Les chefs d'entreprise du Medef de Côte-d'Or face à l'élection présidentielle

Publié par Christiane Perruchot, le 13 avril 2017

PRÉSIDENTIELLE/CÔTE-D’OR. Les représentants locaux des cinq principaux candidats à l'élection présidentielle se sont prêtés mardi 11 avril, au jeu des questions des chefs d'entreprises, à l'invitation du Medef Côte-d'Or.

Les porte-parole de Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélanchon, François Fillon et Benoît Hamon avaient quinze minutes, dans cet ordre tiré au sort, pour exposer leur programme économique, puis une demi-heure pour échanger avec le public composé d'une cinquantaine de personnes.

 

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La séance animée par Pierre-Antoine Kern, le président du Medef Côte-d'Or, a duré trois heures.

 

Sans surprise, les deux prétendants à l'Elysée les plus plébiscités par les chefs d’entreprise, invités par le Medef Côte-d’Or, mardi 11 avril, à écouter les propositions économiques des cinq principaux candidats en lice, ont été François Fillon (Les Républicains), pour lequel penche sans détour leur président national Pierre Gattaz, puis dans une moindre mesure, Emmanuel Macron (En Marche).

 

Cette appréciation a été ressentie par le jeu de questions posées aux représentants locaux des candidats à l'élection présidentielle, plus bienveillantes que pour leurs adversaires.


Les porte-parole de Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, François Fillon et Benoît Hamon avait quinze minutes, dans cet ordre tiré au sort, pour exposer leur programme économique, puis une demi-heure pour échanger avec le public composé d'une cinquantaine de personnes.

 

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Tous les candidats ont exprimé une grande bienveillance envers les PME, largement représentées dans l’auditoire par des dirigeants d’entreprise familiales ou individuelles. Et plus précisément les TPE (très petites entreprises), dont Julien Acard, conseiller régional Front National s’est fait l’avocat.

 

Car ce sont elles les plus touchées par le « fardeau administratif » (normes, déclarations administratives, etc., estime le représentant de « Marine » (c’est avec cette familiarité qu’il a nommé Mme Le Pen à plusieurs reprises).

 

Dans ce registre des contraintes administratives - un mot il est vrai fréquemment dans la bouche des chefs d’entreprises -, Didier Martin, représentant d’En Marche, promet des règles simples et stables surtout en matière de fiscalité.

 

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Julien Acard, conseiller régional Front National a été le premier à intervenir devant un public au départ, d'une trentaine de personnes. © Traces Ecrites.

 

Le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, Alexandre Emorine, a lui aussi apporté son soutien aux PME dans un programme que les chefs d’entreprise ont pourtant qualifié « d’irréaliste », lui qui avait préféré employer les termes de « généreux et partageux ».

 

« Vous nous dressez là le portrait d’un pays où je ne veux pas vivre, vous nous annoncez un effondrement de l’économie », interpelle Pierre-Antoine Kern, le président du Medef Côte-d’Or.

 

Le responsable local de La France Insoumise ne se démonte pas : « Je sais que tout le monde ici est attéré par notre programme », dit-il avec humour. Et d’insister pour rétablir des convictions auxquelles le public ne semble pas adhérer : « Nous ne sommes pas contre les entreprises, mais contre la finance et l’actionnariat spéculatif dominant dans les grands groupes.»

 

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Les chefs d’entreprises ont utilisé un vocable similaire, « utopique » au sujet du revenu minimum universel du candidat socialiste Benoît Hamon. Son porte-parole Michel Neugnot, 1er vice-président du conseil régional de Bourgogne - Franche-Comté, s’est empressé à « dédramatiser » ce dispositif. 

 

Il l'a présenté comme une « amélioration du revenu minimum d’activité - RSA - qui pèse sur les finances des départements et dont l’Etat prendrait le relais ». Las, les patrons présents n’en démordent pas : « il n’y a pas d’écart suffisant entre la rémunération du travail et l’assistanat ».

 

IS, CICE, RSI et ISF...

 

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Didier Martin, vice-président du Grand Dijon, représentant d'En Marche. © Traces Ecrites.

 

Malgré l’étendue de l’échiquier politique, des propositions communes sont apparues dans les discours des représentants des candidats à l’élection présidentielle.  La baisse de l’impôt sur les sociétés (IS) à 25% chez Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, François Fillon, et même 24% pour Marine Le Pen.


