Traces Ecrites News, le club
  • Anthalys
  • Myral
  • Les Canalous
  • Diamatec

L'Usine explore le modèle du coworking à Belfort

Publié par Pierre-Yves Ratti, le 04 mars 2014
 L'Usine a déjà hébergé une vingtaine d'entreprises individuelles en quatre ans.

L'Usine a déjà hébergé une vingtaine d'entreprises individuelles en quatre ans.

INNOVATION SOCIALE. Créée en 2010, L'Usine à Belfort a été le premier espace de coworking en Franche-Comté.

Environ 80 entreprises individuelles ont fait appel à ses services depuis sa création.

 L'objectif de son animatrice et créatrice, Émilie Castellano, est de transformer cette année l'association en  société coopérative.

Cliquer sur les photos pour les agrandir.

« Nous sommes une entreprise apprenante. Nous produisons de l'autonomie, de la coopération qui intègre chaque individu comme capable de générer des idées qui font évoluer la société. Une coopération éthique fondée sur la diversité, le contraste, l'intergénérationnel, sur la confiance en la jeunesse et sa capacité d'inventer, sur la confiance de nos aînés en leur expérience et leur savoir.»

C'est ainsi qu’Émilie Castellano définissait le rôle de L'Usine, à Belfort (Territoire de Belfort), lors de ses vœux pour 2014.

Premier implanté en Franche-Comté, cet espace de coworking est né voilà déjà quatre ans.

Consultante en graphisme, Émilie Castellano travaillait alors à domicile, tout comme Philippe Martin, le photographe avec qui elle collabore. La création de L'Usine a été sa façon de répondre à leur envie d'avoir un bureau, des échanges et de favoriser la mutualisation.

Le concept de coworking venait d’arriver à Paris, avec le lancement de La Cantine, dans le 3e arrondissement, sur un modèle créé aux États-Unis en 2006.

Pour lancer L'Usine à Belfort, elle décide de le faire à travers une association, créée le 7 janvier 2010. Pour affiner le projet, elle consulte pas moins de 70 partenaires issus de tous les domaines, pour leur demander « Comment imaginez-vous L'Usine ». Dix mois plus tard, le 5 octobre, L'Usine était lancée.

La structure héberge (sans toutefois proposer de domiciliation) des entreprises individuelles ou des start-up en leur louant un bureau à l'année et loue ponctuellement des bureaux ou des salles de réunions aussi bien à des entreprises que des associations.

Parfois même à des demandeurs d'emploi, pour une journée, afin de rester dans le rythme et l'habitude du travail.

 Émilie Castellano a créé L'Usine, au Techn'hom de Belfort, en 2010.

Émilie Castellano a créé L'Usine, au Techn'hom de Belfort, en 2010.

Un projet d'imprimante 3D à moins de 100 €

Environ 80 entreprises ont été accueillies à L'Usine en quatre ans ; une vingtaine ont été hébergées.

Actuellement, L'Usine accueille un architecte, un développeur Web, un graphiste, une consultante RH, une illustratrice, un coach en organisation, un musicien qui travaille sur un projet de cloud, etc.

Autant de profils, de compétences, de générations qui forment un ensemble à la fois convivial et intellectuellement bouillonnant.

L'endroit accueille aussi des événements innovants, comme  ce « hacker space » qui réunit des étudiants, des ingénieurs et des chercheurs qui réfléchissent à des projets innovants : en ce moment est en train de germer un projet d'imprimante 3D à moins de 100 €.

Au-delà de l'aspect convivial, cet espace de coworking est aussi un lieu de réflexion sur le travail et le sens qu'on lui donne, tout en gardant une certaine lucidité.

« Nous sommes des utopistes réalistes, explique Émilie Castellano. Pour nous, organiser le travail, ce n'est pas conjuguer des intérêts individuels. Mais en même temps, on est conscients des limites du projet. Par exemple, on ne peut pas forcer les gens à coopérer. On sait aussi que l'on vit dans un monde où il faut gagner de l'argent ; il faut vivre avec cet état de fait. »

De l'association à la société coopérative

Pour se lancer, L'Usine a bénéficié d'aides du conseil général du Territoire de Belfort, de la fondation Macif pour l'innovation sociale, du Feder (fonds européens), de la Sempat (société patrimoniale du Territoire de Belfort).

Son budget annuel est de 60 000 € (fonctionnement + salaires).

« On arrive au bout du modèle, explique Émilie Castellano. Au départ, on fonctionnait avec 70% de fonds publics. En 2013, on est parvenu à 50/50. En 2014, on vise les 60/40 pour parvenir ensuite à l'autonomie complète. »

2014 sera aussi l'année du changement de structure.

L'association est vouée à devenir une société coopérative animée par trois collèges de gouvernance : les usagers, les membres fondateurs et un troisième collège d'experts, issus du monde philosophique, scientifique, artistique.

Ce dernier collège est destiné à garantir le recul nécessaire pour préserver le côté brainstorming.

Toujours dans l'idée d'imaginer de nouvelles façons de travailler, d'inventer de nouvelles méthodes de management horizontal, basé sur la mise en commun de l'intelligence.

Lieu de travail, L'Usine est avant tout un espace collaboratif où l'on réfléchit au sens que l'on donne à ce travail.
Lieu de travail, L'Usine est avant tout un espace collaboratif où l'on réfléchit au sens que l'on donne à ce travail.

Infos pratiques

L'Usine est installée au Techn'hom de Belfort (ancien site Bull), au 6 rue de l’Étang.

Une location de bureau pour une entreprise individuelle est de 200 € HT par mois. Les tarifs pour les salles s'échelonnent de 20 € pour 1 h à 180 € la journée.

Crédit photos : Pierre-Yves Ratti.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Innovation

Mots-clés : Territoire de Belfort, Franche-Comté, Belfort, techn'hom, SCOP, L'Usine, Émilie Castellano, coworking

Découvrez également les articles associés :

Connu pour ses moulins à poivre, Peugeot Saveurs déploie une ambitieuse stratégie de marque sur une gamme élargie d’objets culinairesConnu pour ses moulins à poivre, Peugeot Saveurs déploie une ambitieuse stratégie de marque sur une gamme élargie d’objets culinaires
Trentenaire au mieux de sa forme, LCR (Les Constructeurs Réunis) tisse sa toile dans le quart nord-estTrentenaire au mieux de sa forme, LCR (Les Constructeurs Réunis) tisse sa toile dans le quart nord-est
Pourquoi le franc-comtois Omedec rachète la chaudronnerie Lhermite en Haute-MarnePourquoi le franc-comtois Omedec rachète la chaudronnerie Lhermite en Haute-Marne
La maison alsacienne de foie gras Feyel & Artzner se diversifie dans les plats cuisinés et monte en gammeLa maison alsacienne de foie gras Feyel & Artzner se diversifie dans les plats cuisinés et monte en gamme

Commentez !


Combien font "8 plus 8" ?

Envoyer votre commentaire