Le Jurassien EMCO fait du tapis d’entrée tout un art industriel

Publié par Didier Hugue, le 06 février 2017

BÂTIMENT/JURA. La filiale de l’ETI allemande éponyme se bat pour faire reconnaître l’importance d’un tapis d’entrée en termes de propreté d'entretien et de sécurité.

EMCO France à Dampierre, entre Dole et Besançon, développe un savoir-faire extrêmement précis et pointu en sept étapes qui tiennent compte des formes et des matières imposées dans certains immeubles.

Un tapis très résistant pouvant supporter le passage régulier de camions jusqu’à 7,5 tonnes vient même d’être imaginé par l’entreprise. 

 

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© WombatStudio-EMCO-MG.

 

Faire un tapis d’entrée, rien de plus facile pour certains. Il suffit de placer un morceau de textile par terre et l’affaire semble jouée. Que nenni ! Anselme Hoffmann, le directeur France de la société EMCO, filiale de l’ETI allemande éponyme et inventeur du tapis d’entrée digne de ce nom, bataille ferme avec ses dix commerciaux maison contre ce type d’idées préconçues.

 

« En Europe du Nord des normes de dimension existent pour les établissements recevant du public, en France rien hélas, à l’exception des normes d’accessibilité, alors on essaie de convaincre les architectes, les maîtres d’ouvrage et plus globalement les acteurs du BTP », explique le dirigeant qui parle de glissance évitée, d’entretien facilité et de propreté assurée.

 

Le budget marketing de l'entreprise installée à Dampierre (Jura), entre Dole et Besançon, en bénéficie largement au point certaines années de friser les 100.000 €. Pour remplir son office, un tapis d’entrée doit progressivement nettoyer la semelle des chaussures et si possible être antidérapant.

 

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Coupe des profilés. © Traces Ecrites.

 

Ceux d’EMCO, généralement insérés dans une petite fosse, peuvent même démarrer par de la brosse, se poursuivre en gomme et finir en moquette. « Tout est une question de piétinement et de profondeur du tapis », précise Anselme Hoffmann. La fabrication se déroule en sept étapes, avec beaucoup de travail manuel très méticuleux.

 

La première opération consiste à couper les profilés d'aluminium aux bonnes mesures. Vient ensuite l’application d’une couche isophonique qui repose sur le sol.

 

Un SAV maison

 

« Nous perçons ensuite les profilés, puis nous les habillons du revêtement retenu par le client », commente le directeur général. La pose de douilles de renfort est la cinquième tâche. Avant la vérification de chaque tapis et son emballage, on reste admiratif du montage.

 

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Habillage et perçage des profilés. © Traces Ecrites.

 

Il est essentiellement féminin et manuel, tant la minutie est de rigueur. Il faut voir ces dames passer les câbles de liaison et positionner les entretoises. « Nous sommes la haute couture du bâtiment », s’exclame Anselme Hoffmann.

 

Une haute couture très résistante si l’on admire la dernière création : un tapis qui supporte les allées et venues de camions jusqu’à 7,5 tonnes. Pour assurer le service après-vente, quatre techniciens de l’entreprise sillonnent le France. Ce qui lui vaut de pouvoir apposer avec fierté la marque « Made in Jura », dont EMCO est un pilier solide.

 

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Montage final des tapis. © Traces Ecrites.

 

EMCO France réalise 6 millions d’€ de chiffre d’affaires et emploie 42 personnes. Parmi de très belles réalisatiosn : la Cité des Arts de Besançon, l’Accor Arena de Bercy, la Chapelle Notre-Dame-du-Haut de Ronchamp, en Haute-Saône, ou encore les Grottes de Lascaux 3.

 

Le groupe allemand s’appuie de son côté sur un effectif global de 1.400 salariés. Il vend principalement en Europe, Turquie et Suisse.

 

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© Traces Ecrites.

Qui est Anselme Hoffmann ?

 

Le directeur général de la filiale française de l'ETI d'outre Rhin, Erwin Müller Compagny France, plus connue sous l’acronyme EMCO, applique ce qui fait le succès des entreprises allemandes : la formation interne et continue.

 

« C’est notre culture car je crois que lorsqu’on maîtrise toujours mieux son métier, on est plus heureux au travail. C’est pourquoi, chaque nouveau salarié démarre par 6 mois sous contrat de professionnalisation pour obtenir un certificat de qualification paritaire de la métallurgie (CQPM) », argumente-t-il.

 

Ce dirigeant de 47 ans, Nancéen d’origine, a fait ses études de droit pour partie en Allemagne. Avant d’intégrer EMCO en 2005, il se met à son compte et développe durant cinq ans une société spécialisée dans l’isolation thermique pour le bâtiment.

 

Energique et parfaitement bilingue, il a su imposer son style à ses actionnaires, au point d’avoir une complète autonomie de direction et de sièger en bonne place au comité d'internationalisation du groupe. Il faut dire que les résultats depuis une décennie prennent la forme d’une croissance annuelle à deux chiffres.

 

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© Traces Ecrites.

 

La petite histoire de l’implantation à Dampierre

 

A quoi tiennent certaines choses parfois… Si EMCO France est jurassienne, elle le doit à Mike Soblys qui sillonne la France au tout début des années 1990 pour motiver des agents multicartes qui vendent la production de tapis faite en Allemagne. A un moment, ce responsable export recherche un professionnel pour le suivi technique.

 

Un vendredi soir en sortant de l’autoroute A36 à Dampierre, il se souvient de sa correspondante en France qui habite la commune toute proche de Fraisans. Le père cette dernière, Pierre Mauffrey, exploite une petite société d’électroménager et accepte la mission. En 1998, il devient le premier salarié sur le sol national.

 

Au début des années 2000, la maison-mère décide de produire en France et recherche tout naturellement dans la région de son technicien. Ce sera Dampierre avec un premier bâtiment de 800 m2 qui sort de terre en 2002.

 

Étendu deux fois depuis (en 2008 et 2013), le site atteint aujourd’hui une superficie de 2.800 m2. « Nous venons par ailleurs d’acquérir 8.000 m2 de terrains alentour dans la perspective de… », indique Anselme Hoffmann.

 

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Échantillons des différentes variétés de tapis d'entrée : brosse, gomme, moquette, fabriqués par EMCO. © Traces Ecrites.

 

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Tapis supportant des camions de 7,5 tonnes. © MG.


Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : bâtiment, Jura, Made in Jura, Bourgogne Franche-Comté, EMCO, tapis d'entrée, Anselme Hoffmann

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