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Novae Aerospace Industry, ou le spectaculaire redressement d’un avionneur historique de Reims

Publié par Frédéric Marais, le 03 mai 2017

AÉRONAUTIQUE/MARNE. Sous-traitant de l’industrie aéronautique, cette société est l’héritière d’une lignée de constructeurs d’avions rémois.
Novae Aerospace Industry a repris le manche alors qu’un sérieux trou d’air menaçait de faire disparaître une entreprise historique.

Ses deux cents salariés fabriquent des “aérostructures complexes”, autrement dit des morceaux d'avion, pour Airbus et Dassault Aviation. Un effectif équivalent à celui qui était le sien avant sa liquidation judiciaire en 2010.

 

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L’effectif est passé de 85 à 200 salariés en cinq ans. © Frédéric Marais/Agence Info.


C’est au bord des pistes de l’aérodrome de Reims-Prunay, dans la Marne, que Novae Aerospace Industry déploie ses vastes bâtiments. Quelque 40.000 m2 couverts où de larges allées découpent les différents îlots de production. Ici émerge l’ossature d’un cockpit, là se dessine un fuselage.


Novae fabrique des morceaux d’avion, ou, pour reprendre le jargon technique, des “aérostructures complexes”, destinées principalement à deux grands constructeurs : Airbus et Dassault, auxquels on peut ajouter les équipementiers Daher, Stelia Aerospace et LISI Aerospace. « Il s’agit de pièces de tôlerie et de pièces mécaniques assemblées par rivetage », explique la directrice commerciale et marketing de l’entreprise, Florence Collot.

 

Citons pêle-mêle le plancher sur lequel s’assoient les pilotes de l’A320, une partie du plancher arrière de l’A380, les cabines, les dérives, les gouvernes et les bords d’attaque mobiles des Falcon 900 et 2000, des éléments de fuselage du Falcon 5X, ou encore des pièces de nez de l’A330. Ces pièces subissent un traitement de surface et sont peintes avant d’être livrées aux assembleurs.


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Si le site rémois fabrique les éléments mécaniques, en revanche les pièces de tôlerie proviennent de l’autre usine du groupe, installée à Brasov en Roumanie. « Ce sont des pièces nécessitant beaucoup de main-d’œuvre et donc chères à produire, souligne la directrice commerciale. Mais nous avons aussi choisi la Roumanie pour son savoir-faire dans l’aéronautique. » Brasov emploie une cinquantaine de personnes, contre sept à sa création en 2012.


Cette délocalisation d’une partie de la production dans un pays low cost n’a semble-t-il pas freiné la progression de Novae en France, puisque l’entreprise marnaise a retrouvé un effectif équivalent à celui qui était le sien avant sa liquidation judiciaire en 2010 : environ 200 salariés, au lieu de 85 après son rachat à la barre du tribunal de commerce.


Sept millions d'investissements et une école de formation

 

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Les pièces de tôlerie proviennent de l'usine roumaine de Novae car, nécessitant beaucoup de main-d’œuvre, elles seraient plus chères à produire en France. © Frédéric Marais/Agence Info.

 

A ce stade, un petit retour en arrière s’impose. L’entreprise a connu une histoire un peu mouvementée. Elle est née de la partition en 2003 de Reims Aviation - dont les origines remontent à 1933 -, suite à un premier dépôt de bilan.


Deux entités juridiques distinctes, sans lien entre elles, ont alors vu le jour : d’un côté Reims Aviation Industries (aujourd’hui ASI Aviation) qui, il y a peu de temps encore, construisait un avion de surveillance, le F406 ; de l’autre, l’entreprise qui nous intéresse présentement, Reims Aérospace, passée entre les mains de deux fonds d’investissement avant d’être rachetée en 2011 par Novae Technology, qui la rebaptise Aerolean, puis lui donne son nom actuel en 2015 : Novae Aerospace Industry.

 

Pour la petite histoire, Novae et ASI se partagent toujours les bâtiments de feu Reims Aviation et entretiennent des relations de client à fournisseur.


Reims Aviation a pendant longtemps construit des avions entiers, de marque Cessna, ce qui n’est donc plus le cas de son héritière Novae Aerospace Industry, dont le slogan rappelle d’ailleurs en même temps cette filiation et cette rupture industrielle : « Hier, nous fabriquions des avions, aujourd’hui, ensemble, nous les faisons voler. »

 

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Le redécollage, en termes d’activité et de personnel, de Novae est dû en grande partie à une politique soutenue d’investissement  - 7 millions d’€ à Reims  -, qui a permis à l’entreprise, non seulement d’agrandir ses locaux, mais aussi et surtout de moderniser son outil de production et de conquérir de nouveaux marchés, en particulier celui des profilés.


L’année 2017 verra arriver deux nouveaux équipements : une machine semi-automatique de rivetage et une machine de polissage automatique. « L’automatisation est également un moyen d’améliorer les conditions de travail des salariés », assure Florence Collot.


L’entreprise a également investi dans la formation, créant sa propre école en interne pour former des ajusteurs-monteurs, mais aussi pour donner une double compétence en peinture à ses compagnons.


Opérateurs et techniciens détachés sur les chaînes d'Airbus

 

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L’entreprise rémoise équipe les Airbus et les Falcon de Dassault Aviation. © Frédéric Marais/Agence Info.

 

Un certain nombre d’opérateurs ou de techniciens peuvent être détachés sur les chaînes d’assemblage d’Airbus ou de Dassault pour le montage des pièces fabriquées à Reims. On parle alors de contrats de chantier, d’une durée de plusieurs mois en général.


Ce sont en tout une cinquantaine de cols bleus et de cols blancs qui sont affectés à une autre “Business Unit” de la société, Novae Aerospace Services. Ses équipes interviennent également dans deux secteurs voisins que sont le ferroviaire et l’automobile.


La prestation de services est du reste le métier d’origine de Novae Technology, qui a par ailleurs créé la branche Novae Aerospace Defense à Abu Dhabi, où elle emploie 150 mécaniciens chargés de la maintenance des Mirage 2000 des Emirats arabes unis. Un bureau de recrutement a même été ouvert à cette fin à Casablanca, au Maroc.

 

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Novae Aerospace Industry fabrique des aérostructures complexes, autrement dit des morceaux d’avion. © Frédéric Marais/Agence Info.

 

Le groupe compte en tout 450 salariés en additionnant l’ensemble de ses implantations françaises (le siège social est à Paris) et étrangères, pour un chiffre d’affaires cumulé de 40 millions d’€, dont 17,5 millions d’€ à Reims.


Le site de rémois, qui fabrique ses propres outillages et ne sous-traite pratiquement aucune tâche, est aussi amené à travailler à façon pour les donneurs d’ordres : pièces mécaniques, traitement de surface et peinture.

 

Il abrite encore une activité de réparation pour les Falcon 50, 900 et 2000, avec deux spécialités : les bords d’attaque et les arrière-corps (pour les gaz d’échappement).


C’est fort de cette stratégie de croissance que Novae Aerospace fait partie des soixante PME françaises retenues par Bpifrance dans le cadre de son programme Accélérateur PME, promotion 2019. Un programme de soutien destiné à transformer les PME performantes en solides ETI (entreprises de taille intermédiaire).



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Grand Est, mécanique, sous-traitance, investissements, aéronautique, Reims, Airbus, Novae Aerospace Industry, ASI Aviation

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