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Le préfet demande la suspension du PSE de TRW Dijon

Publié par Didier Hugue, le 05 juin 2013
Fermer le site TRW de Dijon apparaît dorénavant comme une aberration industrielle.
Fermer le site TRW de Dijon apparaît dorénavant comme une aberration industrielle.

AUTOMOBILE. Le représentant de l’Etat en Bourgogne n’est guère convaincu par les explications des dirigeants de l’équipementier américain TRW pour fermer le site de Dijon.

Il leur demande en conséquence de suspendre le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) afin d’entrevoir d’autres possibilités de maintenir cette unité de 146 salariés.

Chez les dirigeants de TRW, un vent de panique souffle avec un changement de négociateur pour conduire les discussions en cours.

Dernière minute : La direction de TRW vient d'engager une procédure d'entretien préalable à sanctions à l'encontre de Christophe Depierre, syndicaliste CGT, délégué du personnel mais également porte-parole de l'intersyndicale du site de Dijon, en lutte sociale pour éviter la fermeture de leur unité.

Cliquez sur la photo pour l’agrandir.

Paul Parnham, le directeur industriel Europe de la division directions assistées chez TRW se souviendra sans doute longtemps de son séjour en France.

Venu négocier la fermeture du site dijonnais (146 salariés) de l’équipementier américain, il vit en terres burgondes un véritable chemin de croix.

Ce lundi 3 juin au matin, le dirigeant a déjà été pressé de questions, lors d’une table ronde, par Pascal Mailhos, préfet de Bourgogne, et un certain nombre d’élus, sur les raisons d’une telle fermeture dont, outre les salariés et leur expert, le ministère du Redressement Productif doute du bien fondé. Relire nos articles : TRW ferme à Dijon un site rentable mais aussi viable et L'Etat veut convaincre TRW de ne pas fermer à Dijon

Le représentant de l’État en Bourgogne lui demande en conséquence de suspendre le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

Présent à cette réunion, François Patriat, président de région, moins lié à une certaine réserve, a dénoncé l’attitude de ces grands groupes internationaux « en quête permanente du moindre gain et à la recherche du profit à tout prix ».

Rivé à une solution de maintien de l’unité, l’élu se dit prêt à épauler de manière indirecte l’agrandissement du site dijonnais, jugé par TRW trop petit pour produire en très grande quantité les capteurs électriques des directions assistées automobiles.

Y a t-il le bon pilote dans l'avion ?

Ce type de composants n’entrerait que pour 11% dans le coût final d’une direction, dont seulement 6% relevant du surcoût salarial en France.

« Il suffirait pour gommer ce petit désavantage compétitif de mieux automatiser les équipements et d’améliorer les flux de production », estime François Patriat.

Qu’ils soient hauts fonctionnaires ou élus locaux, tous se mobilisent à défendre un savoir-faire industriel précieux chez TRW Dijon, où le personnel a largement contribué à mettre au point la technologie des capteurs qui équipe dorénavant les nouveaux véhicules.

D’autant qu’une fermeture de ce site produirait des dommages collatéraux importants. Dans un document confidentiel que nous avons pu consulter, l’arrêt occasionnerait la perte de 3 millions d’€ de chiffre d’affaires chez une soixantaine de fournisseurs et sous-traitants.

Du côté des salariés, l’irritation est à son comble dans le cadre des comités d'entreprise, au point d’envisager une procédure pour délit d’entrave.

« Car on nous presse de conclure sur l'avis d'expert pour engager au plus vite la phase du PSE, mais nous ne sommes pas sûr que Paul Pernham ait vraiment mandat de sa direction pour négocier. Il demande toutes les cinq minutes l'avis de son siège par téléphone», indique un représentant du personnel de TRW Dijon.

Pour l'intéressé, qui n’a sans doute pas l’habitude d’affronter une telle opposition de toutes parts, la coupe serait pleine.

Afin de ne pas perdre son flegme, ce citoyen britannique aurait décidé de ne plus négocier lui-même et de laisser à Bruno Gratas, directeur TRW France, la lourde tâche de poursuivre les négociations.

« Reste à savoir s’il endossera lui aussi les habits d’un liquidateur et a t-il vraiment lui aussi mandat pour représenter avec les coudées franches ?», interroge une source au cœur du dossier.

Crédit photo : Traces Écrites



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Dijon, automobile, TRW, fermeture, PSE, préfet

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