Marie-Guite Dufay, présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté : « Après Dijon Métropole, aucun territoire ne sera oublié »

Publié par Christiane Perruchot, le 28 mars 2018

AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE/BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ. C’est à travers des contrats de territoire que la Région Bourgogne-Franche-Comté va financer les projets des collectivités locales.
La première concrétisation de cette politique profite à la capitale régionale pour laquelle, vendredi 30 mars, les conseillers régionaux et les élus de Dijon Métropole vont simultanément voter un engagement de 50 millions d’€ de la Région sur le projet métropolitain.
Interview de la présidente Marie-Guite Dufay, présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté.

 

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Marie-Guite Dufay, président du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté avec François Rebsamen, président de Dijon Métropole, le 21 mars dernier, sur le campus de Dijon, lors de l'officialisation du projet de contrat. © David Cesbron.

 

• C’est avec Dijon Métropole que la Région Bourgogne-Franche-Comté concrétise le premier des contrats territoriaux régionaux baptisés “Cap Territoire Bourgogne-Franche-Comté”. Pourquoi ?

 

En tant que capitale de la région Bourgogne-Franche-Comté, Dijon est moteur de l’économie régionale et porte une dynamique qui rayonne sur l’ensemble de la région. C’est pourquoi le conseil régional accompagne les projets de la métropole sur les grandes lignes définies en 2016 dans la stratégie de mandat : renforcer l’économie et favoriser la création d’emploi, la transition énergétique, et la solidarité qui se traduit par le soutien aux entreprises de l’économie sociale et solidaire, à la culture, au sport…
Ce contrat donne corps à la construction des nouvelles collaborations entre Régions et Métropoles souhaitées par le législateur avec les lois Alur, Maptam et NOTRe qui leur donnent une responsabilité partagée dans le développement équilibré de leurs territoires.
Concrètement, sous réserve bien sûr de l’adoption ce vendredi 30 mars par les conseillers régionaux, simultanément avec les élus communautaires de Dijon Métropole, la région va accompagner le projet métropolitain à hauteur de 50 millions d’€, dont 20 millions pour l’enseignement supérieur.

Si l’officialisation du contrat a eu lieu le 21 mars dernier, à l’antenne de SciencesPo de Dijon après une visite de l’ESIREM (École supérieure d'ingénieurs de recherche en matériaux et en infotronique), cela exprime l’attachement de la Région au développement de l’Université de Bourgogne-Franche-Comté, de ses filières, de ses capacités de recherche et d’innovation et de  coopération avec les entreprises.

 

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© Y. Petit.

• Ce type de contractualisation va-t-il gagner d’autres territoires ?


Oui d’autres territoires vont bénéficier de l’accompagnement de leurs projets par la Région. Le cadre a été défini par le SRADDET [ schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires, ndlr ] “Ici 2050” qui dit vouloir favoriser la mise en réseau et la coopération au sein de l’arc métropolitain reliant le Creusot-Montceau à l’aire urbaine Nord Franche-Comté, en passant par Dijon et Besançon, là où se situent des sites universitaires.

Un contrat de développement métropolitain sera donc signé avec les grands pôles universitaires et urbains que sont : Besançon en juin pour une quarantaine de millions d’€, Belfort (environ 30 millions), Le Creusot (20 millions), y compris Chalon-sur-Saône avec sa cité du numérique.

Je rassure le président du Grand Chalon qui a rendu publiques ses craintes : aucun territoire ne sera oublié. Le soutien sans réserve de ces territoires évite que chacun d’entre eux ne tire seul de son côté ce qui serait contreproductif.

 

 

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• Légitimement les territoires ruraux et périurbains peuvent attendre la même sollicitude de la part de la Région. Qu'en sera t-il  ?


Tous les territoires – à l’échelle des Pays qui regroupent les intercommunalités me semblent la dimension la plus pertinente pour porter un projet structurant –, peuvent compter sur le soutien de la Région. Les acteurs locaux le savent, la Région veut tourner le dos à la politique de guichet et les aider à construire un projet plus global qui réponde aux attentes des citoyens.
Cela passe par de l’ingénierie territoriale [ ingénierie et études, ndlr ] pour monter des projets en phase avec nos priorités : la transition énergétique, l’attractivité et l’accueil de nouvelles populations notamment. Et par souci d’équité, les territoires les plus pauvres bénéficieront d’un soutien à l’investissement renforcé.
Au total, la Région a prévu 34 contrats “Cap Territoire” qui mobilisent 235 millions d’€ d’ici 2020, dont 80 millions d’€ de crédits d’investissements régionaux et 145 millions d’€ de fonds européens.

 

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Dijon Métropole porte plusieurs projets sur le campus de Dijon, dont l'implantation des écoles d'ingénieurs ÉSEO (électronique) et ESTP (travaux publics).© David Cesbron.

 

Les projets que la Région se propose de financer

dans l’agglomération de Dijon


Sur les 70 actions recensées dans le projet métropolitain, la Région va s’engager sur 38 projets représentant 150 millions d’€ d’investissement.


• Développement de l’enseignement supérieur pour 19,27 millions d’€, comprenant l’agrandissement de l’ESIREM (École supérieure d'ingénieurs de recherche en matériaux et en infotronique), l’extension du campus de Sciences Po, la création d’une école d’architecture, la création du campus de l’École spéciale des travaux publics, et de l’école d’ingénieurs ESEO (École supérieure d'électronique de l’Ouest).


• Soutien des grandes filières économiques pour 10 millions d’ € : agro-alimentaire (projet TIGA , Territoire d'Innovation de Grand Ambition sur l’autosuffisance alimentaire, réseau Foodtech), santé (création d’une plateforme de rééducation du futur au CHU François Mitterrand), soutien du projet ON Dijon (ville intelligente).


• Transition énergétique dans l’habitat pour 9,158 millions d’€ (rénovation de 2.000 logements et de copropriétés)
.

• Réhabilitation du Grand Théâtre.

• Soutien à la filière sportive avec la rénovation du site des Poussots, centre de formation du DFCO, club de football de Ligue 1.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Territoires

Mots-clés : développement économique, François Rebsamen, enseignement supérieur, Université de Bourgogne, aménagement du territoire, Marie-Guite Dufay, Bourgogne Franche-Comté, conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, Dijon Métropole, Cap Territoire Bourgogne-Franche-Comté

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