Mulhouse-Fribourg, destins croisés de crise

Publié par Christian Robischon, le 08 juin 2011

Conjoncture. La conclusion ne surprendra pas, mais les moyens d’y parvenir ont le mérite de donner aux chiffres une consistance locale : l’Allemagne a beaucoup mieux traversé la crise que la France.

L’étude comparative du bassin de Mulhouse et son voisin, Fribourg que vient de produire la Maison de l’emploi de Mulhouse en atteste.

Les graphiques et courbes retraçant l’évolution entre 2007 et 2009 des effectifs de 8 branches principales (1) sont implacables. Pendant que la région de Fribourg gagnait 1 342 salariés, le territoire Centre et Sud-Alsace qui lui fait face, de Mulhouse à Sélestat, en perdait 4 640.

Ceci pour un total comparable de population (autour de 650 000 habitants) et de salariés (200 000 dont la moitié dans les 8 branches étudiées).

Au plus fort de la crise fin 2008-début 2009, la partie allemande a tout de même «lâché» un petit millier de salariés, mais c’est 4 fois moins que sa voisine française.

«L’Allemagne a juste subi un ralentissement de croissance qu’elle a largement amortie en recourant massivement à l’activité partielle», souligne Olivier Pihan, directeur adjoint de la Maison de l’emploi et de la formation du Pays de la région mulhousienne.

«Vous remarquerez la nuance sémantique : on parle là-bas d’activité partielle, pas de chômage technique», ajoute-t-il. «Le dynamisme allemand est à relativiser toutefois : nombre des emplois créés l’ont été dans l’intérim», nuance Olivier Pihan.

Un territoire sinistré et un autre florissant ?

D’un secteur à l’autre, l’évolution ne diffère guère de la tendance générale. Côté fribourgeois, seule la métallurgie affiche un solde négatif sur la période 2007-2009 et son BTP voit ses effectifs stagner. Côté haut-rhinois, le commerce et l’hôtellerie-restauration maintiennent leurs effectifs, toutes les autres activités en perdent.

L’écart entre les taux de chômage s’est creusé. A Fribourg, il tombe 6 % début 2010, alors qu’il dépasse 10 % dans la zone de Mulhouse. Jusqu’en 2003, celle-ci faisait mieux que sa voisine.

De là à en conclure que se font face un territoire sinistré et un autre florissant, il y a un pas à ne pas franchir, selon Olivier Pihan. «La partie allemande est forte en activité de R & D scientifique et technique. Mais on trouve aussi côté français des métiers également peu délocalisables, en premier lieu le BTP. Et la croissance verte nous offre des perspectives intéressantes. En outre, la démographie pointe une population vieillissante chez nos voisins, en contraste avec la jeunesse de la région mulhousienne».

C’est plutôt le profil d’activités qui marque la frontière sur le Rhin. Les chiffres des effectifs en valeur absolue font apparaître un territoire français très typé automobile (PSA Mulhouse oblige), BTP et transport-logistique, face à un voisin allemand plus puissant en chimie-pharmacie-plasturgie, métallurgie-mécanique et sciences-techniques.

La prochaine étape consistera fin juin à «identifier les secteurs porteurs d’emploi en sortie de crise» de part et d’autre.

Comme pour l’étude sur les effectifs 20072009, il associera la Maison de l’emploi mulhousienne à Pôle Emploi et à l’agence pour l’emploi de Fribourg.

(1) automobile, chimie-pharmacie-plasturgie, métallurgie-mécanique, BTP, commerce, hôtellerie-restauration, transport-logistique, activités scientifiques et techniques.

www.mef-mulhouse.fr

Roger Martin BTP
Article classé dans : Indicateurs

Mots-clés : Alsace, industrie, chômage, Bas-Rhin, Fribourg, Allemagne

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1 réponse(s) à "Mulhouse-Fribourg, destins croisés de crise "

  1. POMMEY Agnèsdit :

    Très intéressante cette étude des 2 territoires français et allemand que nous dévoile votre article. Mais quelles sont les causes de ces disparités économiques et surtout quelles sont les solutions pour y remédier ? Cette étude dresse un constat et c'est utile mais ce n'est pas tout. Il faut en tirer des conséquences et comprendre pourquoi "ça ne marche pas en France comme en Allemagne". Cordialement Agnès POMMEY

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