

Sans doute aussi que quelques grèves à Pulversheim ayant paralysé Mulhouse n’ont pas été appréciées dans les bureaux de direction…

Les débouchés de Sielest se focalisent donc sur la seule usine PSA de Mulhouse…et c’est bien là le problème.

Née en 2001 pour accompagner le lancement de la 307, cette usine, comme Siedoubs, incarne le modèle en vogue à l’époque parmi les constructeurs automobiles : implanter au plus près d’une usine « terminale » un équipementier de rang 1 pour lui faire fabriquer des pièces (les sièges en l’occurrence) jusqu’alors produites en interne.

Ceci dans le cadre d’une politique d’externalisation visant à se concentrer sur le seul montage des véhicules. L’équipementier produit en flux synchrone, comme s’il était implanté au cœur même de l’usine terminale.

Alignement de sièges près à rejoindre l'usine PSA de Sochaux, chez Siedoubs à Étupes (Doubs).
Alignement de sièges près à rejoindre l'usine PSA de Sochaux, chez Siedoubs à Étupes (Doubs).

Fort bien quand le site du constructeur automobile augmente ses volumes, mais beaucoup plus embêtant en sens inverse.

L’équipementier se retrouve alors « pris au piège », pieds et poings liés, sans pouvoir diversifier sa clientèle. Le « modèle » n’a d’ailleurs pas fait long feu.

Crédit photos : Christian Robishon et Traces Ecrites.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : automobile, Alsace, Haut-Rhin, Faurecia, Sielest, sièges automobiles

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2 réponse(s) à "Nuages noirs sur Faurecia à Pulversheim"

  1. RAYMONDdit :

    Lorsqu'un sous-traitant est dépendant d'un seul donneur d'ordre, c'est toujours problématique et d'autres entreprises dans notre région connaissent la même difficulté. Il s’agit de se reconvertir ou bien de trouver de nouveaux marchés, mais c’est plus facile de le dire que de le faire à temps !

  2. ESKIRTdit :

    Lorsque les syndicats comprendront que sécuriser l'emploi passe par les investissements et l'innovation, non par une rigidité dans le travail... nous aurons fait un grand pas. Une solution pour cela : rendre obligatoire l'adhésion des salariés au syndicat de leur choix, nous aurons ainsi des délégués syndicaux réellement représentatifs, moins dogmatiques et plus réalistes. Car la voix des salariés est essentielle, encore faut-il qu'elle soit entendue et non noyée par les revendications des minorités syndicales actuelles.

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