Les salariés de Barry Callebaut Dijon s’inquiètent de leur avenir

Publié par Didier Hugue, le 10 janvier 2012

AGROALIMENTAIRE. Nous avons souhaité revenir sur l’information donnée par notre confrère Le Bien Public (*) quant au sort incertain de l’usine qu’exploite le groupe suisse Barry Callebaut à Dijon.

Mis en vente en 2008, juste après son rachat un an plus tôt à un autre Suisse : Nestlé, ce site qui emploie 309 personnes serait, selon le syndicat CGT, totalement sous-exploité.

Et personne ne se bousculerait pour le reprendre mise à part un fabricant de confiserie. Une information cependant non confirmée et non recoupée.

Tenu dans une totale l’ignorance, le comité d’entreprise vient de déclencher un droit d’alerte et en appelle aux élus locaux.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

L’usine dijonnaise du groupe helvétique Barry Callabaut, numéro un mondial des fabricants de produits à base de cacao et de chocolat (3,6 milliards d’€ de chiffre d’affaires), rachetée à Nestlé en juillet 2007 avec à l’époque 440 salariés, vivrait des jours difficiles.

En vente depuis 2008, avec mandat donné à Rabobank France (ndlr : filiale de la banque néerlandaise éponyme) de trouver un repreneur, elle tournerait à la moitié de sa capacité.

«Nous sommes dimensionnés pour produire près de 50 000 tonnes annuelles, alors que nous n’en sortons que 23 000, dont 10 000 tonnes de produits consommateurs et 13 000 tonnes de chocolat liquide et préparations pour les professionnels : praliné, crèmes glacées et noisettes grillées», explique Pierre Griset, délégué syndical CGT.

En fin d’année dernière, l’usine a bien bénéficié d’un investissement pour ce type de préparations, sous la forme d’une ligne de production, mais il ne s’agit que d’un petit atelier de 3 000 tonnes occupant 6 personnes.

Cette sous-exploitation de l’outil industriel se double d’une ignorance totale des salariés quant aux tractations engagées pour trouver un repreneur.

«Nous sommes tenus au courant de rien, si ce n’est d’avoir constaté deux à trois visites, et ce malgré nos nombreuses demandes formulées en comité d’entreprise», assure le syndicaliste.

D'une source non officielle et non recoupée, un candidat spécialisé dans la confiserie pourrait être intéressé.

Sous-traitance dégressive avec Nestlé

Reste que cette situation de flou pour un site qui emploie aujourd’hui 309 personnes, suite au plan social de 2009 ayant conduit à la suppression d’une centaine de postes -45 départs volontaires, 41 mesures d’âge et 13 licenciements secs-, vient de conduire le comité d’entreprise à lancer un droit d’alerte.

«Nous attendons également un rendez-vous avec François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon et président de la communauté d’agglomération du Grand Dijon», précise la secrétaire du comité.

Spécialisé dans les produits industriels, le Suisse Barry Callebaut vend principalement à l'industrie agroalimentaire et aux professionnels : chocolatiers, confiseurs, pâtissiers, boulangers, restaurants…

En reprenant cette unité, le fabricant a hérité de produits finis pour le consommateur : barres chocolatées, tablettes, chocolats présentés en boîte…, dont une grande partie du volume (8000 tonnes en 2011) dépend toujours de Nestlé par le biais d’un contrat. Or, ce dernier est dégressif de 1000 tonnes par an et prendra fin en 2014.

Barry-Callebaut a, en outre, cédé l’été dernier au Belge Baronie sa division spécialisée dans les chocolats grand public, mais à l’exception du site dijonnais dont il n’aurait pas voulu.

Sollicitée à de nombreuses reprises, la direction de l’usine dijonnaise n’a pas souhaité répondre directement à nos questions. Elle renvoie sur un cabinet de communication parisien qui assure seulement d’une «bonne visibilité pour les 12 à 18 prochains mois». Sans autre précision...

(*) Lire aussi l'article de Berty Robert : http://www.bienpublic : Qui veut de Barry Callebaut ?

Crédit photos : Traces Écrites



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Dijon, agroalimentaire, Barry Callebaut, droit d'alerte, Nestlé, produits chocolatés, cacao, chocolat

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1 réponse(s) à "Les salariés de Barry Callebaut Dijon s’inquiètent de leur avenir"

  1. DUC DE FLANDRESdit :

    Nous avons subi la fermeture, racheté par BARONIE, alors tenez bon et mettez vos atouts en valeur.

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