Lutz entre à fond dans la maison bois

Publié par Christian Robischon, le 05 septembre 2011

CONSTRUCTION. Patrick Lutz est comme ça, il n’aime pas que les choses traînent et il pense sans cesse au coup d’après.

Pour son entreprise familiale de sciage et charpente à Durlinsdorf (Haut-Rhin), la nouvelle étape consiste à prendre résolument le virage de la maison bois.

Fidèle à son tempérament, le dirigeant en a pris la décision «en un soir», en novembre 2009. «Je voulais que l’installation soit en route le 12 avril 2010, nous avons tenu le délai». Un nouveau hall de 2000 m2 dédié à la maison bois s’est donc érigé en un temps record, moyennant 2 millions d’€ d’investissements.

Pour ce projet-là pourtant, Patrick Lutz avait d’abord fait preuve d’une prudence inhabituelle chez lui. «Un collaborateur de l’époque m’avait parlé de la maison passive dès 2005. A ce moment-là, je n’y croyais pas, du moins pour s’y lancer à grande échelle. Mais j’avais dit que le jour où je sentirais le marché et que la volonté politique serait là pour booster le BBC, nous répondrions présents». Ce moment est arrivé, estime-t-il.

Lutz construisait depuis une quinzaine d’années 10 à 15 maisons bois par an, il est passé à 50 et vise à présent un rythme annuel de 80 à 100. L’ossature bois forme 80 % de son offre, complétée par des maisons en bois massif (poteaux-poutres) et à colombage, à l’ancienne.

La PME prolonge ainsi une diversification entamée il y a vingt ans, lorsque Patrick Lutz a pris progressivement les rênes de l’affaire fondée par son grand-père, puis son père. Muni d'un profil de technico-commercial, il pressentait que la scierie seule ne suffirait plus à assurer l’avenir.

La charpente en kit

L’entreprise s’est donc engagée dans la seconde transformation du bois collecté à 100 km à la ronde, puis traité et séché sur place.

Outre les palettes, elle s’est mise à fabriquer des abris de jardin, des garages et des préaux, des gloriettes, des planchers de terrasses… et donc des maisons. «Nous transformons tout le bois qui nous arrive», appuie Patrick Lutz.

La PME s’est lancée parmi les premières dans la charpente vendue en kit, aux professionnels ou aux particuliers. «Au début, les confrères charpentiers nous regardaient avec de drôles de yeux, certains ont refusé le produit. Aujourd’hui, ils nous en demandent. Et on sentait bien qu’avec les 35 heures et l’engouement croissant pour le bricolage, des gens seraient prêts à monter leur maison eux-mêmes», relate Patrick Lutz.

Cette spécialité du kit s’est perfectionnée avec un centre d’usinage numérique à la fin des années 1990. Et un bureau d’études interne de 5 ingénieurs et techniciens conçoit en 3D la forme futures de maisons.

Lutz conserve 60 % du bois scié pour son propre usage et vend le reste aux charpentiers. Elle propose ses maisons en kit, en clos couvert cloisonné ou prête à décorer, selon la demande du client.

La PME pré-monte les murs en atelier et propose d’y poser une isolation en fibre de bois. Celle-ci génère un surcoût de 6 à 7 000 euros pour une construction courante. «Nous tablions sur 20 % de taux d’acceptation, nous en sommes à près de 50 %. Les gens intègrent l’importance de l’isolation».

Un chiffre d'affaires en hausse de 45%

Miraculé de la vie – il a survécu à un grave accident de VTT il y a 7 ans – le dirigeant de 56 ans voit «chaque jour qui se lève comme un cadeau». Il transpose son optimisme à la vision d’avenir de son entreprise.

Le chiffre d’affaires de l’exercice clos le 30 septembre prochain atteindra 6 millions d’€, 45 % de plus que le précédent.

L’exercice 2008/09 s’était en revanche conclu en recul de quelques %, du fait de la crise économique. Mais l’entreprise est toujours restée bénéficiaire. Elle a embauché 7 personnes en 3 ans pour atteindre 45 salariés.

Depuis le Sundgau auquel elle reste fidèle, elle vend ses maisons sur tout le Grand Est et pour 10 % en Suisse. Elle commence aussi à lorgner vers autre chose que la maison individuelle : les équipements publics et surtout, objet de deux premiers marchés à Epinal (pour 600.000 €) et dans le Pays de Geix (Ain).

Crédit photos : Christian Robischon.

www.maisons-bois-lutz.fr

Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : bâtiment, Alsace, Haut-Rhin, filière bois, Lutz

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