"Notre agence d'urbanisme est un laboratoire d'idées"

Publié par Christiane Perruchot, le 10 octobre 2011

AVIS D'EXPERT. L'agence d'urbanisme de l'agglomération de Besançon (Audab) a fêté ses 10 ans le 4 octobre 2011.

Son directeur Michel Rouget, explique à quoi sert cet outil adossé aux collectivités territoriales et évoque les projets, notamment de coopération à l'échelle interrégionale.

A quoi sert une agence d'urbanisme ?

Association loi 1901 créée en 2011, l'agence d'urbanisme de l'agglomération de Besançon est une structure multipartenariale. Ses membres sont des collectivités territoriales : Le Grand Besançon et ses 59 communes, le syndicat mixte du Scot (schéma de cohérence territorial) de Besançon (133 communes), le conseil général du Doubs, la ville de Besançon, le conseil régional de Franche-Comté, l'Etat et trois communautés de communes de l'aire bisontine. Elle est présidée par Jean-Paul Dillschneider, maire de Fontain.

Outil d'aide à la décision, l'agence d'urbanisme travaille pour le compte des collectivités locales membres qui, avec un budget annuel de l'ordre de 1,2 million d'€, lui confient des études de faisabilité et d'opportunité très en amont des projets. Une équipe pluridisciplinaire de 17 personnes : architecte, urbaniste, démographe, statisticien, juriste, économiste, cartographe…, fournit les diagnostics  et les éléments techniques et juridiques nécessaires à la prise de décision. Elle peut également faire des études sociologiques, démographiques, environnementales ou encore de déplacements, qui permettent d'appréhender l'évolution sociétale.

Nous sommes dans la prospective et non dans l'opérationnel. L'Audab est aussi un laboratoire d'idées. Parfois, nous initions simplement une idée, comme ce fut le cas pour la candidature de l'œuvre de Vauban au patrimoine mondial de l'Unesco.

A quels projets avez-vous récemment collaboré ?

L'agence a travaillé sur le projet de déménagement du jardin botanique de Besançon. Nous avons exploré les sites potentiels pour aider l'Université de Franche-Comté, la ville de Besançon et le conseil régional - les cofinanceurs -, à faire le choix de la réimplantation, puis travaillé aux côtés du bureau d'études pour vérifier la faisabilité. A Saône, la commune s'est appuyée sur l'Audab pour requalifier le bourg.

L'un de nos gros dossiers actuels est le schéma de cohérence territorial de l'agglomération (Scot) de Besançon, qui vient de recevoir un avis favorable de la commission d'enquête publique. Sa mise en place va être un enjeu pour la bonne utilisation de l'espace pour construire des logements, développer des activités économiques, contenir les déplacements, maintenir une activité agricole, des espaces naturels, etc.. Autrement dit ne pas faire n'importe quoi, n'importe où.

L'Audab travaille aussi sur la gouvernance locale qui sera mise en place autour de la zone d'activités de la gare TGV Besançon-Franche-Comté, et va à cette occasion élargir  ponctuellement sa zone de compétence à la Haute-Saône voisine, qui se trouve dans l'aire d'influence de la future gare.

L'Audab a 10 ans, en cet anniversaire, quel avenir lui promettez-vous ?

L'action de l'Audab est dédiée aux 133 communes des 6 établissements publics de coopération intercommunale qui compose le Scot de l'agglomération bisontine. En 2009, l'association a accueilli en son sein la région Franche-Comté. Dès demain, elle va s'élargir géographiquement. D'abord, au réseau métropolitain Rhin-Rhône d'ici la fin de l'année. Les agences d'urbanisme de ce territoire (1)  travaillent déjà ensemble au sein d'un réseau informel sur des questions communes, comme le TGV Rhin-Rhône.

Le débat est ouvert pour faire entrer d'autres collectivités territoriales extérieures au département du Doubs. Nos voisins, comme la Haute-Saône commandent déjà ponctuellement des prestations. La vision de plus en plus interdépartementale de certains projets nécessite peut-être de les accueillir de manière pérenne.

Le champ de compétences va s'ouvrir à d'autres sujets de société, déterminants pour les bassins de vie comme la santé. Enfin, nous nous organisons désormais des manifestations publiques, comme "Les vendredis de la prospective" ou le 30/30 (2). L'expérience avec les enfants des centres de loisirs de Besançon est aussi une façon d'expliquer l'urbanisme.

Des guides insolites à l’hôtel Jouffroy où nous sommes installés, permettent aussi de nous faire connaître du grand public.

(1). Les agences d'urbanisme du territoire Rhin-Rhône : Besançon, Montbéliard, Belfort, Mulhouse et la dernière née, Bourgogne Sud (Le Creusot-Montceau-Chalon-sur-Saône).

(2). Le prochain Vendredi de la Prospective se déroule le 4 novembre 2011 sur le thème "santé et territoires".

Le 30/30 consiste en un exposé de 30 mn et autant de temps consacré discussions autour d'un thème.

Photos : Audab.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Avis d'expert

Mots-clés : Besançon, Franche-Comté, Haute-Saône, Doubs, urbanisme, Audab, Michel Rouget

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