Maroquinerie Thomas fait ses bagages avec art

Publié par Didier Hugue, le 01 décembre 2011

MAROQUINERIE. Le fabricant d’articles de maroquinerie, qui centralise toutes ses activités à  Semur-en-Auxois, séduit les plus grands noms du luxe Made in France.

Son histoire révèle une véritable saga familiale.

Il réinvestit fortement sur ses différents sites industriels.

Cliquez sur les photos si vous souhaitez les agrandir.

Chez les Thomas, tout est toujours affaire de minutie lorsqu’ils évoquent leur métier de maroquinier. Pas question pour eux de livrer le moindre produit : sac, bagage, portefeuille, ceinture, bracelet…, à une clientèle composée des plus grands noms du luxe français, avec le plus petit défaut.

«Notre taux de rebut est inférieur à trois pour mille et encore, nous nous en apercevons avant la livraison», assure Yann Thomas (35 ans), l’arrière-petit-fils du fondateur, entré dans l’entreprise en 1999, après des études de commerce à Lyon, et aujourd’hui directeur commercial et des opérations.

Pourtant, tout aurait pu s’arrêter en 1991 avec la première guerre du Golfe lorsque le secteur du luxe s’effondre.

L’entreprise de Semur-en-Auxois (Côte-d’Or) frise alors le dépôt de bilan et ses banques la lâchent.

C’était sans compter sur la pugnacité de Thierry Thomas, le père de Yann, qui décide d’arrêter trois ans plus tard la marque propre de l’entreprise pour ne plus se consacrer qu’à de la sous-traitance haut de gamme.

Bonne pioche ! Son savoir-faire séduit et la croissance du fabricant prend alors une tournure exponentielle.

En 1994, il rachète une maroquinerie dans la Marne. En 1999, il en monte une à Saulieu, également en Côte-d’Or. Trois ans plus tard, il reprend un confrère du Pas-de-Calais, monte dans la foulée un atelier à Troyes et s’offre, courant 2005, une filiale au Vietnam, baptisée Armapex et dédiée à des articles moins élaborés.

Une forte politique d’investissement

Il est loin le temps d’Auguste Thomas qui, en 1937, crée sa petite affaire rue du Temple à Paris, se fâche avec son fils Auguste qui part s’installer en Côte-d’Or.

De cette implantation en 1971 est né un véritable groupe.

«Nous employons 1100 personnes en France, 200 au Vietnam et réalisons un chiffre d’affaires de 80 millions d’€», explique Yann Thomas.

Ce qui impressionne aussi tient à la forte politique d’investissement. Pas moins de 25 millions d’€ auront été investis dans les différents sites depuis 1994 et près d’une dizaine sont à venir en 2012.

Le programme concerne, entre autres, l’agrandissement du site de Saulieu  de 1 500 m2, celui du Vietnam (2000 m2) et la création nouvelle d’une plate-forme logistique à Semur-en-Auxois.

À cela s’ajoute un rééquipement en matériel de production plus performant : presses à découper, automates de piquage et machines à coudre.

En parcourant les différents ateliers de l’entreprise, on comprend mieux pourquoi le maroquinier fait la différence. Ici, on coupe, on filète, on teint, on assemble, on pique et on conditionne en aimant son travail.

«Nous n’avons pas de culture capitalistique car nous misons avant tout sur nos collaborateurs, notamment leur formation», confesse le dirigeant.

Article à lire aussi dans Entreprises & Performances, 16ième édition, magazine économique commun au journal le Bien Public et au Journal de Saône-et-Loire coréalisé avec les journalistes de Traces Écrites.

Crédit photo: Traces Écrites



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Côte-d'Or, luxe, maroquinerie, Maroquinerie Thomas, Yann Thomas, Thierry Thomas, Semur-en-Auxois

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