Traces Ecrites News, le club
  • Domaine Faiveley
  • Toyman
  • Diamatec
  • Brassserie de Vézelay

Le salon Pro Objectif D de Besançon veut démontrer que le déchet d'une entreprise peut devenir la matière première de l'autre

Publié par Christiane Perruchot, le 07 novembre 2018

ECONOMIE CIRCULAIRE/BESANÇON. Le déchet de l’un pouvant devenir la matière première de l’autre, le Syndicat mixte de Besançon et de sa région pour le traitement des déchets (Sybert) organise le 20 novembre à Besançon, le salon Pro Objectif D. Ce salon professionnel de la filière déchet est une première en Bourgogne-Franche-Comté.

varlet déchets
Le territoire de Besançon et sa région tend vers l’objectif de zéro déchet non valorisable. ©  Jack Varlet/Sybert.

 

On appelle ça l'économie circulaire, qui rend ténue la frontière entre le déchet et la matière première. Pour la première fois en Bourgogne-Franche-Comté, un salon professionnel de la filière déchet veut promouvoir l'idée selon laquelle le déchet de l’un peut devenir la matière première de l’autre, et la rendre crédible par l'exemple.

 

L’initiative revient au Syndicat mixte de Besançon et de sa région pour le traitement des déchets (Sybert) et coïncide avec la campagne de sensibilisation au recyclage du ministère de la Transition écologique et solidaire qui s'adresse aux ménages et aux industriels. 

Présidente du Sybert, Catherine Thiébaut, par ailleurs adjointe au maire de Besançon, n’a pas d’autre discours. « Notre territoire tend vers l’objectif de zéro déchet non valorisable puisque, valorisation matière et énergétique comprise, les déchets collectés sont recyclés à 95 %. A elle seule, la valorisation matière approche 60%. » Un objectif en phase avec la loi transition énergétique pour la croissance verte promulguée le 17 août 2015, qui fixe à 65 % le taux de recyclage pour les déchets non dangereux non inertes en 2025.



LCR


Le syndicat qui traite les déchets collectés dans l’agglomération de Besançon et sur les territoires voisins des communautés de communes de Loue Lison (Doubs) et du Val Marnaysien (Haute-Saône) a élargi en 2016, les produits recevables dans ses 16 déchetteries (47.709 tonnes déposées en 2017) : tous les emballages alimentaires, même les pots de yaourts, les barquettes, les sachets et les films alimentaires, ont désormais trouvé leur filière de valorisation et les installations de compostage (en pied d’immeubles et en individuel) ont été multipliées pour récupérer les restes des préparations des repas (7.413 tonnes en 2017).

 

« En déchetteries, la part de nos flux non valorisés s’est réduite à sa portion congrue : il reste l’amiante liée, enfouie en centre de stockage et les déchets dangereux qui subissent un traitement spécial complexe qu’il est malaisé d’attribuer à la valorisation ou au stockage », explique la présidente dans le bilan 2017 du syndicat.

Depuis 2015, une installation de tri-massification pour trier les encombrants des déchetteries y contribue : plus de 13.000 tonnes en 2017, de bois, ferrailles, plastiques, meubles, pneus, verre, déchets verts, plâtre, polystyrène, carton…, sont triés avant de partir vers des usines de recyclage. Un centre de tri fait le même travail pour les papiers et les emballages collectés à domicile (15.276 tonnes).


Un investissement de 14 millions d’€

tri-massification © Varlet
Le centre de tri-massification trie les bois, ferrailles, plastiques, meubles, pneus, verre, déchets verts, plâtre, polystyrène, carton…, avant de partir vers des usines de recyclage. © Sybert.

 

UIOM sybert
L’usine d’incinération de Besançon est associée à un process de valorisation de chaleur et électricité. © Sybert.

 

Les déchets ménagers non valorisables (44.000 tonnes en 2017, parmi lesquelles 32 596 tonnes d’ordures ménagères, en baisse de 5% par rapport à 2016) sont traités dans une usine d’incinération à valorisation énergétique dont la chaleur de combustion alimente le réseau de chauffage urbain de Planoise et de l’hôpital Minjoz (selon les années, entre 35 et 40 % des besoins annuels du réseau) et une partie, transformée en électricité.

 

L’usine d’incinération va connaître d’importants travaux d’ici la fin 2019, qui consistent à augmenter la capacité du four le plus récent, installé en 2002, destiné à rester seul à bord, celui de 1976 devant fermer en 2021. L’investissement de 14 millions d’€ comprend également le traitement des fumées « en dessous du niveau des normes » et la modernisation de l’installation de traitement des mâchefers.

