Le Haut-Rhin met ses satellites sur la même orbite

Publié par Christian Robischon, le 12 juillet 2011

Aménagement. Entre structures parapubliques aux attributions proches qui se sont multipliées au fil de l’histoire, les risques de marcher sur les plates-bandes du voisin ne sont pas inexistants… et dans le Haut-Rhin, ils n’ont pas manqué de se produire, de l’aveu de plusieurs des dirigeants des structures concernées.

Pour l’éviter, le conseil général du Haut-Rhin crée le bien-nommé "Synergia". Ce pôle coiffe depuis fin juin 7 organismes actifs pour son compte dans l’aménagement, l’habitat social et la construction (1). Ils emploient près de 300 salariés.

Synergia n’a pas d’existence juridique propre, car trouver l’outil dénominateur commun à des statuts aussi disparates que des sociétés d'économie mixte (Sem), un office public d’habitat, des associations et régies aurait relevé de l’usine à gaz. Mais ce réseau informel doit mettre de l’huile dans les rouages. Et générer des économies d'échelle toujours appréciées des comptables des deniers publics.

Deux ans de préparation ont été nécessaires, la phase la plus décisive a consisté à clarifier les rôles de chacun et distinguer 3 métiers : l’étude préalable et l'aide à la décision "domaine réservé" de 4 structures, l’aménagement pour les 2 Sem (Semclohr et Semha), la construction et la gestion de logements aidés en ce qui concerne 3 bailleurs.

L’addition est supérieure à sept : une structure peut intervenir dans deux métiers différents, dès lors que son champ d’intervention n’empiète pas sur celui de sa collègue départementale.

De Synergia, le président (UMP) du conseil général du Haut-Rhin, Charles Buttner, attend une réponse cohérente «aux maîtres d’ouvrage publics, communes et établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) en particulier, par une offre de services globale et de qualité, allant de la conception à la réalisation de projets immobiliers, des plus simples aux plus complexes».

Un GIE dans le logement social

Préparée avant l’intensification du débat sur une collectivité unique d’Alsace (2), Synergia vient aussi à point nommé pour renforcer la visibilité du conseil général haut-rhinois dont son président défend farouchement l’existence, au risque d’agacer ses collègues de parti président de la Région Alsace (Philippe Richert) et du département du Bas-Rhin (Guy-Dominique Kennel).

Au sein de Synergia, le rapprochement le plus abouti concerne le logement social, avec la constitution quelques jours plus tard de Cohalis. Cette structure qui s’organisera en GIE l’an prochain fédère les trois bailleurs, Habitats de Haute-Alsace, Semclohr et Colmar Habitat pour créer le premier pôle d’habitat social du département : 12.000 logements locatifs, soit un quart du parc social départemental.

Les trois acteurs du logement social souhaitent construire 1 000 unités supplémentaires d’ici à 2016, en priorité dans les villes moyennes et les zones rurales, conformément à la volonté du conseil général de diffuser l’habitat social hors des grandes agglos.

«Entre nous trois, nous n’avons pas les mêmes statuts (Ndlr : un office public, une Sem, une coopérative HLM), mais nous partageons la même mission, la même culture et le lien privilégié avec le conseil général. Nous menons déjà des programmes ensemble qui combinent locatif et accession», justifie Bernard Otter, directeur général de Habitats de Haute-Alsace.

(1) Synergia est constitué du CAUE (Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement), de l’ADIL/ODH (Agence départementale d’information sur le logement/Observatoire départemental de l’habitat), de l’ADAUHR (Agence départementale d’aménagement et d’urbanisme du Haut-Rhin), de la SEMHA (Société d’économie mixte de Haute-Alsace), de la SEMCLOHR (Société d’économie mixte pour la construction de logements dans le Haut-Rhin), d’HHA (Habitats de Haute-Alsace) et de Colmar Habitat.

(2). Dans le cadre de la réforme des collectivités locales, le ministre des Collectivités territoriales, Philippe Richert, également président de la région Alsace, veut la réunion du conseil régional et des deux conseils généraux du Haut et du Bas-Rhin d'ici à 2014.

Lire à ce sujet : www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0201354164353-alsace-nouveau-pas-vers-la-fusion-region-departements-149227.php



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises
Territoires

Mots-clés : Alsace, Haut-Rhin, aménagement, ingénierie, habitat, Bas-Rhin, logement social

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