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Maty inaugure son plus gros investissement des trente dernières années

Publié par Monique Clémens, le 26 janvier 2015
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Le nouveau système logistique permet de déclencher des commandes à l’unité.

 

LOGISTIQUE/FRANCHE-COMTÉ. Livré début novembre, juste avant le grand rush de Noël, et inauguré en fin de semaine dernière, le nouveau système logistique du bijoutier Maty à Besançon s'adapte à la multiplicité des modes d’achat, avec des livraisons en 48 heures.

Un investissement d’environ 4 millions d’€, le plus gros de ces trente dernières années.

 

De la vente pas correspondance au « cross canal ». Ce terme marketing désigne une stratégie de distribution mettant en œuvre, de façon complémentaire, plusieurs canaux de vente. Chez le bijoutier Maty à Besançon (Doubs), le terme évoque un mix entre la vente en magasins et sur Internet, qui supplante désormais la traditionnelle VPC (vente par correspondance), modèle en chute libre.

 

Néanmoins, le catalogue qui a fait connaître la maison bisontine dans toute la France existe toujours. Il est édité deux fois par an, affiche 350 pages de bijoux et de montres de 10 à 10 000 € et représente encore 32% des ventes du bijoutier bisontin.

 

Mais le catalogue est peu à peu rattrapé par les ventes en ligne, qui atteignent 25% de l’activité aujourd’hui, et désormais dépassé par les achats en magasins qui contribuent à 43% du chiffre d’affaires. Une évolution nécessitant stratégie et adaptation.

 

Lorsque Laurent Maucort avait été recruté, en 2010, pour assurer la direction générale de cette entreprise créée dans les années 60 par Gérard Mantion – qui, pendant la guerre d’Algérie, proposait aux Bisontines d’envoyer une montre à leur homme parti au front –, sa feuille de route comportait justement cette inversion de tendance. A l’époque, 52% des ventes étaient réalisées sur catalogue (85% en 1990, 72% en 2000), 18% via le Web et les 48% restant dans les magasins à l'enseigne Maty.

 

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L'atelier de réparation et de SAV.

Quatre nouvelles boutiques par an

 

« A terme, le média papier restera le lien de la marque avec les clients, mais dans un registre un peu différent, moins VPC, plus image, plus magazine », assure Laurent Maucort « Aujourd’hui, la tendance est encore au catalogue papier avec des renvois sur le site. Mais nous sommes parmi les derniers des mohicans avec une édition aussi conséquente ».

 

Dans cette stratégie marketing de vente par différents canaux, la première mission du directeur général avait été de multiplier les ouvertures de magasins.

 

La boutique chic de la place de l’Opéra, à Paris, reste le navire amiral de Maty, mais 4 nouvelles boutiques ouvrent chaque année depuis 5 ans. Elles sont désormais 36, du nord au sud de la France et d’est en ouest.

 

« L’ouverture de magasins, c’est un développement consommateur de cash et nous faisons avec les moyens qui sont les nôtres. En août, nous avons ouvert notre première boutique dans le sud-ouest, à Toulouse, une boutique magnifique. La notion de maillage terrotorial est importante », argumente Laurent Maucort.

 

Actionnariat familial

 

L’autre chantier, qui vient d’être livré après trois ans de gestation, c’est celui de la logistique, au siège de l’entreprise, à Besançon. « Le cœur du réacteur », assure le dirigeant. « On a tourné une page de trente ans d’histoire de Maty. Nous avons adapté l’outil à l’évolution de l’entreprise et aux attentes des clients, de plus en plus pressés, et nous avons voulu aussi améliorer les conditions de travail des salariés. »

 

L’investissement se monte à environ 4 millions d’€. « C’est le plus gros investissement de ces trente dernières années », confirme Patrick Cordier, le président du groupe.

