Le Pôle Véhicule du Futur et PerfoEst distinguent l’Alsacien Automobiles Dangel

Publié par Christian Robischon, le 23 octobre 2014
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Dangel vise l'objectif de transformer jusqu'à 3 000 véhicules par an.

 

AUTOMOBILE. Avec le franc-comtois SNOP à Etupes (Doubs), emboutisseur de pièces de structure, les Automobiles Dangel de Sentheim (Haut-Rhin) sont les lauréats des Trophées 2014 de la performance, décernés mardi dernier par le Pôle Véhicule du futur Alsace/Franche-Comté et l’association PerfoEst. 

 

La filière salue ainsi le redressement d’une PME familiale emblématique qui va réinvestir dans les deux ans jusqu'à 4 millions d'€.

 

Placée en procédure de sauvegarde en 2009, l’entreprise de transformation automobile avait failli ne pas survivre à la dernière crise. Aujourd’hui, elle regarde vers son record historique : « Nous visons à court terme la transformation de 3 000 véhicules par an, un score qui nous n’avons atteint qu’une fois en 35 ans », annonce le directeur général Robert Lacker.

 

La PME de 90 salariés en est pour l’heure à 2 600 véhicules, le double de 2009. Son carnet de commandes a progressé de 10 % sur un an, ce qui laisse entendre qu’elle est sur la bonne voie vers son prochain objectif.  Elle devrait donc augmenter l’an prochain son chiffre d’affaires, après un exercice 2013/14 qui sera marqué par une stabilité à 16 millions d’€, à sa clôture ce 31 octobre.

 

L’activité de Dangel, Robert Lacker la résume en quelques mots : « c’est la transformation de modèles deux roues motrices en des véhicules utilitaires ou de franchissement à quatre roues motrices. Nous démontons pour cela la partie inférieure, au niveau des liaisons au sol, pour rajouter un train roulant ».

 

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Le groupe PSA demeure l'assise du développement de l'entreprise.

 

Dangel, c’est une histoire débutée en 1980 par la foi d’un homme, l’ingénieur Henry Dangel, en l’avenir du 4x4. Décédé il y a quelques années, il avait positionné son entreprise sur ce créneau alors novateur. Depuis, la famille toujours propriétaire et la direction opérationnelle autour de Robert Lacker et du responsable commercial Igor Verbrugghe ont su l’y maintenir dans toute son indépendance. Une particularité qui amène la PME à lutter face à des concurrents nommés Volkswagen et consorts.

 

PSA, client historique mais pas exclusif

 

Contrairement à une idée reçue, Dangel n’est en effet pas détenu par PSA. Une confusion née du fait que le constructeur français est son client historique, toujours principal et longtemps exclusif. Les modèles transformés actuellement à Sentheim comprennent le Berlingo Partner de Citroën, puis la gamme Peugeot Expert / Citroën  Jumpy Citroën  / Fiat Scudo, et enfin la gamme Boxer / Jumper avec le Ducato badgé Fiat produit dans l’usine de Sevelnord commune à l’Italien et à PSA.

 

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Robert Lacker, directeur opérationnel chez Automobiles Dangel. ©Christian Robischon.

La diversification en discussion avec Toyota a également rapport avec le constructeur français, puisqu’elle résulterait des accords récents entre les deux groupes sur la gamme occupée par l’Expert. « Notre lien fort avec PSA persiste, il doit rester l’assise de notre développement. A partir de cette base, nous travaillons à la diversification vers d’autres constructeurs », expose Robert Lacker. Dans le même esprit, au niveau de la distribution, Dangel a étendu progressivement son propre réseau en parallèle des ventes dans les concessions Peugeot, Citroën et Fiat. 

 

Le retour à bonne fortune - et aux bénéfices - après le trou d’air de 2009 résulte d’un mélange d’ingrédients, selon les dirigeants :  le volontarisme dans l’export vers  toute l’Europe qui représente désormais 60 % du chiffre d’affaires dans une quinzaine de pays, la qualité de la main d’œuvre, l’adaptation rapide aux normes et standards (l’ESP aujourd’hui) et « la fidélisation de la clientèle par la qualité du produit ».

 

La prochaine étape importante consistera à assurer le remplacement de l’Expert/Jumpy à mi-2016. Dangel planifie un investissement de 4 millions d’€ dans cette perspective.

 

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SNOP à Etupes (Doubs), l'autre lauréat des trophées de la performance 2014 : 285 salariés, 70 millions d’€ de CA annuel, activité de découpe et emboutissage en majorité pour PSA tous sites dans le monde.

 

Une filière perfectible

 

Une filière interrégionale sur la voie de l’amélioration mais qui doit encore l’accélérer :  l’enquête de performance annuelle de Perfo Est aboutit à cette conclusion pour les données collectées à fin 2013 en Alsace/Franche-Comté et dévoilées ce mardi 21 octobre 2014 à Mulhouse. Sur 17 indicateurs, 9 sont en amélioration et cinq se sont dégradés.

 

Au global, l’industrie automobile du bassin s’est légèrement rapprochée des meilleurs standards mondiaux, l’écart avec ceux-ci passe en un an de 51 % à 46 %.  « Mais à ce rythme, il faudra plus de dix ans pour parvenir aux objectifs, ce qui appelle donc une accélération de l’amélioration », souligne Jean-Luc Jacquot, directeur général de Perfo Est. Par rapport à l’ensemble de la France, l’Alsace/Franche-Comté se situe dans la moyenne.

 

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Denis Rezé, président du Pôle Véhicule du Futur et patron de l'entreprise Eurocade, dans le Pays de Montbéliard.

Mais les évolutions sont contrastées selon les trois catégories dans lesquelles Perfo Est a regroupé les indicateurs. La « satisfaction clients » est bonne, mais s’est dégradée de quelques points depuis deux ans. La « performance économique » aboutit aux meilleurs résultats, proches des meilleurs niveaux, même si elle contient des points perfectibles comme la gestion des stocks.

 

La « préparation de l’avenir » préoccupe le plus les enquêteurs. Tout en étant conscients des difficultés à investir en ce moment, ils estiment l’effort de modernisation trop faible et s’inquiètent d’une inadaptation de l’outil de production le jour où la reprise sera au rendez-vous.

 

Point positif : «  les exemples à suivre sont aux portes des entreprises », relèvent Jean-Luc Jacquot et Denis Rezé, président du Pôle Véhicule du Futur :  pour chaque indicateur, on trouve en Alsace/Franche-Comté un ou plusieurs champions de niveau mondial. L’année 2013 a encore été difficile : la filière qui recense 87 000 salariés a perdu 3,9 % de ses effectifs permanents et 11,7 % de ses intérimaires, son chiffre d’affaires a baissé de 3,7 % après une chute de 14 % en 2012. Le millésime 2014 devrait amorcer une remontée de pente.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Franche-Comté, automobile, Alsace, pôle véhicule du futur, PerfoEst, SNOP, Automobiles Dangel, Robert Lacker

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