Le traiteur alsacien Schneider Food affiche des ambitions nationales dans la grande distribution

Publié par Julie Giorgi, le 24 novembre 2016

AGROALIMENTAIRE/BAS-RHIN. Racheté cet été par ses cadres, rejoints par la société Les Produits de la Cigogne et une partie des salariés, le spécialiste alsacien des produits traiteurs en grande surface s’est fixé l’objectif ambitieux de presque doubler son chiffre d’affaires en cinq ans et de recruter 21 salariés supplémentaires.
Pour atteindre ses objectifs, Schneider Food prévoit de consolider ses parts de marché au niveau régional, et d’en gagner au niveau national.
Sa singularité réside dans son modèle économique qui sépare production et distribution : l'entreprise préfère confier la production à des partenaires industriels et se concentrer sur la distribution, la logistique et le commercial.

 

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L'équipe de Schneider Food dont une partie est actionnaire de la société.

 

En 2016, Schneider Food a écrit une nouvelle page de son histoire. Mise en vente l’an dernier par ses trois anciens dirigeants, l’entreprise de Hoerdt, près de Strasbourg, (Bas-Rhin) a été rachetée en juillet dernier par deux de ses cadres, Damien Van Overbeke, directeur général et Julie Reilhan, directrice commerciale, rejoints depuis par René Corti, président de la société depuis 2012.

 

Les nouveaux dirigeants ont accueilli au capital un partenaire historique de la société : la société charcutière Les Produits de la Cigogne (Haut-Rhin) qui travaille avec Schneider Food depuis plus de 20 ans. Le capital a également été ouvert aux salariés. Un tiers a répondu favorablement, ce qui représente 5% des actions.

 

« Nous sommes très contents car tous les services de l’entreprise sont représentés, cadres et non cadres. C’est un beau témoignage de la confiance que nous accordent les équipes et de leur investissement dans le projet », observe Damien Van Overbeke, le directeur général de Schneider Food.

 

Cette nouvelle gouvernance, soutenue également par la Bpifrance et la Caisse d’Epargne d’Alsace, a fixé des objectifs ambitieux à l’entreprise de Hoerdt : un chiffre d’affaires de 21 millions d’€ et 21 salariés supplémentaires d’ici à 2021.

 

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Aujourd’hui, Schneider Food emploie 26 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 12 millions d’€. Elle possède trois marques : Baltic, Hammer et Schneider, toutes vendues en grande distribution.

 

Pour atteindre ses objectifs, l’entreprise prévoit de consolider ses parts de marché au niveau régional, et d’en gagner au niveau national. En Alsace, la marque Schneider souhaite rester leader dans la gamme des pâtes fraîches, mais son dirigeant considère qu’il y a encore des marges de progression.

 

L’entreprise est présente dans toutes les grandes enseignes, mais elle n’y a pas encore placé toutes ses références. « Nous considérons que pour être forts nationalement, nous devons d’abord rester forts régionalement. Nous voulons être légitimes chez nous », affirme Damien Van Overbeke.

 

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Une identité régionale forte à faire valoir sur le marché national

 

Si le marché régional reste le principal débouché, Schneider Food réalise déjà environ un quart de son chiffre d’affaires au niveau national. Son potentiel de croissance est important, estime le dirigeant.

 

« Les valeurs régionales ont le vent en poupe. Dans la grande distribution, ce sont les PME qui tirent le chiffre d’affaires, plus que les grandes marques. Aujourd’hui, le consommateur recherche des produits plus authentiques. Dans ce contexte, l’Alsace a une carte à jouer », assure t-il. D’autant que la région jouit d’une image de sérieux et de bonne gastronomie.

 

Parmi les trois marques de l’entreprise, la marque Schneider véhicule le terroir et les saveurs alsaciennes avec trois types de produits : les pâtes fraîches (spaetzle, knepfle…), les spécialités traiteur (galettes de pommes de terre…) et les fonds et garnitures pour tartes flambées. Dès l’an prochain, cette gamme se verra enrichie d’un nouveau produit.

 

Au niveau national, Schneider Food mise beaucoup sur sa marque de traiteur de la mer Baltic avec l’ambition d’occuper le troisième rang dans ce rayon. C’est la première marque créée par l’entreprise en 1984, pour quatre familles de produits : harengs, condiments (raifort, câpres, citrons), poissons fumés et bouchées apéritives.

 

Production et distribution séparés

 

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Un atelier de fin de ligne.

 

Pour faire sa place, Schneider Food va poursuivre sa stratégie d’innovation, un impératif dans le monde de la grande distribution, selon ses dirigeants. « Quand il faut réduire les marges car tout augmente et que les enseignes ne veulent pas bouger leurs prix, vous n’avez d’autres choix que d’innover », souligne Damien Van Overbeke.


L’autre atout de la PME réside dans son modèle économique qui sépare production et distribution. La production est déléguée à des partenaires industriels pour se concentrer sur la distribution, la logistique et le commercial.

 

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Cette répartition des compétences lui permet d’appliquer une politique rigoureuse de qualité et de proposer une large gamme de produits. « En plus de débouchés, une grande gamme permet d’amortir les coûts commerciaux et de rester plus percutants. car avec la grande distribution, les volumes sont très fluctuants et faute de stocks, il faut être capable de réagir très vite », explique le dirigeant.

 

L’entreprise fabrique tout de même une petite partie de sa gamme : les salades de la marque Hammer, qui représentent 10% du volume des ventes. Un virage pris en 2008 suite à une opportunité : la vente de l’atelier Dr Hammer, à côté d’Entzheim (Bas-Rhin).

 

En 2014, cet atelier de production a été rapatrié au siège de la société, à Hoerdt. L’an prochain, il sera équipé d’une nouvelle ligne de production. Un investissement d’environ 1 million d’€, qui permettra l’embauche de trois ou quatre salariés.

 

schneiderfoodpatronQui est Damien Van Overbeke ?


Après une formation hôtelière à Illkirch, Damien Van Overbeke, 46 ans, intègre la filiale restauration du groupe Intermarché de 1993 à 1997.

 

Puis, pendant dix ans, il occupe des responsabilités d’administration, de comptabilité et de gestion au sein de Gourmet Select, à Hoerdt, entreprise spécialisée dans la distribution de viandes maturées.


En 2007, il rejoint Schneider Food comme directeur d’exploitation ; en 2012, il en prend la direction générale et en 2016, il mène l’opération de reprise.

 

Photos fournies par l'entreprise.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : agroalimentaire, Grand Est, Strasbourg, Bas-Rhin, Bpifrance, grande distribution, Schneider Food, traiteur, Baltic, Les Produts de la Cigogne, Damien Van Overbeke

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