 

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« Cela marque l’évolution très importante de l’entreprise. Cet outil est un préalable, il permet de répondre aux exigences clients. Et pour cela, nous avions besoin des actionnaires. Un actionnariat familial, plus patient, permet de lancer des projets comme celui-là dans un contexte défavorable ». Une augmentation de capital a également été nécessaire, avec le soutien de Bpifrance et des banques.

 

Le nouveau plateau logistique occupe aujourd’hui le cœur du siège du boulevard Kennedy à Besançon. Les bureaux ont été redistribués dans les autres étages. Environ 3 500 m2 sont dédiés à la réception et au conditionnement des bijoux destinés à la vente à distance et aux magasins.

 

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En plus d'accélérer les délais de livraison, le nouvel équipement logistique a pour objectif d'améliorer les conditions de travail des salariés.

 

« L’innovation est dans la superposition de différentes couches informatiques et dans les machines spéciales », confie Fabrice Arrigoni, le directeur des opérations. « Le système permet de déclencher des commandes à l’unité, auparavant il s’agissait de commandes par lots ».

 

Selon la période de l’année, 50 à 100 opérateurs travaillent sur ce plateau logistique, en comptant ceux de l’atelier SAV (service après-vente) attenant. Déballage de la marchandise en provenance des fournisseurs, contrôle qualité, mise au format logistique, stockage en armoire avant prélèvement en fonction des commandes, équipement de plot, mise en sachet ou en écrin, colisage, édition de facture…

 

« Si une commande est passée à 11h55, elle peut être traitée à midi, c’est un peu notre côté start-up », s'enorgueillit Laurent Maucort.

 

Maty emploie 500 salariés à Besançon et 250 dans ses 36 magasins. Dans ce contexte de basculement des canaux de vente, son chiffre d’affaires se maintient depuis plusieurs années autour de 100 millions d’€.

 

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Laurent Maucort, directeur général de Maty.

Qui est Laurent Maucort ?

 

Newman, Krys, Loisirs et Création, Du pareil au même... Avant d’arriver à Besançon, Laurent Maucort a navigué une vingtaine d’années dans la gestion et l’animation de réseaux de distribution, et c’est ce profil qui a retenu l’attention de Patrick Cordier, le président du holding Gemafi.

 

Celui-ci chapeaute trois entreprises à Besançon : Maty, SFM (Société de fabrication Maty, fournisseur de 30% des bijoux de la marque bisontine) et Gem Services, filiale assurant l'impression et le routage des deux catalogues édités chaque année.

 

Parisien, Laurent Maucort a été séduit par l’âme de la maison et par la diversité de ses métiers. Au pilotage depuis 5 ans, il s’attache à remplir sa mission : rajeunir la marque et adapter ses canaux de vente aux modes d’achat contemporains, sans perdre de vue la spécificité du produit.

 

« Un bijou, c’est quelque chose de très chargé émotionnellement, c’est un achat très impliquant. Pour nous, Internet est un canal de lien et de praticité, il prépare souvent l’achat en magasin. D’où l’importance d’avoir un réseau de boutiques étoffé».

 

Photos fournies par Maty.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Besançon, Franche-Comté, logistique, Investissement, horlogerie, commerce, vente en ligne, VPC, Maty, Bpifrance, bijouterie, bijou

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1 réponse(s) à "Maty inaugure son plus gros investissement des trente dernières années"

  1. Laura Mathiasdit :

    Bonjour, Je suis choquée de voir écrit " le nouvel équipement logistique a pour objectif d'améliorer les conditions de travail des salariés" alors que c'est faux. Ces salariés travaillent désormais avec boules Quiès + casques anti-bruits, ce qui n'empêchent pas d'avoir un bruit ambiant durant 7 heures par jour... Or, les effets sur le bruit sont bien connus sur la santé humaine. Ajouter à cela le fait de ne plus pouvoir parler à ses collègues en raison du bruit, le moral n'a pas de raison d'aller mieux. Si ceci est vue comme une avancée, elle est en réalité un terrible recul sur le plan humain et les conditions de travail.

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