En Moselle, le fabricant de colles et enduits Semin injecte 4 millions d’€ dans une usine en Algérie

Publié par Philippe Bohlinger, le 03 juillet 2018

BATIMENT/MOSELLE. A 180 ans, le spécialiste lorrain des enduits et colles pour le bâtiment Semin a bâti son succès sur une double stratégie basée sur l’innovation et l’international.

Le groupe familial de 500 salariés poursuit son déploiement en investissant 4 millions d’€ dans la construction d’une usine en Algérie.

 

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Le siège du groupe à Kédange-sur-Canner (Moselle) compte 120 salariés dont 20 postes dans la recherche-et-développement. © Philippe Bohlinger.

 

Impossible de manquer les immenses silos aux couleurs bleues de Semin dans la traversée de Kédange-sur-Canner (Moselle), un bourg situé 30 kilomètres au nord de Metz. Ce fabricant d’enduits et colles, bien connu des professionnels du bâtiment, a conservé ses racines locales tout en engageant un spectaculaire déploiement commercial à partir des années 90.


Pour l’entreprise familiale créée il y a 180 ans, ce déploiement passe immanquablement par l’international. Le groupe de 500 salariés y a réalisé plus d’un tiers de son chiffre d’affaires de 152 millions d’€ en 2017. Elle lance cet été la construction d’une usine en Algérie en association avec son partenaire-distributeur local.

 

Le groupe va investir 4 millions d’€ pour fabriquer sur place des enduits à base de plâtre, de la colle pour carrelage, des produits de ragréage et des enduits de réparation extérieurs. Sa mise en service attendue à l’été 2019 se ponctuera du recrutement d’une vingtaine de personnes.

 

 

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Cette internationalisation s’est accélérée ces dernières années avec la construction d’une usine en Russie en 2011 pour accompagner une enseigne de la grande distribution spécialisée et la diversification du groupe dans les métiers connexes : fabrication d’ossatures métalliques, de bandes à joint et de trappes de visite.

 

Philippe Semin a en effet repris en 2015 son fournisseur espagnol de bandes à joint pour plaques de plâtre BCN et racheté son fournisseur de trappes de visite, l’allemand RUG en 2012. Ses produits sont aujourd’hui commercialisés dans une quarantaine de pays.


Semin veille à conjuguer internationalisation et innovation. L’entreprise consacre 2% de son chiffre d’affaires annuel à la recherche et  développement. A son siège mosellan, vingt techniciens de laboratoire planchent à plein-temps sur le développement de nouveaux produits.

 

« Afin de concurrencer les géants du secteur (Knauf, Lafarge, Saint-Gobain, etc.), nous misons sur une gamme plus étendue, ainsi que sur notre capacité à réaliser des formules sur-mesure pour des marchés industriels », livre Philippe Semin, gérant. Ce positionnement stratégique se traduit cependant par des contraintes supplémentaires en matière de gestion de la fabrication, de conditionnement et de stockage.

 

Les algues brunes à l’étude

 

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Depuis 2010, Semin a augmenté progressivement la quantité de substances d’origine naturelle ou animale dans toutes ses gammes d’enduits et de colle. © Philippe Bohlinger.

 

Pour satisfaire les attentes de ses clients, les grandes surfaces de bricolage (40% du chiffre d’affaires) et les réseaux de négoces de matériaux (60%) Semin a lancé ces dernières années un enduit de rebouchage en spray aérosol facile à appliquer et un enduit de lissage à « poussière maitrisée » qui génèrerait trois fois moins de poussières au ponçage.


L’entreprise a également entamé un virage écologique. Le doublement des effectifs en recherche et développement en 2010 s’est traduit par l’intégration d’une forte proposition de produits naturels dans toutes ses gammes de colles et d’enduits en substitution des résines pétrochimiques.

 

« Nous fabriquons aujourd’hui davantage de produits, sans avoir augmenté nos approvisionnement en résine de synthèse », résume Ludivine Wininger, responsable du laboratoire R&D de Kédange-sur-Canner. Ses matières premières proviennent du répertoire de l’industrie agro-alimentaire à l’image de l’amidon de blé utilisé en alimentation animale. Et il travaille actuellement sur les alginates obtenus à partir d’algues brunes.

 

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Qui est Philippe Semin ?

 

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Philippe Semin, 5ème génératioin de l'entreprise familiale. © Philippe Bohlinger.

 

Le président du groupe Semin représente la cinquième génération à la tête de l’entreprise familiale. Diplômé de l’école de commerce ISTEC Paris, Philippe Semin a démarré en 1982 à petite échelle : « Il n’existait plus de gypse en quantité suffisante pour maintenir l’activité historique de fabrication de plâtre ».

L’entrepreneur a donc bâti l’entreprise avec Thierry Lefeuvre, un ami d’enfance, sur la base d’une petite activité de fabrication de colles pour carreaux de plâtre. De sept salariés, l’entreprise a parvenue en trois décennies à un effectif de 500 personnes.

Semin compte quatre usines en France et quatre à l’étranger (Russie, Espagne, République tchèque, Allemagne). Le dirigeant prépare progressivement sa succession avec la nomination début 2017 de sa fille, Caroline Semin, 25 ans, au poste de directrice générale.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : Lorraine, Grand Est, matériaux, investissements, internationalisation, Moselle, recherche et développement, Metz, Semin, Philippe Semin

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