Les serres connectées de l’alsacien Myfood bientôt en phase d’industrialisation

Publié par Julie Giorgi, le 08 février 2018

INNOVATION/BAS-RHIN. Créée en 2016, la start-up Myfood, installée depuis quelques mois à Molsheim, près de Strasbourg, propose des serres connectées alliant les techniques de permaculture et d’aquaponie.
L’entreprise qui a déjà vendu ses serres dans sept pays européens sous forme de prototypes passe cette année à l’industrialisation et la commercialisation de ses solutions. Elle envisage une nouvelle levée de fonds de plus d’un million d’€.

 

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Installation sur un toit d'immeuble. © Myfood.

 

L’ambition de Myfood : fournir des serres connectées clé en main équipées de tours de culture verticales à tous ceux qui souhaitent produire leur propre alimentation. L’entreprise y parvient en utilisant la permaculture qui favorise un sol vivant sans engrais chimique et l’aquaponie qui associe l’élevage de poissons et la culture de végétaux. Une serre de 22 m2 produit entre 200 et 400 kg de légumes par an, de quoi nourrir une famille de quatre personnes.

 

L’aventure Myfood a démarré au POC 21, un camp d’innovation pour répondre au défi de la transition énergétique, organisé en 2015 dans les Yvelines. Le projet a été sélectionné parmi douze projets internationaux. Lors de cet événement, une communauté de « pionniers » a pu se former et tester les serres connectées.

 

« Cela nous a permis d’évoluer. Nous étions très portés sur la productivité de nos serres, mais grâce au retour de nos utilisateurs, nous nous sommes aperçus que nos serres s’intégraient aussi dans un lieu de vie, les personnes y aménageaient des petits salons, des tables, des chaises… Du coup, nous avons pris en compte cet élément », note Mickaël Gandecki, l’un des trois cofondateurs de Myfood.

 

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Voyant le concept validé par les pionniers et les premiers tests concluants, la société est créée en janvier 2016. Depuis cette date, 70 serres ont été déployées dans sept pays (France, Belgique, Luxembourg, Suisse, Allemagne, Espagne, Tunisie) auprès de particuliers, de restaurateurs, d’entreprises, de collèges, d’écoles d’ingénieurs, etc.

 

Les particuliers représentent 60% des utilisateurs, et les professionnels et établissements publics 40%. Chaque client reçoit un kit de démarrage avec des graines bios. Il est accompagné dans le choix de ses plantations et dans la gestion de sa serre grâce à une application gratuite.


En 2017, Myfood a réalisé un chiffre d’affaires de 500.000 €. Cette année, elle souhaite atteindre 1,5 million. Mickaël Gandecki est confiant : « Nous disposons d’un meilleur suivi commercial et nous avons la masse critique pour passer à la phase d’industrialisation », assure-t-il. Avec sept salariés, la société est désormais en mesure de répondre aux demandes de plus en plus nombreuses.

 

Tripler le chiffre d’affaires en 2018

 

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Myfood utilise la permaculture qui favorise un sol vivant sans engrais chimique et l’aquaponie qui associe l’élevage de poissons et la culture de végétaux. © Julie Giorgi.

 

Jusqu’à présent les serres étaient commercialisées en tant que prototypes avancés et Myfood envoyait systématiquement un installateur ou une personne de son équipe pour monter la serre chez le client. Dans les mois qui viennent, l’objectif est de fournir un produit normé que le client peut monter et installer lui-même.

 

L’entreprise propose deux formats de serres : une serre de 22 m2 vendue 7.990 € TTC livraison comprise et une serre de 3,5 m2 vendue 4.190 € TTC. Elle propose également une tour verticale de balcon qui utilise la bioponie (des nutriments bio).

 

A partir du 24 février procain, Myfood présentera ses solutions et son écosystème au Salon de l’agriculture à Paris pour la troisième année consécutive. En mars, la start-up démarre un projet avec la Banque publique d’investissement (Bpifrance) pour la création de fermes urbaines. L’idée consiste à doubler les dimensions des serres pour les personnes qui souhaitent les utiliser à des fins commerciales.

 

LCR

 

Après une première levée de fonds d’un million d’€ en septembre 2017, qui lui a permis de s’installer dans les locaux actuels à Molsheim, l’entreprise envisage une nouvelle levée de fonds de plus d’un million d’€. Peut-être pour améliorer encore davantage la structure des serres ou pour s’implanter en Suisse et en Allemagne.

 

« Nous avons beaucoup de demandes dans ces deux pays. Ils sont plus matures que nous sur les questions écologiques et développement durable », fait remarquer Mickaël Gandecki. Mais rien n’est encore figé. En revanche, l’esprit de partage, d’échange et de transparence qui a animé l’aventure Myfood depuis ses débuts ne disparaîtra pas. L’entreprise continue de mettre à disposition les codes sources de ses développements spécifiques et le contenu de ses études sont publiées en open source.

 

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La culture en serre pet donner lieu à la création d'un coin de détente. © Myfood.

 

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© Julie Giorgi.

Qui est Mickaël Gandecki ?

 

Diplômé de l’École nationale supérieure de l'électronique et de ses applications (ENSEA) à Cergy-Pontoise, Mickaël Gandecki, 31 ans, a été consultant IT (informatique) pour la finance et l’industrie pendant 10 ans au Luxembourg.

 

Avec Johan Nazaraly, 30 ans et Matthieu Urban, 35 ans, il fonde Myfood en 2016 sur des valeurs communes : le développement durable, l’accès à une alimentation de qualité et les technologies open source (libre redistributuion).

 



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Innovation

Mots-clés : Grand Est, Strasbourg, Bas-Rhin, levée de fonds, Bpifrance, Myfood, Mickaël Gandecki, agriculture urbaine, permaculture, aquaponie

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2 réponse(s) à "Les serres connectées de l’alsacien Myfood bientôt en phase d’industrialisation"

  1. Etiennedit :

    Dans l'idéologie, oui certes. Il s'agit d'échapper à la bouffe chimique, de minimiser le recours à la grande distribution, de ne pas passer tout son temps affalé devant la télévision... Bref de se reprendre en main. Ça ne se discute donc pas en terme d'amortissement mais bel et bien en terme d'humanité.

  2. Jean-Louis Syrendit :

    Permettez-moi d'être dubitatif s'agissant de ce mode de culture! Pour plusieurs raisons: c'est assez moche, ça prend une place folle sans parler du coût de la serre (combien d'années pour l'amortir?). A notre avis on est ici plus dans l'idéologie que dans le raisonnable. Mais enfin si cela permet à certains de suivre les "enseignements" de gourous comme Pierre Rabhi pourquoi pas! Mais qu'ils ne s'attendent pas à des miracles.

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