Le pavillon du Bhoutan, l'autre serpent de mer

Publié par Christiane Perruchot, le 08 avril 2011

Patrimoine. Voilà 10 ans que le pavillon du royaume du Bhoutan, construit pour l'exposition universelle de Hanovre en 2000, gît en 17 000 morceaux dans des conteneurs à Mâcon (Saône-et-Loire).

Le conseil général de Saône-et-Loire l'avait acquis pour 205 000 €, dans l'intention de le reconstruire à côté du temple bouddhiste de Kagyu Ling, à La Boulaye, entre Autun et Paray-le-Monial. Seulement, les fonds publics ont manqué et manquent toujours, à ce chantier estimé à 700 000 € TTC.

Aussi, un noyau de convertis et historiens réunis au sein de l’Association Himalaya en Bourgogne ont décidé de prendre les choses en main. Chargée de faire reconstruire le pavillon, l'association en assurera aussi l'exploitation à des fins touristiques, profitant de la proximité du temple des 1000 bouddhas qui a accueilli 8000 visiteurs en 2010.

Seul le mécénat devrait permettre de compléter les fonds nécessaires que les pouvoirs publics, le conseil général, le conseil régional, la communauté de communes et la petite commune de La Boulaye, à qui le conseil général a fait ce cadeau (empoisonné?), ne peuvent assumer seuls.

«Nous cherchons un soutien pécunier, dans la phase de reconstruction comme dans l’exploitation et le contenu», indique l'association présidée par Elisabeth Clément. Une journée de festivités et de collecte de fonds, les 13 et 14 août 2011, associera les futurs partenaires, entreprises et particuliers.

Le budget prévisionnel prévoit en recettes (TTC) : subventions 150 000 €, mécénat entreprises et particuliers 150 000 €, emprunt bancaire 285 000 €, récupération TVA 115 000 €, et en dépenses (hors taxes) : reconstruction  450 00 €, vitrages et chauffage 20 000 € chacun, hébergement des artisans bhoutanais, 40 000 €, honoraires d'architecte, 40 000 €.

BNB = bonheur national brut

Particularité de ce chantier de 300 m2 : l'intervention d'artisans bouthanais est indispensable car il met en œuvre des techniques de construction inconnues en Europe, avec des outils rudimentaires. L'édifice en bois de 300 m2 comprend une salle principale, où se tiennent des statues en argile peinte, surmontée d'un triple toit au sommet duquel se trouve un pinacle traditionnel en cuivre : le serto. Elle est reliée à des galeries d'exposition chapeautées de doubles toits qui se terminent par des pinacles en cuivre, appelés gyeltsen. Les façades et les intérieurs arborent de multiples couleurs, fresques et scupltures.

Le royaume de Bhoutan se situe dans l'Himalaya, enclavé entre l'Inde et le Tibet. Longtemps isolé du monde, ce petit territoire de 700 000 habitants, a substitué le produit intérieur brut (PIB) par le bonheur national brut (BNB). Que Wall Street est loin! Devenu monarchie parlementaire en 2008, le Bhoutan fonde sa prospérité sur «le développement durable et responsable», assise sur la sauvegarde de l'environnement, de la culture ancestrale et une économie basée sur l’agriculture, l’exploitation forestière et la vente à l’Inde d’électricité d’origine hydrodynamique.

Pour la petite histoire, notre confrère Le Journal de Saône relate qu'en 2000, l'offre de René Beaumont, le président du conseil général de l'époque a été préférée, à celle de Richard Gere, grâce à la présence du temple du 1000 Bouddhas dans le département. Sauf que ce dernier aurait probablement eu davantage de moyens pour mener l'affaire à son terme…

Pour en savoir plus sur les conditions de mécénat, www.lepavillondubhoutan.org

Lire aussi :

www.lejsl.com/fr/article/4845959/Pavillon-du-Bhoutan-l-histoire-de-10-ans-de-patience.htm



Roger Martin BTP
Article classé dans : Territoires

Mots-clés : Bourgogne, Saône-et-Loire, tourisme, mécénat., religion

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