Traces Ecrites News, le club
  • CLEIA
  • EDC
  • Rougeot
  • Hotel La Cloche

Lornet dévoile à Besançon sa marque horlogère made in France

Publié par Monique Clémens, le 09 novembre 2016

HORLOGERIE/DOUBS. D’abord la conception du mouvement, par un jeune horloger lassé des mouvements suisses que l’on retrouve dans toutes les montres.

Ensuite un design pour l’habiller. Puis des entreprises partenaires pour réaliser l’ensemble.
C’est l’histoire de trois jeunes bisontins qui voulaient réinventer l’horlogerie à la française, en assurant à Besançon conception, fabrication et assemblage, et qui viennent de dévoiler leur marque et leur premier modèle, la LA-01.

 

lornetequipe
De gauche à droite : le designer Mikael Bourgeois, l’horloger et fondateur Anthony Simao, et le technico-commercial Benoît Monnet.

 

Le lancement a eu lieu en face de chez Reparalux, hier soir à Besançon, rue Jacquart. La nouvelle marque horlogère Lornet avait organisé là son cocktail de lancement – où 200 personnes étaient attendues – au Lounge Bar, pile en face du parc Alpia.

 

Une coïncidence. L’atelier Reparalux vient de lancer ses propres montres, de marque Humbert-Droz (voir article suivant), les trois associés de Lornet viennent de faire de même en s’appuyant sur un plan de communication bien huilé qui a maintenu le suspens jusqu’à hier soir.

 

Seule la presse avait pu voir le petit bijou de mécanique horlogère hier matin, lors d’un petit déjeuner de presse : la LA-01, une montre de forme tonneau, en acier et aluminium, au mouvement apparent et unique et, last but not least, véritablement conçue, fabriquée et assemblée en France.

 

« Mon projet, c’était une belle montre où la mécanique serait visible et, dans l’idéal, de faire du Made in France », explique Anthony Simao, horloger et fondateur. « Le balancier est à midi et les aiguilles viennent le frôler, cela ajoute à l’impression de profondeur et c’est ludique. La mécanique est mise en avant. On n’a pas réinventé l’horlogerie, on a juste cherché à l’embellir », ajoute-t-il.

 

En attendant le poinçon à tête de vipère

 

lornetmouvement
Le mouvement.

 

Son idée de Made in France a bien plu à Arnaud Montebourg, de passage à Besançon le 24 octobre, auquel le trio bisontin a présenté son bébé. Un dossier d’homologation « origine France garantie » est d’ailleurs en cours pour la fabrication de leur montre.

 

De même qu’un autre, pour le poinçon à tête de vipère délivré par l’Observatoire de Besançon, qui avait relancé cette activité de certification il y a quelques années pour la marque suisse Leroy, lorsqu’elle s’était réinstallée à Besançon… avant d’en repartir. L’ancienne capitale horlogère n’en finit pas de vouloir renouer avec ce riche passé.

 

Après les Silberstein, Utinam, Leroy, Muller, SMBDodane puis tout récemment Humbert-Droz, Lornet poursuit donc l’aventure. Lornet, c’est le patronyme de la mère d’Anthony Simao, un horloger constructeur de 25 ans, formé au lycée Edgar Faure de Morteau (Doubs), qui avait créé sa propre entreprise de sous-traitance horlogère en Suisse en 2013 – Artime, qu’il pilote toujours –, et qui avait envie de revenir à Besançon, sa ville natale.

 

Pour lui qui visait une fabrication 100% française, le nom sonnait bien et, sur le logo, le « L » symbolise joliment les aiguilles, la petite et la grande.


Bannière Traces Ecrites Lancement Site LCR_ ac fond

 

Son mouvement, il avait commencé à y penser dès l’école horlogère. Mais, il y a deux ans, après s’être formé au SAV de Breitling, à Besançon, puis à la manufacture Renaud & Papi (Audemars-Piguet), au Locle (Suisse), il y a pensé un peu plus fort, et son projet s’est véritablement mis en place il y a un an.