L’enterrement du CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) chez Marine Le Pen « une usine à gaz » , estime Julien Acard. Faux répondent les entrepreneurs : « C’est facile à utiliser ». François Fillon le supprime aussi et le remplace par une baisse « pérenne » des charges sociales.


Le RSI, le régime social des travailleurs indépendants, est condamné par le Front National et En Marche. Dans l'auditoire, des entrepreneurs trouvent matière à le défendre.


Et l’ISF ? Pas un candidat n’est décidé à supprimer l'impôt sur la fortune, malgré l'exception française ont souligné des chefs d'entreprise : selon les candidats, la base de calcul, différente, le rend plus ou moins lourd pour le contribuable.

 

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Alexandre Emorine, responsable local de La France Insoumise. © Traces Ecrites.

 

Antienne du monde patronal, les 35 heures ont motivé plusieurs questions de l’assemblée.

 

« Elles nous ont blessé grave », insiste Didier Contrepoix, le président de l’UIMM (Union des Industries de la Mécanique et de la Métallurgie) : « Alors comment pouvons-nous imaginer 32 heures par semaine », dit-il à l’adresse du représentant de J.L. Mélenchon qui propose cette nouvelle réduction du temps de travail.

 

Le porte-parole de François Fillon, Rémi Delatte, député Les Républicains, apporte la réponse attendue : « Les 35 heures seront remises en cause, et aucun nouveau cadre ne sera donné au temps de travail à l’image de la flexibilité pratiquée en Allemagne. »

 

On ne peut pas produit pour le seul marché français

 

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Rémi Delatte, député, représentant François Fillon. © Traces Ecrites.

 

Il fut également question de patriotisme économique qu’il soit réduit aux frontières hexagonales à la sauce Trump, avec taxes à l’importation, pour le Front National et la France Insoumise, ou aux limites de l’Union Européenne, pour Emmanuel Macron. Mais les uns et les autres ont fait chou blanc.

 

Ce n’est pas une préoccupation des chefs d’entreprise et ce serait même un frein au développement de leurs affaires : « On ne peut pas produire pour le seul marché français et les taxes rendraient nos produits moins compétitifs », dit l’un des leurs.

 

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Alors que dire que la sortie de l’Union Européenne et de l’euro, moteur de la campagne du Front National ? Même les explications techniques d’un banquier, Jean-Pierre Deramecourt, président du directoire de la Caisse d’Epargne Bourgogne - Franche-Comté, relayées par d’autres chefs d’entreprises n’ont pas ébranlé le représentant de Marine Le Pen. « Un franc vaudra un euro », affirme celui-ci. « Ce n'est pas vous qui déciderez », rétorque son interlocuteur.


Dans cette suite d'exposés de mesures, c'est le représentant de François Fillon, Rémi Delatte, qui endossa le rôle de détracteur. Il consacra une bonne dizaine de minutes à faire le tour des défauts des autres candidats : « le repli sur soi de Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et un peu Benoît Hamon » et, « l’ambiguïté d’Emmanuel Macron », avant d’exposer le plan d’économies de son candidat par la réduction du nombre de fonctionnaires.

 

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Michel Neugnot, secretaire du parti socialiste de Côte-d'Or, représentait Benoît Hamon. © Traces Ecrites.

 

Dernier à prendre la parole, Michel Neugnot pour Benoît Hamon, choisit lui de prendre de la distance. Il est vrai handicapé par la baisse du candidat socialiste dans les sondages, l’élu invite son auditoire à réfléchir sur la France telle qu’elle pourrait être à la fin du mandat du prochain Président de la République (NDLR : 2022).

 

Et au-delà, à l’horizon 2050, le temps qu’il faut pour mettre en oeuvre l’économie décarbonée définie par la COP21. Une idée « difficile à faire passer auprès des Français », regrette-t-il.

 

Dans ce contexte, dans une région où la filière nucléaire représente plus de 10.000 emplois, la sortie progressive du nucléaire voulue par Benoît Hamon mérite quelques explications qu’a donné son porte-parole : « Les centrales seront fermées à l’issue de la période de remise à niveau en cours, qui doit les durer encore trente ans et les besoins nouveaux en électricité proviendront d’énergies renouvelables… »

 

Exercice de conviction doublement difficile pour cet ingénieur qui a fait toute sa carrière professionnelle chez EDF…



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Medef Côte-d'Or, élection présidentielle, Didier Martin, Pierre-antoine Kern, Bourgogne Franche-Comté, Emmanuel Macron, Rémi Delatte, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, François Fillon, Julien Acard, Alexandre Emorine, Michel Neugnot

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