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Le manque de soudeurs fait réagir les industriels comme le groupe Galilé qui crée son école

Publié par Didier Hugue, le 30 janvier 2017

METALLURGIE. Soudeurs, mais aussi usineurs, chaudronniers, conducteurs de ligne, automaticiens, techniciens de maintenance…, l’industrie française manque de têtes comme de bras.

Et tout particulièrement en Bourgogne - Franche-Comté et dans le Grand Est, régions de prédilection du travail des métaux.

Pointons notre regard aujourd’hui sur le métier de soudeur à l’aune d’une nouvelle offre pédagogique proposée par le groupe Galilé, implanté à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), et qui illustre l’engagement de nombreuses entreprises, dont Areva, mais aussi le groupement d'employeurs pour l'insertion et la qualification (GIEQ) 71, pour former à ce métier très technique.

Le système d’apprentissage Soldamatic, conçu et fabriqué en Espagne, propose une aide précieuse avec un simulateur de soudage pour le moins étonnant, que commercialise en France le citoyen d’outre-Quiévrain André Bertrand. 

 

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© Galilé.

 

Terre d’élection de l’industrie métallurgique les deux régions Est, que sont la Bourgogne - Franche-Comté et le Grand Est, souffrent particulièrement d’un manque de main d’œuvre et les métiers en tension sont légions.

 

Parmi les principaux, les usineurs arrivent en tête, puis les techniciens de maintenance. Viennent ensuite les conducteurs de ligne, les soudeurs et les chaudronniers.

 

Longtemps très recherché, surtout avant les crises à répétition depuis 2009, le soudeur fait l’objet de tous les soins, notamment dans un département comme la Saône-et-Loire où l’industrie nucléaire tient toujours le haut du pavé.

 

Pour satisfaire ses besoins, le groupe Areva n’a pas hésité à monter sa propre école, agrandie en 2008 et dotée de vingt postes de soudage, sur son site de Saint-Marcel, dans l’agglomération de Chalon-sur-Saône.

 

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Une douzaine de personnes s’y forment en ce moment afin d’obtenir un certificat de qualification paritaire de la métallurgie (CQPM), dans le cadre notamment du groupement d'employeurs pour l'insertion et la qualification (GIEQ) 71 qui accueille d’autres poids-lourds du territoire comme Aperam Guegnon ou Industeel au Creusot.

 

Un travail de fond de l’UIMM

 

« Mais pas seulement car les soudeurs d’Areva s’y perfectionnent régulièrement, sachant que ce savoir-faire impose des normes drastiques, qu’il faut au moins trois années de pratique pour faire un bon soudeur nucléaire et que cela ne se découvre pas à la lecture d’un CV », explique Alexandre Cretiaux, délégué central CFDT et soudeur lui-même.

 

Ce GIEQ travaille évidemment en étroite collaboration avec l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) du département qui voit dans ce collectif la bonne formule de création d’emplois durables.

 

Pour aller plus loin et répondre à d’autres demandes de recrutement une plate-forme commune avec Pôle Emploi, baptisée Dynamique Métallurgie, fonctionne depuis une petite dizaine d’années.

 

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« Selon les offres portées à notre connaissance, nous trouvons les bons profils, les formations adaptées et suivons les candidats », souligne Sophie Rodrigues de Pôle Emploi. « Nous obtenons des résultats qui dépassent les 80%, CDI et CDD réunis », se félicite pour sa part Isabelle Laugerette, secrétaire général de l'UIMM 71.

 

Autre atout, l’Association de formation professionnelle de l'industrie (Afpi), organisme de formation continue rattaché à l'UIMM qui anime les Centres de formation professionnelle de l'industrie (CFAI). « Le soudage fait partie des cursus que nous intégrons jusqu’au BTS », indique Alexandra Desjours de l’Afpi.

 

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C’est dans ce contexte que le groupe Galilé d’Éric Michoux, qui revendique 75 millions d’€ de chiffre d’affaires et près de 500 salariés, apporte une pierre à l’édifice en montant sa propre école de soudage qui sera opérationnelle fin 2017.

