Le site vosgien de Pavatex profite de l’envergure du groupe Soprema

Publié par Philippe Bohlinger, le 12 mai 2017

BATIMENT/VOSGES. L’usine Pavatex de Golbey (Vosges) commencerait à mesurer les effets de son adossement à l’Alsacien Soprema. Le groupe familial avait acquis il y a un an le fabricant suisse de panneaux isolants en fibres de bois.
Le numéro un mondial de l’étanchéité et de l’isolation du bâtiment a ainsi élargi son offre dans les produits isolants biosourcés. Pavatex qui emploie 200 personnes bénéficie de son côté de la force commerciale et industrielle du Strasbourgeois.

 

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Pavatex s’est implanté sur le site du papetier Norske Skog à Golbey en 2013. © Philippe Bohlinger.

 

En rachetant il y a un an le Suisse Pavatex alors en difficulté, le groupe alsacien Soprema, élargit sa gamme d’isolants biosourcés. Le numéro un mondial de l’étanchéité et de l’isolation du bâtiment a ajouté à ses produits en ouate de cellulose, les panneaux en fibres de bois fabriqués par Pavatex.

 

Ils sortent des usines de Cham (Suisse) et de Golbey (Vosges), deux sites industriels qui emploient 200 personnes pour un chiffre d’affaires de 78 millions d’€ en 2016.

 

L’implantation de l’usine vosgienne remonte à 2013. Elle est le résultat d’une double opportunité, à la fois monétaire et industrielle. La revalorisation du franc suisse menaçait de renchérir les coûts de production pour alimenter la zone Euro et l’Allemagne en particulier, son principal marché.

 

L’opportunité de s’implanter à Golbey, près d’Epinal, sur l’emprise de la papeterie Norske Skog ouvrait la possibilité de mutualiser les approvisionnements en plaquettes de bois, les utilités (électricité, vapeur), la gestion de l’eau, ainsi que le gardiennage.

 

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L’outil industriel qui emploie 60 personnes devrait tourner cette année à 95% de ses capacités, soit une production de 42.500 tonnes de panneaux de fibre de bois. Des panneaux rigides de haute densité, mis en œuvre dans l’isolation des toitures et des façades dans la construction neuve et la rénovation.

 

Passée dans l’escarcelle de Soprema, l’usine Pavatex de Golbey semble désormais mieux armée pour affronter la concurrence sur le marché européen de la fibre de bois évalué à 300 millions d’€ par an.

 

Elle serait également mieux structurée pour renforcer ses positions en France, son troisième marché, pour le moment davantage demandeur de produits flexibles (laine de bois) que de panneaux rigides.

 

La force commerciale de Soprema

 

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Le site fabrique des panneaux rigides en fibre de bois à partir de plaquettes forestières pour l’isolation des façades et des toitures. © Philippe Bohlinger.

 

En quelques années, les acteurs sont passés d’une demi-douzaine à trois principaux. Actis a arrêté sa production, Homatherm a fermé son usine de Saint-Dizier (Haute-Marne). Demeurent Isonat (groupe Saint-Gobain) dans le Rhône et l’allemand Steico dans le Lot-et-Garonne et, Soprema dans les Vosges.

 

« Une stratégie industrielle implique des investissements lourds. Pavatex ne produit que des panneaux rigides et sous-traite la fabrication de ses produits flexibles en Allemagne. L’acquisition par Soprema ouvre une capacité à nous développer sur les produits flexibles », pointe Jean-Michel Grosselin, directeur de Pavatex France. L’industriel a rejoint la direction commerciale de Pavatex en 2014, après avoir un passage au ministère de l’Ecologie comme chargé de mission.

 

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Parallèlement, l’adossement au groupe familial strasbourgeois qui compte 6.900 salariés pour un chiffre d’affaires de 2,3 milliards d’€ en 2016 élargit l’horizon de Pavatex. « La force commerciale de Soprema nous ouvre des opportunités. Nos produits qui étaient jusqu’alors essentiellement vendus dans les négoces spécialisés dans les produits bois, accèdent aux négoces plus généralistes », expose le directeur de Pavatex France.

 

Le concept d’écologie industrielle

 

Le site entend donner une image cohérente avec son positionnement commercial et décline le concept « d’écologie industrielle ». Outre les mutualisations avec Norske Skog, l’usine de Golbey emploie la voie « sèche », moins énergivore que la voie humide utilisée sur son site historique de Cham, car elle n’implique pas de lourde opération de séchage.

 

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Bertrand Parmentier, chargé d’études, explique que le défibreur absorbe la moitié de l’énergie consommée par l’usine. © Philippe Bohlinger.

 

Après les opérations de cuisson et de défibration, la matière première est enrobée d’un liant pétrosourcé (2 à 5%) et pressée pour obtenir la densité souhaitée.

 

Par ailleurs, Pavatex devrait mettre en service cette année une unité permettant de réintégrer dans le process les poussières de bois (déjà défibrées) récupérées dans ses fumées par filtrage électrostatique.

 

L’entreprise étudie également la fabrication de pellets à partir des résidus de plaquettes trop fins pour entrer dans le procédé de défibration.

 

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42,5 millions de tonnes de panneaux devraient être produits cette année. © Philippe Bohlinger.


Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : bâtiment, Grand Est, filière bois, Vosges, Soprema, isolation thermique des bâtiments, Pavatex, Golbey, panneaux en fibres de bois

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