La maroquinerie SIS continue d'embaucher à tour de bras

Publié par Monique Clémens, le 29 janvier 2015

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MAROQUINERIE /FRANCHE-COMTÉ. Cent embauches par an pendant quatre ans : c’était le défi que s’était lancé ce sous-traitant en petite maroquinerie pour satisfaire la demande d’un gros client du luxe français.

Pour y arriver, SIS dans le Doubs a créé sa propre école de maroquinerie.

Le rythme effréné d'embauches depuis quatre ans ralentit, mais demeure dynamique autour de 50 à 60 en 2015.

 

Pari tenu pour SIS : en quatre ans, l’entreprise a recruté 400 nouveaux maroquiniers grâce à son Ecole de maroquinerie d’Avoudrey (EMA), créée en 2011 justement pour permettre à l’entreprise de faire face aux commandes d’un de ses clients maroquiniers de luxe français.

 

Le sous-traitant spécialisé dans le travail du cuir compte désormais 600 salariés dans la région de Besançon, répartis pour moitié à Avoudrey, son site historique où elle a également installé son école, et pour moitié à Valdahon, dans les anciens locaux de France Ebauches.

 

SIS est née en 1998 de la fusion de Softlines, IWD et Supercuir (d’où l’acronyme), trois spécialistes du bracelet de montres du Plateau horloger lâchées par le groupe Swatch et contraintes de déposer le bilan. A l’époque, le bas de gamme et le milieu de gamme partaient en Asie et les créateurs avaient eu un certain flair en choisissant de se positionner sur le marché du luxe.

 

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Fabrication de bracelets.

 

Depuis, SIS n’a cessé de se réorganiser pour coller aux différents marchés. Le bracelet de montres, qui représentait 95% du chiffre d’affaires au démarrage, ne pèse plus que 25% de l’activité. La fabrication d’articles de petite maroquinerie (sacs, étuis, cadeaux d’affaires, etc.) pour de grandes marques françaises n’a cessé de monter en puissance, pour atteindre 65% d’un chiffre d’affaires de 45 millions d’€ en 2014, en hausse de 35%.

 

Triplement de l'effectif depuis 2011

 

Une croissance telle qu’elle a justifié, à elle seule, le triplement d’effectif depuis 2011. Mais parallèlement, une troisième activité est en train de grimper elle aussi, qui représente aujourd’hui 10% du chiffre d’affaires : la gainerie.

 

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« La gainerie consiste à coller un matériau souple, du cuir en l’occurrence, sur un élément rigide : stylo, branche de lunettes, machine à café, téléphone portable, flacon, bouteille… Cette activité historique de SIS, de plus en plus demandée, est liée au désir des marques de donner un aspect luxe », explique Jean-Yves Chauvy, le patron de la business unit BMG (pour bracelets, maroquinerie et gainerie). 

 

Quant à l’activité horlogère de SIS, elle est très dépendante des donneurs d’ordre, des horlogers suisses, pour la plupart. « Et l’horlogerie est en train de négocier un double virage », poursuit Jean-Yves Chauvy. « Le monde du luxe va bien, mais jusqu’à quand ? Il y a des marchés incertains comme ceux de la Russie, du Moyen-Orient et de l’Asie, et l’horloger suisse ne sait pas où il va avec la concurrence de la montre connectée, marché sur lequel nous avons noué des contacts qui pourraient se concrétiser cette année »

 

sishautObjectif, un millier de salariés

 

En attendant, en 2015, SIS va continuer à former et embaucher de nouveaux maroquiniers et prototypistes, mais à un rythme moindre. Le pari des 400 embauches en 4 ans ayant été tenu, Jean-Pierre Tolo, directeur opérationnel de l’entreprise, prévoit désormais 50 à 60 embauches par an, en partie avec la méthode de simulation de Pôle Emploi et vise, à terme, un effectif symbolique de 1 000 personnes.

 

« Nous prévoyons une hausse de l’activité horlogerie de 15 à 20% cette année, grâce aux quatre valeurs que nous défendons – solidarité, partenariat, innovation et prospérité – et qui nous ont permis d’acquérir de nouveaux clients », explique le dirigeant.

 

La première de ces valeurs, la solidarité, s’est traduite très concrètement en 2014 par l’ouverture d’une crèche d’entreprise de 30 berceaux, d’un restaurant d’entreprise et d’une salle de sport dans les locaux de l’usine SIS de Valdahon. La seconde, le partenariat, s’illustre dans les contacts pris avec le Centre technique du cuir et la création d’une pépinière pour créateurs ou nouveaux maroquiniers.

 

Cette pépinière est l’une des six business units de SIS : trois pour trois grandes marques de maroquinerie française, une pour BMG, que pilote Jean-Yves Chauvy, et une pour une marque de téléphones portables. Chacune avance à son rythme et toutes sont génératrices d’emploi.

 

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Dans un atelier de couture.

Jean-Yves Chauvy, un frontalier à contre-courant

 

Citoyen suisse habitant à la Chaux-de-Fonds, Jean-Yves Chauvy croise des milliers de frontaliers chaque matin lorsqu’il vient travailler à Avoudrey, au siège de SIS. Mais dans ce sens, il y a moins d’embouteillages…

 

Le patron de la business unit BMG se plaît dans le monde du cuir et il a passé six ans en Chine, dans un site de production délocalisée de SIS, avant d’occuper ce poste. « J’ai connu la création de SIS, en 1986, avec une soixantaine de personnes et je suis séduit par la belle évolution de cette entreprise », dit-il.

 

« Elle laisse la porte ouverte aux idées, il y a un réel dynamisme, une ouverture aux savoir-faire et aux autres technologies. Et c’est pour moi un challenge : je suis Suisse et je veux prouver qu’en France il y a des choses à faire et à construire ».

 

Photos fournies par l'entreprise.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Franche-Comté, Doubs, recrutement, Suisse, SIS, horlogerie, sous-traitance, maroquinerie, industrie du luxe, gainerie

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2 réponse(s) à "La maroquinerie SIS continue d'embaucher à tour de bras"

  1. Mariedit :

    Bonjour Damien, Je suis très intéressée par votre avis et votre expérience avec l'entreprise SIS. Est-il possible de rentrer en contact avec vous pour en savoir plus? Merci à vous

  2. Damiendit :

    Il serait bien venu, lors de la rédaction d'un tel article de peser les mots employés. En guise de "Formation", les élèves ont droit à un écrémage en règle avec pour seul but la recherche de la performance immédiate. Le tout est saupoudré de subtiles doses de mauvaise foi et d'humiliation sans considération aucune de l'être humain. A ce rythme de "consommation" et à cause du comportement du management, l'entreprise s'expose au risque de devoir prendre ses responsabilités vis à vis d'éventuels suicides. Pour revenir sur l'aspect "performance", il serait nécessaire de rappeler que cette dernière porte exclusivement sur la cadence compte-tenu du flou artistique qui règne sur les critères d'acceptation qualité. Je suis très largement conscient du fait que nous ne vivons pas dans le monde des bisounours mais il ne faut pas beaucoup de neurones pour comprendre qu'il vaut mieux produire 100% de produits bons suivant une cadence de 7 produits par heure plutôt que 70% de produits bons suivant une cadence de 10 produits par heure. Pour finir sur une note positive, il faut reconnaitre que l'effort de relocalisation du luxe en France est louable. Il serait encore plus louable que cet effort ait pour objectif majeur : la Qualité. Bonne chance à SIS dans l'avenir avec un tel logiciel face à des clients de plus en plus exigeants.

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