Le musée des Beaux-Arts de Besançon fait peau neuve

Publié par Christiane Perruchot, le 04 mars 2016

PATRIMOINE/DOUBS. Dans deux ans, le musée des Beaux-Arts et d’archéologie de Besançon rouvrira ses portes, rafrâichi et agrandi. Un musée aujourd’hui vidé de toutes ses collections dont une partie se montre dans le quartier périphérique de Planoise.
Une dépense de 10 millions d’€ que la ville de Besançon étale sur quatre années.

 

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Une grandeverrière d'acier coiffe le bâtiment. ©Adelfo Scaranello, architecte.

 

« Un acte politique fort qui fera rayonner Besançon dans la nouvelle région Bourgogne Franche-Comté » : voilà comment Jean-Louis Fousseret résume le projet de rénovation du musée des Beaux-Arts, aujourd’hui bien entamé.

 

Un chantier de 10 millions d’€ qui durera encore près de deux années et dont la dépense pour la ville de Besançon, est allégée pour moitié par des subventions de l’Etat, du conseil régional de Bourgogne Franche-Comté et du conseil départemental du Doubs, et étalée sur 4 ans.


Motivé à l’origine par une remise aux normes incendie et accessibilité qui avait entraîné une fermeture partielle, le chantier a pris un tournant plus ambitieux avec la création d’un nouveau parcours de visite et une mise en valeur de l’architecture de deux époques.


Le musée est installé dans l’ancienne halle aux grains, place de la Révolution, un édifice néoclassique conçu par l’architecte Pierre Marnotte au 19ème siècle. A la fin des années 1960, Louis Miquel, disciple de Le Corbusier, agrandit les surfaces d’exposition en édifiant à l’intérieur une structure en béton brut. Une sorte de rampe en colimaçon interompu par des paliers conduit le visiteur à l’étage.

 

esquisse
Les fenêtres, pour beaucoup, murées, seront réouvertes. ©Adelfo Scaranello, architecte.

 

La ville de Besançon a confié cette tâche à un architecte du cru, Aldelfo Scaranello qui préserve l’identité du lieu en travaillant principalement sur l’apport de lumière naturelle. La verrière, en partie occultée, qui chapeaute le bâtiment est reconstruite.

 

C’est la métallerie Obliger à Miserey-Salines, aux portes de Besançon qui s’est déjà exprimée dans plusieurs chantiers locaux comme le centre culturel La Rodia et la Cité des arts de Kengo Kuma qui réalise cette verrière géante en métal, aluminium et verre filtré. Au rez-de-chaussée, les fenêtres aujourd’hui toutes ou en partie murées sont réouvertes et agrandies jusqu’au pied des façades afin de donner un aperçu des collections depuis la rue.

 

Le parcours muséal s’affranchit quant à lui de l’organisation classique d’un circuit imposé. « Si l’on veut conserver l’intégrité architecturale du musée (constitué des deux entités, halle aux grains et projet Miquel, NDLR), créer un véritable circuit de visites devient dès lors, difficile », explique Aldelfo Scaranello.  Les visiteurs pourront donc au gré de leurs envies circuler librement d’une salle à l’autre.


Les surfaces d’exposition doublées

 

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La rampe de béton édifiée à l'intérieur de la halle aux grains par Louis Miquel, guide le visiteur vers les différentes salles. ©Musée des Beaux-Arts de Besançon.

 

La rénovation s’accompagne d’une très nette augmentation des surfaces d’exposition avec 1300 m2 supplémentaires qui les porteront à 4000 m2. La construction de réserves en dehors du site libère de la place pour les collections, mais aussi l’utilisation des rampes comme cimaises pour accrocher les tableaux.

 

Jusqu’à présent, 200 à 250 peintures pouvaient être présentées au public et étaient régulièrement décrochées pour faire place à des expositions temporaires. A la réouverture, elles seront environ 350 présentées en permanence.

 

Un espace spécifique sera affecté aux expositions temporaires à l’étage. Une galerie de dessins sera aménagée dans les anciennes réserves permettant de présenter régulièrement, par roulement, les collections du musée. L’installation d’un plancher chauffant à la place des radiateurs libère également de la place pour les œuvres.


Une visite du chantier en début de semaine avait pour but de montrer qu’il suivait bien son cours. Vidé de toutes les collections, le musée est aujourd’hui une vaste opération de démolition de toutes les cloisons inutiles pour le nouveau plan d’aménagement. « Plus de 80 % des travaux de démolition ont été effectués et le clos et le couvert seront finis cet été », a précisé l’architecte.


Lire ici le compte rendu de la visite sur le site de notre partenaire Ma Commune Info.

 

Ecole des vins

 

Deux années séparent encore la réouverture, programmée pour l'été 2018. Les Bisontins sont déjà privés de leur musée depuis deux ans, sauf à accepter de changer leurs habitudes. Pendant que les équipes chargée de la conservation font un gros travail d’inventaire et de restauration des oeuvres, une partie des collections a déménagé dans le quartier périphérique de Planoise.

 

Le centre Nelson Mandela et l’espace Les 2 scènes font office de musée provisoire. Ils exposent une sélection d’œuvres originales, cette année sur le thème de la mythologie. Un parcours piétonnier, dans la rue, présente quant à lui des images grand format de tableaux. Une opération permise grâce au mécénat d’EDF, de La Poste et d’Orange.

 

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Place de la Révolution où est implanté le musée (à droite) et l'ancien conservatoire (derrière la fontaine) qui sera transformé en logements de sgtanding. ©Ville de Besançon.

 
Le déménagement en 2018 en appelle un autre : la grande horloge à balancier réalisée par Philippe Lebru en 2011, sur la façade du musée, pour décompter les jours qui séparait la cité comtoise de la mise en service de la LGV Rhin-Rhône, sera retirée. Sacrifiée sur l’autel de la lumière naturelle : le fenêtre qu’elle cache sera réouverte.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Evasion

Mots-clés : Besançon, musée des beaux arts, architecture, culture, BTP, Bourgogne Franche-Comté

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