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Anne Parent, marraine des Trophées des Femmes de l'Économie en Bourgogne-Franche-Comté : « Les femmes sont trop modestes et discrètes »

Publié par Christiane Perruchot, le 22 septembre 2017

FEMMES/BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ. Viticultrice dans le prestigieux vignoble de Pommard (Côte-d’Or), Anne Parent est la marraine des Trophées des Femmes de l’Économie en Bourgogne-Franche-Comté dont la clôture des candidatures est fixée au 1er octobre 2017.
Le choix du groupe Idecom, organisateur de cette première édition, comme de celles - plus anciennes - du Grand Est, est pertinent : il n’y a pas si longtemps, les femmes n’étaient pas les bienvenues dans les vignes comme dans les cuveries.

 

 

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Anne Parent dirige un domaine et une société de négoce à Pommard, dans la Côte de Beaune.


• Pourquoi être la marraine de la 1ère édition des Trophées des Femmes de l’Économie en Bourgogne-Franche-Comté ?

 

D’abord parce que c’est la première édition en Bourgogne-Franche-Comté et que cette région est la dernière à emboîter le pas à toutes les autres. Il y a donc un challenge pour qu’elle soit une pleine réussite. J’invite les cheffes d’entreprise qui ne l’ont pas encore fait à poser leur candidature [ Cliquez sur ce lien ].

 

Mon message ? Il faut oser, enfoncer des portes ouvertes, car les femmes sont souvent beaucoup trop modestes et discrètes. Je connais bien le tissu économique régional, il y a un vivier extraordinaire de talents féminins dans tous les domaines d’activité, y compris dans l’industrie.

 

• Racontez-nous votre parcours.

 

J’ai repris le domaine familial situé à Pommard il y a 20 ans avec ma soeur Catherine. Nous sommes la 12ème génération ! J’avais alors presque 40 ans. Ceci pour vous dire que je n’étais pas prédestinée depuis toute petite à devenir viticultrice même si j’ai toujours aimé cet environnement.

 

Mais la vie l’a voulu ainsi et les diplômes que j'avais préparés m’ont aidé à reprendre le flambeau de mes parents [ Un master du CFPPA de Beaune, un certificat de dégustateur professionnel d´analyse sensorielle, un Diplôme de Technicien en Œnologie, Ndlr ].

 

Je suis présidente de la SAS qui gère à la fois un domaine et une société de négoce. J’assure la partie technique du métier, notamment la vinification, la gestion courante et la commercialisation à l’export ce qui me conduit à parcourir le monde, en particulier les Etats-unis et l’Asie.

 

Ma soeur Catherine se charge de la commercialisation en France et en Europe. Mais toutes les grandes décisions et les orientions stratégiques sont prises à deux.

 

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Le trophée des Femmes de l'Economie qui sera remis à la cérémonie au Chateau de Meursault (Côte-d'Or) le 14 novembre 2017.

• Deux femmes à la tête d’un domaine, est-ce que cela signifie que le milieu du vin, très masculin voire machiste, évolue ?

 

Ces dix dernières années, on a constaté une féminisation de la profession, en Bourgogne comme dans tous les vignobles d’ailleurs. De plus en plus de femmes gèrent des domaines, sont oenologues, sommelières… Les jeunes filles sont de plus en plus nombreuses à préparer des diplômes dans les lycées viticoles. Et elles sont douées dans les métiers techniques, là où autrefois elles n’étaient pas acceptées.


Rappelons nous que les femmes étaient même interdites de cuverie sous prétexte, selon la croyance populaire, qu’en raison de leur cycle menstruel, elles pouvaient faire tourner le vin ! Les transmissions de domaines s’effectuaient toujours de père en fils, et si le vigneron n’avait que des filles, on les mariait avec un viticulteur.


Donc les mentalités évoluent. Et des pionnières en Bourgogne ont servi la cause des femmes - et je précise, sans relent féministe -. Je peux citer Lalou Bize-Leroy qui géra le fameux domaine de la Romanée-Conti, Anne-Claude Leflaive, pionnière de la biodynamie en Bourgogne, Nadine Gublin, première femme meilleure oenologue ou encore Ludivine Griveau, aujourd’hui à la tête du domaine des Hospices de Beaune !

 

Ecole des vins

 

• Néanmoins vous avez ressenti le besoin de créer une association de femmes de la viticulture en Bourgogne. Dans quel but ?

 

J’ai effectivement créé en 2000 l’association Femmes et Vins de Bourgogne sur un constat partagé avec d’autres viticultrices, que les femmes avaient une place de plus en plus importante dans le milieu du vin et surtout une approche différente qu’il fallait faire savoir.


anneparenthautL’association compte une quarantaine de viticultrices de Côte-d’Or, de Saône-et-Loire et de l’Yonne et ensemble, elles partagent des problématiques quotidiennes de gestion, de technique, dans les vignes et en cuverie.

 

Ses membres peuvent aussi mutualiser les coûts pour des opérations à l’export.


Preuve que les femmes ont besoin de se serrer les coudes, il existe maintenant des associations dans tous les vignobles, fédérées au niveau national dans le Cercle Femmes de Vin.

 

 

Relire notre article sur une association de viticultrices en Champagne : l'histoire de Fa'Bulleuses vigneronnes.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Avis d'expert

Mots-clés : Côte-d'Or, viticulture, Bourgogne Franche-Comté, Domaine Parent, Pommard, Trophées des Femmes de l'Economie, Femmes et Vins de Bourgogne, Cercle Femmes de Vin

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