Le fabricant de vitrages Caloriver injecte 15 millions d’euros en Lorraine

Publié par Philippe Bohlinger, le 16 février 2017

CONSTRUCTION/MEURTHE-ET-MOSELLE. Le fabricant lorrain de vitrages isolants Caloriver a injecté 15 millions d’€ dans la modernisation de son site de Toul (Meurthe-et-Moselle).
L’entreprise familiale va ainsi pouvoir augmenter sa production de triple vitrage.

Pour les marchés export qu’elle s’emploie à développer et lui fournissent 10% de son chiffre d’affaires, en Allemagne et au Bénélux.

En prévision aussi de la Règlementation Thermique (RT) 2020 en France.

 

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Caloriver emploie une centaine de personnes à Toul et 270 dans tout l’hexagone. © Philippe Bohlinger.

 

Malgré la hausse de 10,4% de la construction de logements neufs l’an dernier en France (376.500 logements) par rapport à 2015, Caloriver reste convaincu que son salut passe en partie par l’export. Echaudé par l’atonie du marché hexagonal ces dernières années, le fabricant de vitrages isolants implanté à Toul (Meurthe-et-Moselle) s’est lancé un nouveau défi il y a trois ans.

 

Figurant parmi les leaders nationaux sur son marché, l’entreprise s’est tournée vers l’Allemagne, royaume du triple vitrage avec 70% de parts de marché en Europe. Pour mieux repartir plus tard à la conquête de l’hexagone ?

 

Sans doute, car l’entreprise estime que l’avènement de la Règlementation Thermique (RT) 2020 en France pourrait faire décoller d’une vingtaine de points le marché du triple vitrage estimé à 1%.

 

D’ici là, les 270 salariés de Caloriver seront prêts. « Techniquement, l’assemblage du triple vitrage demeure assez différent du double vitrage. Et nos capacités de production de ce produit spécifique apparaissaient limitées sur notre site de Toul », explose Jean-Marc Salzard, le directeur-général de Caloriver.

 

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L’entreprise a donc réalisé un investissement de 15 millions d’€ à Toul. Six millions ont été dépensés pour porter la surface des locaux de 10 à 17.000 m² : la onzième extension en quarante ans !

 

Par ailleurs, 9 millions d’€ ont été injectés dans la robotisation des équipements industriels : La découpe des produits verriers a été entièrement automatisée. Un spectaculaire palonnier à ventouses sur pont roulant assure désormais le dépilage et le convoyage des plaques de verres de 6 m par 3,2 m.

 

« Nous avons refait une nouvelle usine » s’enthousiasme le directeur-général. « Certes, nous n’avons pas renouvelé l’ensemble des équipements, mais en modifiant la totalité des implantations des machines, nous avons réorganisé tout le flux de production. »

 

Une réorganisation qui a impliqué un changement d’approche pour les opérateurs dont le métier comportait une composante importante de maintenance. Ces derniers ont été formés en interne au métier de conducteur de ligne.

 

Quatre implantations industrielles

 

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Un spectaculaire palonnier à ventouses sur pont roulant assure le dépilage des plaques de verres de 6 m par 3,2 m. © Philippe Bohlinger.

 

Résultat de sa stratégie commerciale à l’export, Caloriver réalise 10% de son chiffres d’affaires outre-Rhin et au Bénélux. Sur le marché français, la PME n’est pas restée inactive. En 2015, elle a réalisé sa première opération de croissance externe en rachetant Sotraver, une société familiale de 75 personnes implantée au Mans.

 

« L’Ouest, c’est l’eldorado des menuisiers industriels ! Nous devions nous y implanter, afin d’étoffer nos relations commerciales avec ces importants acteurs qui croissent aussi sur le marché national », remarque le directeur-général. Jusqu’à présent, l’entreprise avait beaucoup grandi par croissance interne en ouvrant Technifloat en 2005 à Montpon-Ménestérol (Dordogne) et Calorifloat en 2009 à Roanne (Loire).

 

Ses quatre implantations industrielles lui permettent de livrer les quatre coins de l’hexagone en moins de 48 heures, une offre qui maintient à distance la concurrence espagnole et polonaise.

 

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Outre l’avènement du triple vitrage en France, Jean-Marc Salzard identifie des relais de croissance dans les vitrages à performances combinées, des produits issus des efforts de R&D, capables par exemple de protéger du froid en hiver et du chaud en été.

 

De quoi élargir encore la gamme des 84 produits verriers qui permettent à la PME de réaliser plus de 5.000 combinaisons différentes de vitrages.

 

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© Philippe Bohlinger.

Qui est Jean-Marc Salzard ?


Le directeur-général de Caloriver est à l’origine un ingénieur en électronique. Diplômé de l’Ecole nationale supérieure d'électronique de Bordeaux, Jean-Marc Salzard a réalisé sa première partie de carrière dans ce domaine à Stuttgart.


La crise traversée par le secteur à l’aube des années 90 l’a convaincu de rejoindre l’entreprise fondée par son père en 1976. « Mon père a étudié ma candidature et nous avons eu plusieurs mois d’échanges pour évaluer les risques d’une telle collaboration », se souvient le dirigeant.


Recruté en 1993, Jean-Marc Salzard a appris le métier sur les lignes de production, au poste de chef d’équipe, puis de responsable de production avant prendre la tête de la PME familiale en 2000.

 

Amoureux du Sud-Ouest, c’est en Nouvelle Aquitaine, à Montpon-Ménestérol (Dordogne), qu’il a ouvert une première antenne industrielle.



Roger Martin BTP
Article classé dans : Entreprises

Mots-clés : menuiserie, Grand Est, export, investissements, Meurthe-et-Moselle, Toul, vitrages, Caloriver, Réglementation thermique 2020, Sotraver, Jean-Marc Salzard

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