Myrissi, un nez électronique au service du packaging de luxe

Publié par Philippe Bohlinger, le 22 mars 2016

INNOVATION/LORRAINE. La start-up nancéienne Myrissi va expliquer son approche scientifique des liens odeur-couleur du 23 au 25 mars au salon Pack & Spirit à Reims, le rendez-vous du packaging de luxe.
Cette société spin-off du laboratoire LIBio de l’Université de Lorraine a breveté un algorithme s’appuyant sur 25 000 tests-consommateurs.

Elle envisage de se développer à l’international et d’exploiter juridiquement sa technologie pour la protection des fragrances.

 

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L’algorithme de Myrissi s’appuie sur une base de données riche de 25 000 tests consommateurs. © Philippe Bohlinger.

 

Le nez électronique de Myrissi aurait sans doute inspiré Cyrano. Ni roc, ni cap, ni péninsule, c’est une sorte d’unité centrale capable d’associer scientifiquement une couleur à une odeur. La start-up créée en 2014 à Nancy à partir de recherches du laboratoire LIBio de l’Université de Lorraine compte sur son flair pour devenir un acteur incontournable du packaging haut de gamme.


Ses marchés cibles ? La parfumerie, les cosmétiques ou encore l’agroalimentaire. Pour expliquer son approche, la jeune pousse sera présente du 23 au 25 mars à Reims à l’occasion de la première édition de Pack & Spirit, le rendez-vous du packaging de luxe.


« Myrissi est la seule société à avoir mis au point un outil capable d’aller au-delà de l’interprétation subjective du lien odeur-couleur », martèle Muriel Jacquot, sa fondatrice. Pour ce faire, l’enseignant-chercheur a breveté en 2012, après dix années de travaux, un algorithme baptisé MyriLINK.

 

Celui-ci s’appuie sur une base de données sensorielle de 25 000 tests consommateurs réalisés en France, Grande-Bretagne, Taïwan, Etats-Unis et Liban. Parallèlement, elle a confirmé le pouvoir de suggestion olfactive des couleurs par des tests IRM.

 

L’identité olfactive d’une marque

 

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Yvette Jacquot, présidente et Boris Maisonnave, chargé d’affaires, ont rejoint l’équipe fin 2015. © Philippe Bohlinger.

 

Depuis ses locaux à l’Université de Lorraine, la start-up part à la conquête du marché du marketing sensoriel. Un secteur de niche sur lequel une dizaine d’agences de création et de communication seraient positionnées en France.

 

Avec un argument : son nez électronique permettrait de réduire les temps de développement packaging de 20 à 25%.

 

« Le time-to-market, c’est de l’argent ! », insiste l’animatrice d’une équipe de trois personnes : Yvette Jacquot, responsable administrative et financière, Boris Maisonnave, chargé d’affaires et Faustine Noël, ingénieur R&D.


Lauréate du concours de l’Entreprise innovante du ministère de la Recherche, Myrissi a notamment travaillé pour le producteur de vin rosé Chevron Villette (Var). « On trouve une légère touche d’acidité dans le vin. Or l’étiquette initiale insistait sur la caractéristique très sucrée du vin, une composante qui n’est pas présente du tout. L’analyse chromatographique a permis de redéfinir les couleurs correspondant le mieux aux caractéristiques du produit », détaille la directrice scientifique. Pour retranscrire graphiquement ce résultat sur l’étiquette, Myrissi a collaboré avec La Cour du Design à Metz.

 

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Le nez électronique réduirait de 20 à 25% les temps de développement packaging.© Philippe Bohlinger.

 

A côté du packaging, Myrissi propose également la création d’identité olfactive (lien couleur-odeur). Pour l’imprimeur Petrilli Group (Alpes Maritimes), la start-up a par exemple bâti un parfum destiné à un évènementiel en exploitant la charte graphique et des couleurs du stand. « Il n’est plus à démontrer que l’utilisation d’une odeur augmente la perception d’une marque par le public », résume Muriel Jacquot.


« Nous ne sommes pas là pour faire le parfum qui plaira au dirigeant, mais celui qui correspondra le mieux à l’image et aux valeurs de la marque. Et nous ne sommes pas influencés par les phénomènes de mode : la rhubarbe en 2015, la figue, cette année, etc. »


A moyen terme, la petite équipe de Myrissi s’est fixé deux gros challenges. Tout d’abord, proposer ses services à l’international ; ce qui implique d’enrichir sa base de données en réalisant des tests consommateurs sur les marchés brésilien, russe ou encore indien. Enfin, elle souhaite faire reconnaître juridiquement sa technologie pour la protection des fragrances.

 

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© Philippe Bohlinger.

Qui est Muriel Jacquot ?


La fondatrice de Myrissi a bénéficié d’un terreau favorable : l’Ecole supérieure d'agronomie et des industries alimentaires ENSAIA (Université de Lorraine), où elle est responsable de la formation en packaging.

« L’ENSAIA a une démarche forte de valorisation de ses travaux. Elle a lancé de nombreuses start-ups parmi lesquelles Plant advanced technologies (société de biotechnologies végétales produisant des actifs à destination des marchés cosmétiques, pharmaceutiques et agrochimiques, NDLR) », se félicite Muriel Jacquot qui peut consacrer 20% de son temps universitaire à sa start-up.

Si l’enseignant-chercheur assume la direction scientifique de Myrissi, c’est sa maman, Yvette Jacquot, qui occupe le fauteuil de présidente. Ancienne cadre supérieure à la BNP, cette femme de 66 ans a apporté dans sa valise de précieuses compétences administratives et financières.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Innovation

Mots-clés : packaging, Université de Lorraine, industrie du luxe, Reims, Nancy, Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine, Myrissi, laboratoire LIBio, salon Pack & Spirit

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