Les Femmes de l’Économie saluent les sacs connectés de Valérie Mannarelli, fondatrice d’OJH

Publié par Pierre-Yves Ratti, le 12 juillet 2017

START UP/HAUT-RHIN. Lauréate de bronze du prix Femme Chef d’entreprise prometteuse, Valérie Mannarelli, la fondatrice d’OJH à Rixheim, près de Mulhouse, cherchait une idée pour distinguer ses sacs en cuir de la concurrence.
Finalement, l'idée d'inventorier électroniquement le contenu d'un sac à main s'avère avoir des applications multiples, aussi bien dans la vie quotidienne que dans le domaine professionnel et la sécurité.

 

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Valérie Manarelli et ses créations en cuir. © Pierre-Yves Ratti.


On n'imagine pas jusqu'où une bonne idée peut mener. Valérie Mannarelli est en train d'en faire l’expérience. En 2011, cette fille de maroquinier et passionnée de mode n'avait pas envie d'avoir les mêmes sacs que tout le monde, mais sans investir le budget nécessaire pour accéder aux marques les plus prestigieuses.


La créatrice dessine cinq sacs qu'un ami, Philippe Dion, très connu dans le milieu de l’équitation, lui propose de présenter sur son stand au salon du Cheval. Bingo. Elle en vend une quarantaine en quelques jours, sous la marque Gallucha qu'elle a créée pour l'occasion. Une entreprise suit dans la foulée en 2012, et les ventes commencent à se développer.


Mais Valérie Mannarelli comprend vite qu'il sera difficile de s'imposer face à la concurrence. Elle cherche donc une idée pour se distinguer. La première est d'avoir recours à un matériau qui empêche de capter les données des cartes à puces (cartes bancaires, carte Vitale, etc.).

 

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Parfait pour sécuriser un porte-cartes, mais ambigu pour un sac à main : « J'aurais vendu des sacs de voleuses », s’exclame en riant, celle qui vient d’être élue lauréate de bronze du prix Femme Chef d’entreprise prometteuse aux Trophées des Femmes de Économie du Grand Est. En effet, le matériau utilisé pour un sac à main rendrait son contenu volé indétectable par le portique de sécurité d'un magasin !

 

Lui vient alors l'idée de pouvoir faire automatiquement l'inventaire de son sac pour s'assurer que rien n'y manque. Au Club Affaires de Belfort, elle rencontre un ingénieur suisse qui rend cette idée techniquement réalisable. Il développe un petit boîtier électronique de pas moins de 301 composants, capable de détecter le contenu d'un sac pourvu que les objets aient été auparavant équipés d'un sticker avec une pastille RFID (par ondes radio).

 

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Un sac et l'application sur un smartphone. © OJH.


De son côté, une entreprise de Nancy développe une application pour smartphone qui complète ce boîtier : elle permet de paramétrer la récurrence pour laquelle l'objet doit être présent dans le sac (par exemple, la carte de piscine pour la séance hebdomadaire), et dispose d'un mode coffre-fort qui alerte en cas de vol d'un objet dans le sac si, par exemple, on s'assoupit dans le train.

 

La même application permet de gérer le contenu de plusieurs sacs : là aussi, il suffit de la paramétrer pour chacun des sacs enregistrés, et de glisser successivement le boîtier dans les différents sacs.

 

Un brevet autour de l'idée contenant / contenu

 

Au fur et à mesure où Valérie Mannarelli parle de cette innovation dans son entourage, ses interlocuteurs imaginent des applications auxquelles elle n'avait pas forcément pensé, et qui deviennent autant de pistes de développements : la cartable du petit dernier, mais aussi la mallette du chef d'entreprise, du médecin ou de l’infirmière en tournée, le fan de trekking qui part au Népal et ne peut se permettre l'oubli de l'indispensable dans son sac à dos, le contenu d'un sac de photographe ou d'une boîte à outils.

 

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Un spécialiste de la maintenance nucléaire lui a d'ailleurs mis en lumière l'utilité de son boîtier connecté pour faire rapidement l’inventaire de la trousse à outils de celui qui intervient dans la maintenance d'une centrale : dans ce cas-là, on ne peut se permettre d'oublier le moindre objet sans compromettre le bon fonctionnement ultérieur de l'installation...


Valérie Manarrelli a si bien compris l'intérêt de son innovation qu'elle a déposé un brevet non pas pour les sacs à main mais autour de l'idée contenant / contenu. Entre temps, elle a mis sa première société en sommeil et créé en novembre 2015, la SAS OJH dont le siège est basé à Rixheim (Haut-Rhin), avec un capital de 200.000 €.

 

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Le boîtier avec câble de chargement et stikker. © OJH.


Aujourd'hui, même si elle continue la création de sacs en cuir, porte-feuilles, ceintures, elle concentre son énergie sur son boîtier connecté pour sacs en tous genres.


Pour l'investissement d’environ 225 000 € qu’il a nécessité, la cheffe d’entreprise a reçu le soutien de Cap Tronic, de Bpifrance et de la Région Grand Est, et a décroché le label French Tech.


Son objectif est de commercialiser la première version cet automne, sous la marque [& MOI], à un prix qui tournera autour des 190 € (câble de recherche et six stickers compris). Une deuxième version, capable par exemple de localiser les objets oubliés, sera ensuite développée.


Et d'autres idées germeront sans doute ensuite pour de nouvelles applications.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Innovation

Mots-clés : Haut-Rhin, Grand Est, numérique, maroquinerie, Rixheim, Trophées Femmes de l’économie Grand Est, OJH, Gallucha, innovatioin, Valérie Mannarelli

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