 

Le syndicat vient de choisir le groupement Secip, filiale d’Engie, Inova Opérations, constructeur spécialisé dans les usines d’incinération et le groupe Bonnefoy pour rénover et gérer l’usine pour les 6 prochaines années.


conextdays

 

 

Lauréat de l’appel à projets « Territoire Zéro Déchet, Zéro Gaspillage », initié par le ministère de l’Environnement, l'Énergie et de la Mer, le territoire du Sybert se donne pour objectif de limiter à 100 kilos, le volume des ordures ménagères, par habitant et par an.


Il s’élève aujourd’hui à 145,4 kg. Pour parcourir le chemin, Catherine Thiébaut estime qu’il n’existe pas de meilleur outil que la sensibilisation, sous forme de réunions, campagnes de communication et concours de démarches éco-citoyennes, comme celui ouvert jusqu’au 30 novembre aux communes et aux associations de son territoire.

 

Le salon Pro Objectif D se situe dans cette démarche, à l’attention des filières professionnelles. Déchets de chantier, hospitaliers, gaspillage alimentaire, production l’énergie, réemploi, sont autant de sujets de conférences et retours d’expériences proposées le mardi 20 novembre à Micropolis, aux côtés d’une trentaine d’exposants des métiers de la gestion et du recyclage des déchets et leurs fournisseurs.

 

« En faisant se rencontrer les professionnels d’un même territoire, ils trouveront certainement des débouchés pour valoriser leurs déchets ; l’exemple étant plus pertinent qu’un long discours. »
 

banquepopmars



Une multitude de métiers : l’exemple de Z Manutention

nezel

 

Filière mal-aimée mais aussi mal connue, la gestion des déchets représente plus de 135.000 emplois. Une multitude de métiers, liés directement à la collecte et au traitement des déchets, mais aussi les fournisseurs des acteurs que le salon Pro Objectif D réunit dans un même lieu (le parc des expositions Micropolis)  « afin d’inciter à de meilleures pratiques de gestion des déchets, favoriser la rencontre entre l’offre et la demande et susciter des synergies entre entreprises ».

Z Manutention fait partie de la trentaine d’exposants attendus. L’entreprise familiale que dirige Pascal Nezel avec son fils Alexandre est spécialisée dans la vente et la maintenance de chariots télescopiques, des engins qui brassent les déchets solides en vrac ou manipulent les ordures ménagères dans les usines d’incinération. « La location est de plus en plus souvent demandée, car les engins sont très sollicités et les évolutions techniques donnent naissance à un marché de seconde main. » Les engins sont alors « reconstruits » pour satisfaire d’autres marchés comme l’agriculture.


Multimarques, Z Manutention (chiffre d’affaires de 11 millions d’€, 35 salariés) possède deux sites en Franche-Comté, à Saint-Vit (Doubs) où se trouve le siège et Héricourt (Haute-Saône). Il y a un peu plus d’un an, Pascal Nezel a racheté la société Giacomel à Dijon, distributeur de machinisme agricole qui dispose également d’un pied à terre à Chaumont (Haute-Marne).


Ces dernières années, l’entrepreneur constate une concentration dans le secteur de la collecte et du traitement des déchets. Un signe que cette activité devient une filière économique à part entière qui recherchent, comme les autres, des pistes de rentabilité.

(*)  Salon Pro Objectif D, le 20 novembre, de 8h30 à 18h, Micropolis.
Le programme des conférences et ateliers sur le site du Sybert.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Agenda

Mots-clés : Besançon, Haute-Saône, Doubs, déchets ménagers, recyclage, économie circulaire, Bourgogne Franche-Comté, déchets industriels banals, Sybert, Salon Pro Objectif D

Découvrez également les articles associés :

Avec le salon CoNext Days de Chalon-sur-Saône, les outils numériques de l'usine du futur passent du virtuel au réelAvec le salon CoNext Days de Chalon-sur-Saône, les outils numériques de l'usine du futur passent du virtuel au réel
L'agenda de Bourgogne - Franche-Comté et du Grand Est par Traces Ecrites NewsL'agenda de Bourgogne - Franche-Comté et du Grand Est par Traces Ecrites News
Visionnez le diaporama du lancement de 60, le best of, le magazine de Traces Ecrites News au Club Affaires à l’EuroAirport de Bâle-MulhouseVisionnez le diaporama du lancement de 60, le best of, le magazine de Traces Ecrites News au Club Affaires à l’EuroAirport de Bâle-Mulhouse
Visionnez le diaporama du lancement de 60, le best of, le magazine de Traces Ecrites NewsVisionnez le diaporama du lancement de 60, le best of, le magazine de Traces Ecrites News

Commentez !


Combien font "9 plus 5" ?

Envoyer votre commentaire