Les foies gras d’Alsace Lucien Doriath visent le label issu de l’agriculture biologique

Publié par Julie Giorgi, le 22 décembre 2016

AGROALIMENTAIRE/ BAS-RHIN. A Soultz-les-Bains dans le Bas-Rhin, le producteur de foie gras de canard Lucien Doriath vise le label « issu de l’agriculture biologique ».
Pour envisager sereinement l’investissement dans une nouvelle unité de production, il y a trois ans, la PME n’a pas pu faire l’impasse sur la grande distribution. La vente directe reste néanmoins son principal débouché.

Très bien implantée en Alsace, la maison familiale souhaite percer dans l'hexagone et en Europe.

 

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Le laboratoire de transformation agrandi il ya trois ans.

 

L’histoire de la maison Lucien Doriath, spécialisée dans le foie gras gras et la viande de canard de Barbarie est une affaire de passionnés. Une histoire familiale aussi, qui se transmet de père en fils. Mickaël a pris la relève de son père en 2009 et s’attache à perpétuer un savoir-faire.

 

L’an prochain, la petite entreprise de Soultz-les-Bains (Bas-Rhin) fête son 30e anniversaire. Maison Doriath a bien grandi : elle compte aujourd’hui une boutique, un restaurant, un laboratoire, une boutique en ligne et un espace séminaires.

 

Elle qui à ses débuts, en 1987, engraissait et transformait entre 30 et 40 canards par semaine, voit aujourd’hui passer dans son laboratoire entre 450 et 550de ces bêtes à plumes.

 

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Lucien Doriath emploie 20 salariés (5 personnes ont été embauchées depuis 3 ans) et réalise un chiffre d’affaires de 2,1 millions d’€. Cette année, elle vise les 2,3 millions.


« Depuis 5-6 ans, nous enregistrons une croissance de 10% par an », assure Mickaël Doriath. L’objectif du dirigeant est d’augmenter encore les volumes pour réaliser des gains de productivité, mais tout en continuant à proposer des produits de qualité.

 

Il s’agit d’amortir le nouvel outil de production et de transformation dont s’est doté l’entreprise en 2014 : 3,5 millions d’€ investis dans l’agrandissement et la modernisation de l'unité de gavage, d’abattage et de transformation. Désormais, chaque année, pas moins de 25.000 canards passent entre les murs de l’entreprise.

 

Obtenir l’appellation « issu de l’élevage biologique »

 

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Une histoire familiale : père et fils dans la boutique à Soultz-les-Bains. © Julie Giorgi.

 

La société n’a pas pour ambition de devenir un industriel du canard, elle souhaite garder son esprit artisanal et la traçabilité complète de tous ses produits. Parmi les objectifs qu’elle s’est fixés, figure l’obtention du label « issu de l’agriculture biologique » pour sa filière d’élevage.

 

Depuis environ 5 ans, une filière d’élevage a été mise en place avec 4 éleveurs alsaciens (trois dans le Bas-Rhin et un dans le Haut-Rhin) dans le but d’obtenir le label bio d’ici à 5 ans.

 

L’autre fer de lance de la maison Doriath est l’innovation. Chaque année, les cuisiniers et les dirigeants de l’entreprise s’emploient à proposer une dizaine de nouveautés. Pour ce Noël, le millefeuille de foie gras et la réédition du pâté Claus, une recette originale de 1778.

 

Aujourd’hui, la gamme comprend environ 85 produits à base de canard (saucisses, pâté en croûte, aiguillettes, etc.). L’entreprise tient à valoriser tout l’animal : non seulement le foie gras, mais aussi les magrets, les cuisses, les gésiers, la graisse… Les ventes doivent respecter cet équilibre de matières.

 

Service de livraison express de produits frais

 

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Chaque année, la PME lance de nouvelles recettes. Ici, le millefeuille pour Noël 2016.

 

La plus grande part du chiffre d’affaires est réalisée en vente directe et la vente aux restaurateurs. La grande distribution et les épiceries représentent moins d’un quart du chiffre d’affaires (400.000 €) et l’export 200.000 €, surtout en Allemagne, en Italie et au Benelux.

 

Jusqu’en 2012, ses produits n’étaient pas présents dans les rayons de la grande distribution, mais pour envisager sereinement l’investissement dans la nouvelle unité de production, le spécialiste du foie gras de canard n’a pas pu faire l’impasse sur ce débouché.

 

« Ce sont les seuls canaux de vente à pouvoir garantir du volume toute l’année », fait remarquer Mickaël Doriath. Aujourd’hui la marque Doriath est présente dans toutes les enseignes de la grande distribution en Alsace et elle possède un agent commercial dédié à ce secteur.

 

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Grâce notamment à ce canal de distribution, la PME familiale est parvenue à limiter la saisonnalité de son chiffre d’affaires. Elle réalise seulement 35% de son activité entre novembre et décembre. Hormis janvier qui est très calme, les autres mois de l’année sont réguliers.

 

Afin de poursuivre son développement commercial, la Maison Doriath mise beaucoup sur le service Chronofresh, proposé depuis un an par Chronopost. Il s’agit d’un service de livraison express de produits frais garantissant le respect de la chaîne du froid.

 

« Cela nous donne la possibilité de livrer partout en France. Et demain, ce sera possible dans toute l’Europe », s’enthousiasme Mickaël Doriath. Dans un futur proche, le jeune dirigeant aimerait également créer un musée du foie gras, et agrandir la boutique et le restaurant.

 

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Mickaël Doriath, la relève. © Julie Giorgi.

Qui est Mickaël Doriath ?


Diplômé de l’école de commerce de Nancy, Mickaël Doriath, 32 ans, a d’abord fait ses classes au service marketing chez Joker à Sarre-Union (Bas-Rhin), puis il a travaillé dans l’importation de vins aux Etats-Unis.
C’est en 2009 qu’il prend les rênes de l’entreprise familiale, à la suite de son père. Les statuts de l’entreprise évolueront dans 2 ou 3 ans pour l’officialiser en tant que dirigeant.
Mais Mickaël Doriath n’est pas pressé. « La transition s’effectue en douceur », affirme-t-il.

 

 

Le foie gras d’Alsace, petite production mais grande renommée dans l’Est.

 

En Alsace, la production de foie gras est dominée par deux industriels : Feyel-Artzner et Georges Brück (tous deux transforment des foies provenant des pays de l’Est) qui représentent 90% de la production. Une vingtaine d’éleveurs fermiers produit les 10% restants.

L’Alsace représente seulement 2% de la production nationale de foie gras. Le Grand Ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes) assure 26% et le Sud-Ouest (Aquitaine, Limousin, Auvergne et Midi-Pyrénées) produisent la plus grande part avec 72%.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : agroalimentaire, Grand Est, Bas-Rhin, élevage, Lucien Doriath, Maison Doriath, Soultz-les-Bains , foie gras, agriculture biologique, foie gras d'Alsace

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1 réponse(s) à "Les foies gras d’Alsace Lucien Doriath visent le label issu de l’agriculture biologique"

  1. arnaudit :

    Il est difficile à savoir ce que vise l'entreprise; le foie gras ne pourra pas être BIO car le règlement de l'agriculture biologique interdit le gavage des animaux par des raisons du respect du bien-être animal, une des bases de ce type d'agriculture. Un coup de pub?

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