« Nous musclons le métier de conseil avec des exigences de probité, de compétences et de formation »

Publié par Didier Hugue, le 11 octobre 2017

AVIS D’EXPERT/CONSEIL. Dominique Brunissen préside la Fédération Nationale des Chambres Professionnelle du Conseil (FNCPC) qui fédère 15 chambres régionales, totalisant 580 cabinets et environ 1.000 collaborateurs.

Rencontré à Dijon lors d’une réunion décentralisée de sa fédération, il s'interroge sur le peu de recours au conseil dans les PME/PMI françaises, défend une profession qui s’assainit et tente, par le biais des chambres professionnelles, d’élaborer une certification pour l’exercer.

 

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Dominique Brunissen, tout à droite, lors d'une réunion des présidents de chambres régionales du conseil dernièrement à Dijon. © FNCPC.

 

• Les entreprises françaises font-elles beaucoup appel à des conseils extérieurs ?

 

La France se situe à l’avant-dernier rang des pays européens dans ce domaine. Il n’y a que l’Italie qui pointe à la dernière place. Les PME/PMI françaises recourent peu au conseil extérieur pour des raisons culturelles. Lorsque je fais des conférences sur le sujet, j’évoque toujours cette anecdote entre un chef d’entreprise d’outre-Rhin et son homologue de l’Hexagone.

 

Le premier ne prend une décision importante qu’après avoir réuni ses conseils, alors que le second le fait, le plus souvent, seul dans son coin. Conclusion : tout est une question de culture économique. En Allemagne, il est très bien vu d’avoir des conseils. En France, c’est plutôt mal considéré, sous prétexte que le dirigeant peut être taxé d’incompétence.

 

Bien sûr, je caricature un peu, car cela est de moins en moins vrai avec l’intégration à toute stratégie de développement des deux critères que sont l’innovation et l’internationalisation, mais il y a un fond de vérité toujours important.

 

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• Question terminologie, quelle est la différence entre un conseil, un consultant et un coach ?

 

Conseil et consultant, c’est la même chose, mais nous préférons nous qualifier d’entrepreneur du conseil. Non par forfanterie, mais parce que l’on dénomme consultant les spécialistes en sport, en macro-économie, en histoire socio-politique…, qui officient sur les chaînes télévisées et les radios.

 

En revanche, conseil et coach ne recouvrent pas la même réalité professionnelle. Le conseil est une force de proposition, alors que le coach, à titre individuel comme collectif, suggère ou suscite pour la faire émerger.

 

• N’y-a-t-il pas toujours à boire et à manger dans votre corporation, sachant qu’on peut s’établir conseil ou coach sans avoir à justifier diplôme ou expérience ?

 

Vous avez hélas raison. C’est pourquoi nous agissons au sein de nos chambres et dans le cadre de la fédération. Nous travaillons actuellement à créer une certification pour le conseil pour que plus aucun margoulin ou aigrefin ne puisse exercer sans l’avoir obtenue.

 

Une personne de la Direction Générale des Entreprises (DGE), auprès du ministère de l’Économie et des Finances, suit d’ailleurs nos travaux en ce sens.

 

En attendant, si l'on veut nous rejoindre, nous faisons passer un entretien et signer une charte éthique. Nous vérifions les références, imposons des journées de formation et l’obligation de signer un contrat avec son client. Des enquêtes ponctuelles sont ensuite conduites si besoin et, un conseil adhérant chez nous ne peut revendiquer que trois compétences majeures.

 

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• Si vous aviez à définir le conseil idéal, quelles qualités devrait-il impérativement posséder ?

 

Il doit avoir toutes celles d’un chef d’entreprise : être visionnaire, savoir vendre et se vendre, bien manager, être bon gestionnaire. Il lui faut aussi être curieux, empathique et être doté d’une très bonne faculté d’adaptation.

 

• Combien coûte en moyenne une journée de conseil ?

 

Autour des 1.000 € HT.

 

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© FNCPC.

Qui est Dominique Brunissen ?

 

Cet homme de 58 ans a conduit sa vie professionnelle en deux grandes étapes.

 

Diplômé du Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM) et doté d’une spécialisation en tant que chef de projet informatique, il intègre une filiale d’IBM en Alsace, puis la dirige une quinzaine d’années en la développant au point de compter de très nombreuses agences dans l’Est : Besançon, Troyes, Chaumont, Reims…

 

En 1993, il crée l’entreprise VF Consult à Vendenheim, près de Strasbourg (Bas-Rhin). Cette société de conseil intègre deux spécialités : l’organisation des entreprises et des collectivités, et les systèmes d’information. Elle compte quatre personnes et réalise un chiffre d’affaires d'environ 300.000 €.

 

Co-fondateur en 2006 de la Chambre du conseil en Alsace, il est nommé vice-président de la fédération nationale en 2009, puis président depuis 2013.

 

Pour en savoir plus dans l'Est : Chambre professionnelle du conseil Alsace et Chambre professionnelle du conseil Bourgogne



Roger Martin BTP
Article classé dans : Avis d'expert

Mots-clés : Grand Est, conseil en entreprise, consultant, Bourgogne Franche-Comté, Dominique Brunissen, Fédération Nationale des Chambres Professionnelle du Conseil

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