 

Elle se situera à Chalon-sur-Saône dans un ancien atelier de la filiale Escofier et sera vouée au départ à répondre uniquement au besoin du groupe.

 

Entraînement aux bons gestes

 

« Une cinquantaine de personnes sont concernées, tant pour du soudage manuel que robotisé et, aussi bien dans le travail de métaux spéciaux et à haute élasticité que dans le soudage bi-matière », argumente Jean-Claude Boyer, responsable du pôle industrie chez Galilé.

 

« Ce sera un vrai compagnonnage mais, si le besoin s’en fait sentir, pourquoi ne pas envisager de l’ouvrir à des entreprises extérieures », précise l’industriel.

 

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© CLM / Galilé.

 

Cette future école intégrée pourrait judicieusement s’équiper du simulateur de soudage Soldamatic. Pour l’avoir vu fonctionner à Chaumont, lors du salon des savoir-faire industriels de Haute-Marne, ce système intégré d’apprentissage séduit. Il ressemble en tout point à un poste à souder, car les outils sont de vrais torches qui simulent sur des pièces en plastique.

 

Le programme de 93 exercices - comprenant à chaque fois 3 niveaux de difficultés - balaie les principaux problèmes rencontrés et, précision importante, dans toutes les positions.

 

Pendant leur exécution, différentes icones d’aide et d’avertissement s’affichent pour guider ou corriger l’élève. Le bon positionnement de la tête est ainsi l’une des compétences essentielles pour souder correctement.

 

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© Soldamatic.

 

Concernant le masque, ce dernier a été modifié. Il intègre deux caméras qui alimentent le logiciel en données et reconstitue une image virtuelle en réalité augmentée. Commercialisé en France par la société de l’ingénieur d’origine belge André Bertrand, ce simulateur permet de s’entraîner au bons gestes.

 

Il accélère la formation en atelier, que ce soit pour les techniques de soudage à l’arc (électrode enrobée), au TIG ( procédé de soudage à l'arc avec une électrode non fusible) et à la torche MIG/MAG.

 

« Je cible évidemment les centres de formation et les écoles intégrées d’un groupe industriel en proposant Soldamatic et sa plate-forme de e-learning à un coût d’environ 15.000 €, sachant que l’amortissement est assez rapide car il accélère considérablement le temps d’atelier, économise métal, gaz et électricité », assure ce citoyen d’outre-Quiévrain.

 

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© Soldamatic.

 

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© Sotralentz.

 

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Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Emploi - Formation

Mots-clés : Formation, Chalon-sur-Saône, industrie, Métallurgie, Areva, Éric Michoux, Galilé, apprentissage, soudage, Pôle Emploi, soudeur, Jean-Claude Boyer, UIMM de Saône-et-Loire, Bourgogne Franche-Comté, CFAI 21-71, Soldamatic, André Bertrand, GEIQ 71, CQPM, ssociation de formation professionnelle de l'industrie , Afpi

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3 réponse(s) à "Le manque de soudeurs fait réagir les industriels comme le groupe Galilé qui crée son école "

  1. vincentdit :

    il faut dire que les risques inhérents au travail du soudeur sont très importants : ce qui implique une très bonne formation et d'excellents équipements Individuels de protection de soudage : http://www.officiel-prevention.com/formation/fiches-metier/detail_dossier_CHSCT.php?rub=89&ssrub=206&dossid=235

  2. cdedit :

    Bien vu pour les gants ! Mais si on payait correctement au minimum 12 euros de l'heure et pas 10 euros, il y aurait forcément plus de soudeurs avec des salaires corrects entre 1500 et 2000 euros nets par mois, la réalité aujourd'hui c'est 1200 euros et il faut compter sur les primes pour espérer toucher 1500 euros net!

  3. Guyarddit :

    Bonjour, On pourrait ajouter un 94 ème exercice: mettre des gants quand on pratique la soudure.

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