 

Anthony Simao a embarqué avec lui le designer horloger Mikael Bourgeois, 39 ans, un autre bisontin formé à Morteau, lui aussi, et co-créateur, en 1999, du bureau d’études Novodess, où il a contribué à la création de plus de 450 modèles pour Zenith, Bell & Ross, Chanel, Pequignet, Hermès…


Le troisième homme de Lornet est Benoît Monnet, un Dijonnais de 22 ans devenu bisontin, passionné de mécanique, et qui assure à temps plein désormais toute la partie technico-commerciale de la petite entreprise.

 

158 composants pour chacune des 100 montres de cette première série

 

lornetmontre
Un mouvement apparent.

 

Les trois hommes se sont associés au sein d’une SAS. Lornet dispose de petits locaux sur le technopole Temis, où sont assemblées les 158 composants de chacune des 100 montres de cette première série – assemblage assuré pour l’instant par son créateur, Anthony Simao.

 

Pour le reste, en attendant d’intégrer peu à peu une partie de la production, si le projet se développe bien, Lornet s’est constitué un réseau de partenaires locaux : Créatech (Besançon) pour les boîtiers et composants du mouvements, Cheval Frères (Besançon) pour les couronnes, Jacquemin (Cramans, dans le Jura) pour les écrins en bois faits main, Novodess (Morteau) pour le design, Verlux (Morteau) pour les verres de saphir inrayables et Créations Perrin (Orchamps-Vennes) pour les bracelets en alligator faits main et inédits.

 

« Notre objectif, à terme, c’est bien de réindustrialiser la fabrication », explique Benoît Monnet. « Nous sommes en discussion avec la ville de Besançon pour des locaux plus grands. Mais nous n’en sommes qu’au début, il y a encore une grande part d’inconnu, nous n’avons pas encore de planning. »


pub-gif-juin-v10

 

Dans les éléments de langage du dossier de presse figure le mot « transparence », qui évoque la vérité sur la fabrication de cette première montre : le nom de ses sous-traitants et une conception, une fabrication et un assemblage réalisés à 80% à Besançon et ses alentours.

 

Les exceptions à la règle du 100% français concernent l’échappement, le barillet et les inverseurs, des pièces maîtresses pour l’instant introuvables en France. Mais Lornet n’a pas dit son dernier mot !

 

La LA-01 affiche une réserve de marche de 48 heures, est étanche jusqu’à 50 mètres et n’est vendue « que » 5.400 euros. « Un prix accessible par rapport aux marques suisses et pour ce type de prestation », assure Mikael Bourgeois.

 

Dans un premier temps, et pour rester dans cette gamme de prix, les montres Lornet seront en vente sur Internet. En attendant de trouver des boutiques partenaires et pas trop gourmandes…



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Doubs, horlogerie, made in France, montres, Bourgogne Franche-Comté, Lornet, observatoire de Besançon, Anthony Simao

Découvrez également les articles associés :

Connu pour ses moulins à poivre, Peugeot Saveurs déploie une ambitieuse stratégie de marque sur une gamme élargie d’objets culinairesConnu pour ses moulins à poivre, Peugeot Saveurs déploie une ambitieuse stratégie de marque sur une gamme élargie d’objets culinaires
Trentenaire au mieux de sa forme, LCR (Les Constructeurs Réunis) tisse sa toile dans le quart nord-estTrentenaire au mieux de sa forme, LCR (Les Constructeurs Réunis) tisse sa toile dans le quart nord-est
Pourquoi le franc-comtois Omedec rachète la chaudronnerie Lhermite en Haute-MarnePourquoi le franc-comtois Omedec rachète la chaudronnerie Lhermite en Haute-Marne
La maison alsacienne de foie gras Feyel & Artzner se diversifie dans les plats cuisinés et monte en gammeLa maison alsacienne de foie gras Feyel & Artzner se diversifie dans les plats cuisinés et monte en gamme

Commentez !


Combien font "2 plus 4" ?

Envoyer votre commentaire