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Le groupe Tempé menacé de découpe

Publié par Christian Robischon, le 22 février 2012

AGROALIMENTAIRE. Les grandes manœuvres sont en cours pour la reprise de Tempé, le groupe alsacien de charcuterie en redressement judiciaire.

Trois candidats sont identifiés ce mercredi, jour de première audience au tribunal de grande instance de Mulhouse (1) depuis la mise en redressement judiciaire le 2 janvier.

Un seul limiterait la casse sociale. Quelque 260 emplois sont en jeu dans ce dossier qui a pris une dimension tragique avec le décès de l’ancien dirigeant la semaine dernière.

De source syndicale, trois offres de reprise ont été élaborées. Elles émanent d’un groupe extérieur à la région et de deux célèbres enseignes de charcuterie alsacienne. Leur périmètre de reprise est très différent, sachant que Tempé se divise en trois entités : la production (109 salariés), les magasins (143 personnes) et l’activité traiteur avec 8 salariés, le solde se composant de personnel administratif.

Carnivor (sic), un transformateur de viande basé dans le Var, conserverait seulement tout ou partie des magasins. Le strasbourgeois Kirn se bornerait à reprendre l’activité traiteur. Le mulhousien Maurer, lui, maintiendrait l’essentiel du périmètre actuel de Tempé, en tout cas la production, ce qui sauverait environ 190 salariés.

«Cette offre a la préférence du personnel, c’est la mieux construite, la plus élevée sur le plan social et celle qui maintient le savoir-faire artisanal de la charcuterie alsacienne dans le bassin mulhousien», déclare FO, le syndicat majoritaire chez Tempé Production.

Difficile d’en savoir plus à la source, compte tenu de l’injoignabilité des candidats ou de leur mutisme avant l’éventuelle décision d’aujourd’hui. L’administrateur judiciaire, Me Claude-Maxime Weil, confirme l’identité des porteurs des dossiers et leur contenu, mais précise que les offres n’en sont qu’au stade des projets, «qu’il faut affiner». L’audience de mercredi devrait donc se contenter de fixer un rendez-vous ultérieur devant le tribunal.

Comment souvent dans ce type de dossier, les rebondissements de dernière minute ne manquent pas. La dernière rumeur en date fait état d’une marque d’intérêt de Pierre Schmidt, la célèbre marque de charcuterie et plats alsaciens. Ce groupe réfléchit à déposer une offre, confirme Me Weil.

Pas de décision définitive donc à attendre ce mercredi. «Mais le temps presse», souligne le syndicat. Tempé n’a visiblement pas les fonds suffisants pour tenir l’intégralité des six mois de sa période d’observation. Sa direction avait d'ailleurs fait valoir des difficultés de trésorerie pour expliquer le dépôt de bilan.

FO est plus dubitatif : le syndicat pointe une gestion hasardeuse et rappelle que l’entreprise a déjà connu un dépôt de bilan il y a quatre ans.

A l’époque, Tempé avait attribué sa situation aux conséquences financières de l’action en justice du syndicat majoritaire : FO avait demandé et obtenu l’application rétroactive de la convention collective des industries charcutières, plus généreuse que celle de la charcuterie de détail.

Depuis ce premier passage devant la justice commerciale, Tempé est dirigé par quatre cadres chapeautés par une société d’investissements. Ils ont succédé au néerlandais Henk Blom, l’homme de confiance des derniers dirigeants de la famille Tempé qui lui avaient cédé les rênes.

Depuis 2008, Henk Blom était resté consultant de l’entreprise. Coup de théâtre en début de semaine : on a appris son décès à l’étranger, un suicide selon les services de police. Le moment choisi pour son geste pose forcément question.

(1) Pour mémoire, la justice commerciale en Alsace n’est pas organisée en tribunaux de commerce spécifique, le rôle est assurée par la chambre commerciale du tribunal de grande instance composée de magistrats professionnels.

Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Alsace, Mulhouse, Haut-Rhin, agroalimentaire, redressement judiciaire, charcuterie, Tempé

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3 réponse(s) à "Le groupe Tempé menacé de découpe"

  1. Christian Robischondit :

    Note de la rédaction Bonjour Merci pour vos commentaires. J’ai été effectivement avisé d’une intention de Carnivor qui irait dans le sens que vous indiquez, et qui a été portée à ma connaissance après la diffusion de l’article mercredi matin. Comme vous le savez sans doute, la période d’observation d’une entreprise en redressement judiciaire est souvent marquée par une succession de rebondissements / évolutions quant à des intentions de reprise ou des dossiers de reprise dûment formalisés. C’est pourquoi je ne pense pas souhaitable que la rubrique commentaires devienne le lieu de diffusion en continu, par des émetteurs divers et variés, d’éléments sur ces offres au fur et à mesure qu’ils en seraient informés. Mon interlocuteur de référence sur ce point reste l’administrateur judiciaire. J’ai pu constater le souci de discrétion des repreneurs potentiels et je la comprends, essayant de trouver l’équilibre toujours difficile avec un souci de donner une information à un moment donné sur l’avenir d’un employeur significatif du Haut-Rhin. Merci par conséquent pour votre compréhension. Par ailleurs, FO (son Union départementale Haut-Rhin et sa section chez Tempé Productions) a saisi ce vendredi matin l’opportunité d’une conférence de presse programmée au préalable pour réagir à un point soulevé dans l’un des commentaires. Le syndicat a affirmé ne pas avoir reçu d’argent de quelque partie que ce soit au dossier. Il s’est déclaré « prêt à soutenir toute offre mieux-disante » sur le volet social, dès lors qu’elle sera effectivement formalisée et portée à sa connaissance. Cordialement L'auteur de l'article

  2. Enzodit :

    Je pense que certaines informations sont à compléter : le groupe Carnivor compte également reprendre l'usine de Rixheim, ce qui n'est pas le cas de Maurer. De plus, le nombre de salariés repris est de l'ordre de 150 personnes et non de 190. Et comme l'écrit Weber, FO à certainement sa part de responsabilité......

  3. weberdit :

    Le fait de livrer la grande distribution est certainement un des points qui a amené cette société dans la situation ou elle se trouve. Par ailleurs le syndicat FO qui a reçu des fonds est aussi en cause malgré ses dénégations.

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