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Nouvelle maison horlogère à Belfort, Luthes lance un financement participatif de 50.000 € à compter du 5 novembre

Publié par Pierre-Yves Ratti, le 29 octobre 2018

HORLOGERIE/BELFORT. Trois « Estaliens », nom donné aux étudiants de l'ESTA, l’École Supérieure des Technologies et des Affaires de Belfort, se lancent dans l'entrepreneuriat avec une marque de montres, Luthes.
La maison horlogère qu'ils sont en train de créer réalisera des montres haut de gamme personnalisables. Ils comptent lever 50.000 € grâce au financement participatif.

 

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Deux des trois modèles de la première collection. © Luthès.


Jean-Baptiste Langlade, Lucas Belmabrouk et Florian Verlet, âgés de 22 à 26 ans, se sont rencontrés à l’ESTA, l’École Supérieure des Technologies et des Affaires de Belfort, où ils étaient étudiants. Et ils se sont découvert un point commun : chacun d'entre eux avait un grand-père qui travaillait dans l’horlogerie !

« On s'est dit que c'était un signe », sourit aujourd'hui Florian Verlet, à la veille du dépôt des statuts de la SAS qu'ils créent ensemble. Une entreprise horlogère, bien entendu. La marque qu'ils lancent s'appelle Luthes, en référence au nom latin de Paris, Lutèce, et pour renvoyer à l'image de luxe à la française qui y est associée.

Mais dans cet univers très concurrentiel, et en bons apprentis commerciaux, ils ont vite eu la volonté de se différencier. « Jean-Baptiste est passionné de "Do it yourself", explique Florian Verlet, mais c'était trop compliqué de proposer l'assemblage à nos futurs clients. Donc nous avons décidé le faire nous même, mais pour des montres sur-mesure. »

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La gamme démarre avec une montre à quartz à 690 €. Le deuxième modèle, une montre mécanique automatique, est proposé à partir de 1.190 €. Le troisième, une montre automatique squelette, à partir de 2.290 €. Toutes sont des montres pour hommes. En attendant une gamme pour femmes dès l'an prochain.

Le sur-mesure porte aussi bien sur la couleur du cadran, des aiguilles, des index (marquage des heures) et des boîtiers que sur le matériau du bracelet, ou encore une gravure personnalisée. Au total, 50.000 combinaisons sont d'ores et déjà possibles, s’enthousiasment les jeunes entrepreneurs. Et leur ambition est d'atteindre le million de possibilités d'ici trois ans.

Si les mouvements des montres de Luthes viennent de Suisse, les autres fournisseurs sont presque tous Français. Mais le rêve des trois jeunes associés est de pouvoir un jour proposer des montres 100% françaises, labellisées « Origine France Garantie ». Ils affichent d'ailleurs l'ambition de  participer à la « relance de l’industrie horlogère française, en redonnant vie à des métiers aujourd’hui disparus de l’Hexagone ».

 

Une levée de fonds de 50.000 € à compter du 5 novembre

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Florian Verlet, l'un des trois cofondateurs de Luthes. © Pierre-Yves Ratti.

 

Pour l'assemblage, ils comptent dans un premier temps sur la sous-traitance d’horlogers partenaires de Sancey et de Morteau, dans le haut-Doubs, ou encore de Mulhouse. Mais dès que le volume le permettra, ils espèrent bien internaliser cette compétence.

La SAS que les trois jeunes entrepreneurs sont en train de créer disposera d'un capital initial de 3.000 €. Aussitôt les statuts déposés, le 5 novembre à 9h, démarre une campagne de financement participatif via la plateforme Quickstarter. Pendant trente jours, leurs montres seront proposées à des tarifs préférentiels.

Leur ambition est de lever 50.000 €, afin d'ajouter 20 à 30.000 € au capital et le solde en compte courant d'associé. De quoi se donner les moyens de leur ambition…

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Le stand interractif installé chez les bijoutiers où les clients pourront personnaliser leur montre. © Luthes.

 

L’un des défis réside dans la commercialisation. S'ils ont veillé à réaliser un site Internet, les fondateurs de Luthes ne misent pas sur ce canal pour vendre leurs produits. « On doit pouvoir essayer une montre », estime Florian Verlet. A un réseau d'artisans – horlogers qu’ils comptent bâtir, ils proposent un stand interactif avec leurs trois modèles.

 

La personnalisation se fera avec les conseils de l’horloger à l'aide d'une tablette, via le site de l’entreprise. Ce qui évitera aux revendeurs d’avoir un stock en boutique, tout en s'engageant sur un délai de deux semaines pour la livraison.

Enfin, les montres Luthès seront garanties à vie, à condition que leurs propriétaires respectent une fréquence d'entretien régulière, tous les deux ans : comme pour une voiture, elles auront un carnet d’entretien. « Plusieurs centaines d’heures de laboratoire et des contrôles exigeants ont permis d’atteindre un haut niveau de fiabilité permettant de garantir nos montres à vie. »



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Aujourd'hui, Florian Verlet étant encore étudiant, tandis que les deux autres associés sont salariés en entreprise, il bénéficie du statut d'étudiant entrepreneur, qui lui accorde une certaine souplesse en matière d'assiduité aux cours.

Le premier objectif financier se situe à un million d’€ de chiffre d'affaires avec les premières livraisons promises en mars 2019 et, d'ici trois ans, d’avoir un effectif de 5 à 7 salariés, dont un graphiste-designer et un horloger prototypiste. A l'horizon des cinq ans, Florian Verlet espère avoir investi dans un local qui accueillerait une graveuse à laser pour accroître les possibilités de personnalisation et une machine d'usinage de boîtiers. Et, plus tard, d'ouvrir une boutique à… Lutèce !



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Territoire de Belfort, Belfort, horlogerie, ESTA, montres, Bourgogne Franche-Comté, Jean-Baptiste Langlade, Lucas Belmabrouk, Florian Verlet

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