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Method in the Madness et l’Ircad créent un jeu vidéo pour les enfants malades

Publié par Julie Giorgi, le 26 avril 2017

NUMÉRIQUE/STRASBOURG. Les équipes médicales du service de pédiatrie du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Hautepierre à Strasbourg sont en train de tester le jeu vidéo VP contre Dark Tumor.
Né de la collaboration entre l’Ircad, l’Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif et Method in the Madness, entreprise strasbourgeoise spécialisée dans le serious game, ce jeu vidéo sur tablette destinés aux jeunes patients atteints de cancer devrait être déployé au niveau national et international d’ici à la fin de l’année.

 

jeuircad

 

Le jeu vidéo pour enseigner ou pour aider les personnes, surtout dans le domaine médical, Luc Soler y croit. Professeur et directeur scientifique de l’Ircad (Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif) à Strasbourg, il a eu l’idée de créer un jeu vidéo à destination des enfants atteints de cancer.


Baptisé VP contre Dark Tumor, le jeu consiste à tuer le grand méchant Dark Tumor et ses “métas”, sans tuer les cellules saines. Les armes de VP, le héros, sont progressives : il s’agit de toutes les thérapies utilisées pour soigner le cancer : chirurgie, cryothérapie, chimiothérapie, thermo-ablation… « J’avais une idée précise de ce que je voulais : un jeu de tableaux où le héros ne peut pas mourir », raconte Luc Soler.


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Avec 125 niveaux, le jeu est accessible aux enfants à partir de 5 ans et jusqu’à 11 ans et plus. Pour faciliter leur progression, en-dessous de 7 ans, les jeunes joueurs n’ont accès qu’à 75 tableaux. Volontairement un peu complexe, le jeu doit faire naître des discussions.


« L’objectif est que l’enfant pose des questions et partage avec l’adulte. En général, les discussions sont difficiles chez les enfants malades car ils ont cette angoisse de la mort transmise par leurs parents. Ils n’osent pas trop parler et poser de questions car ils culpabilisent d’effrayer leurs parents. Le jeu devient alors un outil pour faciliter la verbalisation », poursuit le Professeur.

 

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Stephane Becker, gérant de Method in the Madness.

Dédramatiser la tumeur

 

Un prototype du jeu a été sorti en 2015 lors du Hacking Health Camp avec les étudiants de Ludus Academie, une école de création et de développement de jeu vidéo et de serious game.

 

Puis après un an de travail avec cette école, le directeur scientifique de l’Ircad s’est rapproché de l’entreprise Method in the Madness en mai 2016. Stéphane Becker et son équipe de développeurs spécialisés dans le serious game ont apporté leur expertise.

 

« C’était compliqué à construire car c’est un sujet sensible. Nous nous sommes beaucoup documentés et avons beaucoup discuté avec Luc Soler. Il fallait surtout éviter de faire peur aux enfants alors nous avons présenté le grand méchant du jeu, Dark Tumor, comme un peu débile. L’idée était de dédramatiser la tumeur », rappelle Stéphane Becker, le gérant de Method in the Madness.

 

Financé par le biais de l’Ircad et du prix Tango & Scan qui récompense chaque année les innovations numériques, le contenu du jeu est actuellement terminé. Mais les saynètes intermédiaires qui représentaient un enfant malade, jugées trop réalistes, seront remplacées par d’autres animations.


Ce mois-ci, le jeu a été testé auprès d’une dizaine d’enfants qui ont guéri de leur cancer. Jusqu’à la fin juin, ce sont les équipes médicales du CHU de Hautepierre qui ont la charge de se familiariser avec le jeu et de lui définir un parcours d’usage.

 

Il s’agit de répondre à un certain nombre de questions pratiques du type : faut-il que le jeu soit proposé en libre service ou seulement auprès des enfants hospitalisés ? Faut-il le déposer dans les chambres ou en salle d’attente ?


Financement par le biais de dons


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Cette phase terminée, à partir de la fin du mois de juin, le jeu sera déployé sur 20 tablettes dans le service d'onco-hématologie pédiatrique du CHU auprès des jeunes patients. L’Arame (Association régionale d’action médicale et sociale en faveur d’enfants atteints d’affection malignes) présidée par le Professeur Lutz, financera les tablettes (environ 500 € l’unité).


Au bout de 6 mois, en fonction des observations et des retours du service, des enfants et des parents, des modifications pourront être apportées au jeu. Selon l’ampleur des modifications, le planning pourra être décalé, mais pour l’instant, le professeur Soler table sur un déploiement au niveau national et international d’ici à la fin de l’année.


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Les chirurgiens et les équipes cliniques ont compris l’intérêt de cet outil qui ouvre au dialogue. « Le jeu offre la possibilité de simuler le réel pour mieux l’appréhender. L’objectif est que l’enfant aille mieux, qu’il joue et soit convaincu que les thérapies pourront le soigner », explique Luc Soler.


Déjà 30 centres hospitaliers dans le monde appartenant au réseau de l’Ircad, ont montré leur intérêt. En France, les hôpitaux Necker et Robert-Debré à Paris devraient être rapidement fournis.


Le financement du jeu se fera par le biais de dons. « L’objectif n’est pas de réaliser du business », précise Luc Soler. Le chercheur réfléchit également à une vente en ligne pour un large public. Ces ventes pourraient permettre de développer d’autres jeux pour d’autres pathologies de l’enfant. Cette éventualité reste en suspens pour le moment.


solerircadQui est Luc Soler ?


Luc Soler, 47 ans, rêvait d’une carrière de chirurgien. Mais ayant raté deux fois sa première année de médecine à Tours, ce fan de jeu vidéo s’oriente vers des études en informatique qu’il parviendra à relier à la médecine.

 

En 1994, il est major de sa promotion de magistère d’informatique à l’Ecole des Hautes Etudes en Informatique à l’Université de Paris VI. Il obtient son doctorat en 1998.


Depuis 1999, il est directeur de projets de recherche en informatique et robotique à l’Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif à Strasbourg (Ircad).

 

En octobre 2000, il rejoint l’équipe chirurgicale du Professeur Marescaux en tant que professeur associé à l’Université de médecine de Strasbourg.


En 2013, Luc Soler crée la société Visible Patient qui permet de réaliser des reconstructions 3D anatomiques de patients. En février 2016, il devient directeur scientifique de l’Ircad et de l’Institut Hospitalo-Universitaire pour la chirurgie mini-invasive guidée par l’image de Strasbourg.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Innovation

Mots-clés : Grand Est, numérique, Bas-Rhin, serious game, CHU de Strasbourg, Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif, Method in the Madness, innovations, VP contre Dark Tumor

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